Sous d’autres Cieux, la lutte est âpre. Dans la symbolique de la Journée internationale des femmes, on peut tout y voir. Pardonnez l’appellation, car si elle n’est pas exacte, c’est parce que les préconiseurs ne se sont pas encore entendus sur le contenant et le contenu. Entre la célébration de la femme, de ce qu’elle représente et la quête de la place perdue ou du rôle jamais occupé, se perde l’essence d’un combat, dont on ne circonscrit ni le sens, ni le contexte.
En marge des standards internationaux sur les besoins des femmes en droits et libertés, la femme sénégalaise manifeste des désirs, qui ne se s’opposent pas vraiment à la place que l’homme consent à lui offrir dans la société. Bras-dessus, bras-dessous, l’un comme l’autre s’accordent à rechercher le plaisir dans une mutualité. Le bonheur des femmes est dans les petits plaisirs, les petits cadeaux et les bijoux splendides. La plénitude chez l’homme est dans le sentiment d’être à la hauteur. C’est dans le gagnant-gagnant que les partenariats se fructifient. Et si chacun  s’occupe de l’autre, à la mesure de ses besoins, aucun feu ne se fera déclarer. Que celui qui n’est pas d’accord m’engage dans le débat sur les besoins.

Que veulent les femmes ?

Etre traitée en reine ou princesse selon l’âge, être épargnée des affres de la vie. Se faire désirer, se faire choyer et quoi d’autres ? Je n’oserai prétendre à l’exhaustivité. Oh quelle prétention que de vouloir décliner, ici, et maintenant, des besoins qui auraient une vocation universelle ! Avec tous les risques de me faire piéger dans cet exercice, je serai prêt à dire que le bien-être de la femme est assez contingent. Les petits plaisirs d’une Sénégalaise ne font pas, forcément, le bonheur d’une Française. L’épanouissement chez une Indienne diffère de ce que peut signifier la plénitude chez une Américaine. Et dans ce monde ouvert, où les styles de vie et ambitions s’entrechoquent, dans un même espace géographique, quelques ensembles peuvent être infectés par des intrusions.

Toutes les femmes se battent pour compter, mais attention  à prendre ses propres besoins pour ceux des autres. Qu’est-ce qu’ils peuvent varier, ces besoins. S’inspirant des valeurs d’une République, dont les mêmes droits sont reconnus à tous les citoyens, ce n’est pas parce qu’on fait la cuisine, qu’on est un être inférieur, tout comme le fait de soulever un moteur ne confère aucune supériorité, par rapport à celui qui travailleur dans un bureau climatisé. Ce n’est pas le fait de vouloir confiner les femmes dans des tâches ménagères qui est, en soi, dégradant, mais, plutôt, le fait de minimiser  l’importance de ce rôle qui est aberrant. Si un homme pense que le rôle que joue la femme, dans la famille sénégalaise, est insignifiant, c’est qu’il est stupide. Si c’est une femme qui le pense, c’est qu’elle ne se sent pas bien dans sa peau.

Que peut-on faire pour quelqu’un qui n’assume ni sa condition, ni ses talents ? Absolument, rien. C’est le talent, qui détermine le rôle. Et c’est tant mieux, si les deux époux savent cuisiner et faire tous les travaux ménagers. On me rétorquera, peut-être, que dans la société traditionnelle, l’homme, qui s’affaire autour des femmes, est faible, je dirai, peut-être, que c’était la meilleure façon pour les anciens de se prémunir contre les élans transgenres.

Que cette égalité homme-femme ne fasse pas croire que, désormais, l’homme doit laisser les taches pénibles à la femme. De toute façon, notre Législation interdit l’utilisation des femmes pour certains travaux jugés pénibles. Peut-être même qu’elles en seraient capables, mais la tâche pourrait être jugée dégradante, selon les cultures. Les deux ont donné naissance au monde et chacun a mis à contribution le talent, qui lui est doté par la nature, pour bercer l’humanité. Peut-être….peut être…aucune certitude.

Considérer que quand Marichou organise son temps autour de ce qu’il convient d’appeler les devoirs conjugaux, elle donne une image dégradante de la femme, c’est ne pas reconnaitre à cette bonne dame la liberté de choisir sa vie. C’est comme faire du terrorisme intellectuel, que de penser qu’elle est bien bête et peu ambitieuse, cette femme qui ne passe pas ses journées entre les reportages et les réunions de rédaction et qui ne rentre qu’après le bouclage de l’édition du lendemain. Pourtant, on pourrait juste penser que celle-là, qui vit loin de toutes les tracasseries routières, est bien heureuse et bien épanouie. Quand Emmanuel Mounier disait que «tout travail travaille à faire une personne en même temps qu’une chose», il ne faisait pas, forcément, allusion au travail salarié.

Si Eva, à son tour, sent que les travaux ménagers ne suffisent pas à créer, en elle, un sentiment d’épanouissement, elle est très libre et rencontrera cet homme, qui ne verrait aucun souci à ce que son épouse parte tôt et rentre tard. En 2018, au Sénégal, on doit rompre avec la pensée unique et se départir des certitudes encombrantes surtout, pour des considérations qui sont, par nature, relatives tel que le bien-être.

Tout est dans le vouloir, dans le désir. Ne pas prendre ses propres besoins pour de la connaissance universelle n’est pas, seulement, preuve d’humilité, c’est aussi manifester de l’égard pour toutes ces personnes, qui aiment tout ce vous détestez et qui abhorre tout ce que vous aimez.

Tout est, tellement, dans le vouloir et le désir que quand une personne estime, selon l’ambiance et le temps, qu’une chose lui est imposée contre tout consentement éclairé, c’est comme si on lui arrachait ce qui fait son essence : sa liberté. Sous d’autres cieux, le voile sur la tête des femmes est perçu comme une chaine de soumission, sans se demander si la femme ne se sent pas plus libre sous ce voile.

Tout est, tellement, dans le vouloir et le désir que la plus grande nymphomane se sent déchirée au fond d’elle, si elle est violée. Comme un acte d’humiliation suprême, le viol est la meilleure illustration du terrorisme qui brûle la chair depuis l’intérieur. C’est ce que semble ignorer le Professeur de Lycée Songué DIOUF qui, dans ses envolées philosophiques, se voit toujours obligé, à la tempérance, au point de nier la liberté d’accepter ou de refuser. Face à cette agitation des Organisations féminines sur les réseaux sociaux, Guimba Konaté se laissera aux excentricités qu’on lui connait pour enfoncer le clou. Peut-être que je suis le seul, qui pense que l’extravagance, la nudité et leur banalisation tendent à amenuiser le désir sexuel et non le contraire. Si pour Platon, le désir est la conséquence d’un manque, l’abondance devrait bien rebuter. Cette théorie ne semble pas valoir pour les pervers.

Peut-être que le bien-être est aussi à rechercher dans le vouloir et le désir…peut-être.

Alioune FALL «af»

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