Faire face à la précarité du Secteur privé national est devenu un sacerdoce pour le Président du Club des investisseurs sénégalais, Babacar Ngom. En effet, au moment où l’inexistence du secteur privé est, de plus en plus, décriée, avec l’avènement des firmes étrangères qui raflent presque tous les marchés nationaux, le Président-fondateur du Groupe «Sedima» constate qu’il est temps que le Secteur privé national se ressaisisse. Invité de l’émission «Grand Jury» d’hier, sur la Rfm, il a estimé que «la majeure partie de l’économie du Sénégal est, malheureusement, entre les mains, en tout cas, pour ce qui concerne la partie formelle, de Groupes internationaux et de Multinationales».

A l’en croire, cette situation ne peut être Imputée à l’Etat. En réalité, Babacar Ngom reconnait que c’est de la faute des acteurs économiques. «Car si nous avions fait ce que nous avions à faire, aujourd’hui, nous n’aurions pas été dans cette situation», a-t-il expliqué. «Nous pensons qu’il est grand temps que nous prenions conscience que nous avons du retard sur ce terrain-là et que nous nous battions pour ce club qui est aujourd’hui l’équipe nationale économique du Sénégal, qui est, aujourd’hui, notre armée industrielle, notre armée économique, pour qu’il puisse aller vers l’international, tout simplement, pour conquérir des marchés, parce que c’est de cela qu’il va s’agir demain», a-t-il souhaité.

Selon Babacar Ngom, demain, si rien n’est fait, tout viendra de l’extérieur, comme c’est le cas, maintenant. «C’est un véritable sursaut national, dont nous avons besoin», a-t-il indiqué. Même s’il reconnait que le Sénégal n’est pas un pays hostile à l’étranger, il trouve, cependant, que «c’est le moment du patriotisme». «L’heure est venue de bâtir un Secteur privé national fort qui repose sur de véritables capitales d’industrie. C’est ce qui va générer les emplois de demain», plaide-t-il. Avant de poursuivre : «les emplois partiront de la naissance de ce Secteur privé, mais surtout le plus important, c’est la domestication de la richesse qu’on va créer. Parce que la richesse, elle, est intéressante que si elle sert à la construction du pays. Et si la richesse, créée au Sénégal, sert à construire d’autres pays, il y a un problème. Et c’est le cas, malheureusement».

Et aux jeunes gagnés par le découragement, le patron du Groupe «Sedima» rassure : «c’est difficile, je leur demande de garder la foi, l’espoir. Ce que nous sommes en train de mettre en œuvre va leur donner des emplois, de l’auto-emploi. Un Secteur privé fort, est un secteur privé qui crée des emplois. Nous allons nous atteler à cela». En outre, ce Club des investisseurs vise à booster l’investissement, avec des Projets structurants et innovants. En dehors de Babacar Ngom, il regroupe en son sein une cinquantaine de leaders de l’économie nationale.

Maguette NDAO

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