Les chiffres font froid dans le dos : avec seulement 0,22% de budget du sous-secteur, le Sénégal, qui se montre, pourtant, volubile et expansif, quant à sa volonté de combattre l’alphabétisation, a besoin de 300 ans, pour venir à bout de celle-ci. La marginalisation du sous-secteur de l’alphabétisation est décriée par les opérateurs, qui étaient en conclave, à Diourbel. Aussi, ont-ils demandé au Président de la République d’intervenir, avant qu’il ne soit trop tard, parce que l’alphabétisation contribue à l’acquisition de l’avoir, du savoir et du pouvoir.

La Coordination nationale des opérateurs en alphabétisation (Cnoas) a tenu sa réunion de bureau décentralisé à Diourbel. Une occasion saisie par son Président, Mamadou Konté, pour faire le point sur l’état des difficultés du sous-secteur de l’Alphabétisation. Face à la presse, ce dernier a déploré le taux très élevé d’analphabétisme au Sénégal. Il est, selon le président de la Cnoas, «54,6% en 2013 dont 62,3% chez les femmes et 39% de jeunes». Très en verve, Mamadou Konté a regretté le non-respect  par le Sénégal de la Convention de Bamako de 2007, qui dispose que le financement de l’éducation non-formelle devait être de 3%.

Le budget de ce sous-secteur est de 0,22%, là où le Mali et le Burkina Faso sont, respectivement, à 5% et à 7%.  Le sous-secteur souffre, d’après le Président Konté, et «les projections sont à revoir : 166.800 à alphabétiser à la fin du paquet sur 4.200.000. A ce rythme, il faut 300 ans pour éradiquer l’analphabétisme. Le programme national d’éducation de base des jeunes et des adultes analphabètes, financé dans le budget consolidé d’investissement est sans couverture nationale.

Programme non-consensuel, instabilité institutionnelle, une Directrice en solo, entre autres maux décriés

Sur 557, 460 Centres sont construits dans les Collectivités locales. Pour la première fois, au Sénégal, on a un programme non consensuel, c’est la Directrice qui fait ce qu’elle veut. Les Collectivités locales ne participent pas au financement de l’alphabétisation. Il y a aussi l’instabilité institutionnelle. Il n’y a pas de politique éducative. L’alphabétisation occupe une place marginale dans l’éducation, comparée aux autres ordres d’enseignement. ».

Mamadou Konté et ses collègues se veulent formels : «nous ne pouvons pas aller à l’émergence, en laissant en rade 55% de la population analphabète, sans intégrer l’alphabétisation dans tous les programmes de développement, en donnant des financements à des femmes qui ne sont as préparés à les gérer, efficacement, sans un financement conséquent qui ne peut passer que par l’organisation de la conférence des bailleurs», disent-ils.

Pour toutes ces raisons, les opérateurs en alphabétisation interpellent le Chef  de l’Etat, qui, de l’avis du Président Konté, «lors du Conseil des ministres du 4 février 2016, disait que l’alphabétisation et la promotion des langues nationales  sont des leviers incontournables, pour aller vers le développement économique et social et ce sont des instruments indispensables pour réussir le PSE. »

Boucar Aliou Diallo, Correspondant à Diourbel

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