Avec les démissions successives de David Davis et de Boris Johnson, on assiste à une aggravation de la crise qui déchire le gouvernement britannique sur le Brexit, à neuf mois de la sortie du pays de l’Union européenne. Ces deux ministres, chargés respectivement du Brexit et des Affaires étrangères, incarnaient une ligne dure. Leur départ intervient trois jours après une réunion cruciale du gouvernement qui avait adopté une nouvelle position vis-à-vis de l’UE.

Theresa May vient de perdre coup sur coup non seulement deux figures-clé de son cabinet, mais aussi deux des Brexiters les plus influents, ce qui change complètement la donne, car c’est désormais la survie politique de la Première ministre qui est en jeu.

Elle a en effet fait savoir qu’elle ne changerait pas d’avis sur son projet de compromis avec Bruxelles, une proposition de libre-échange des biens pour maintenir une relation commerciale étroite avec le bloc européen. Or cette solution est rejetée avec force par les Brexiters de son parti conservateur qui se disent trahis et qui l’accusent de faire trop de concessions aux 27.

Ces députés vont être appuyés désormais par Boris Johnson libéré de sa réserve en tant que ministre et cette puissante fronde pourrait maintenant retirer sa confiance à la Première ministre et déclencher une procédure pour remplacer Theresa May à la tête de leur parti.

Cette crise gouvernementale s’est aggravée aujourd’hui, quelques minutes avant que la Première ministre s’exprime devant les députés. Theresa May a tenté de rendre hommage à ses deux ministres démissionnaires sous les huées et moqueries des partis d’opposition à la Chambre des communes.

Vers une sortie sans accord ?

La Première ministre a ensuite défendu avec force son projet de compromis sur le Brexit et prévenu que si Bruxelles ne l’acceptait pas, il était possible que Londres quitte l’Union européenne sans accord.

Le gouvernement doit donc se préparer à cette éventualité. Mais ce discours a été reçu avec beaucoup de scepticisme de part et d’autre du Parlement. Le dirigeant du parti travailliste a été particulièrement virulent : Jeremy Corbyn a souligné qu’il avait fallu deux ans au gouvernement pour se mettre d’accord sur un compromis sur le Brexit qui n’aura tenu que deux jours.

Jeremy Corbyn a conclu que les deux ministres démissionnaires venaient d’abandonner un navire en perdition et que le gouvernement était incapable de mener le Brexit.

Rfi.fr

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