La tension n’a toujours pas faibli entre le Procureur de la République et le maire de Dakar. Pour cause, pour la énième fois, Serigne Bassirou Guèye et Khalifa Sall se sont cognés dessus, hier, par flèches interposées. A l’origine de leur schisme, le présumé préjudice évalué à 1 milliard 830 millions F Cfa par le Maître des poursuites. Ce contre quoi s’insurge l’édile de la capitale sénégalaise. 

S’ils s’échangeaient des coups de poings, ça n’aurait surpris personne ! Tellement, le Procureur et le maire de Dakar, qui ne s’apprécient guère, se sont encore cognés dessus, hier, lors du procès de l’édile de la capitale et ses co-prévenus. L’origine de cet énième accrochage est à rechercher dans le montant du présumé préjudice, évalué à 1 milliard 830 millions F Cfa par le Maître des poursuites. Si cette somme était laissée telle quelle, cela signifierait qu’il y a eu un treizième mois qui a été pris en compte. Or, pour ce faire, il aurait fallu qu’il y ait virement de crédit, fait noter Khalifa Sall. Serigne Bassirou Guèye, qui estime qu’il n’y a rien à redire par rapport à ce sujet, se braque : «si ce n’est pas le cas, je vais arrêter de travailler».

En réponse, Khalifa Sall lui rétorque : «nous, on continue de travailler, mais l’argent ne va pas dans notre poche». La tension est montée d’un cran, lorsque le Procureur de la République a commencé à interpréter les témoignages de l’ancien maire, Mamadou Diop. Selon l’entendement de Serigne Bassirou Guèye, ce dernier s’est offusqué, lorsque les fausses factures ont été évoquées. Car, il était impensable pour lui d’agir ainsi. «Ce n’est pas ce qu’il a dit», le remet à sa place Khalifa Sall.

Restant dans sa dynamique, le maire de Dakar, répondant aux questions de Me Seydou Diagne, a fait une estimation de ses avoirs pécuniaires. Khalifa Sall, qui déclare qu’il est consultant auprès d’Organismes internationaux comme les Nations-unies, a cité les sommes de 55.000 dollars, 80.000 euros et 12.000.000 F Cfa.

La gestion vertueuse de la mairie remise en cause

A la suite du Procureur, l’Agent-judiciaire de l’Etat s’est, lui, intéressé au budget de la Mairie. Antoine Félix Diome révèle que la fiabilité des données budgétaires a été remise en cause par le Rapport de l’Inspection Générale d’Etat. A cet effet, il renseigne  qu’il y a des différences entre le Compte de gestion du Percepteur et le Compte administratif du maire. Alors que, d’après les Percepteurs, chacun doit tenir sa comptabilité personnelle, pour ensuite confronter les deux. Tout de même, il fait noter qu’il est possible que le Receveur municipal encaisse sans que le maire n’en soit informé ; que le cas échant, des situations d’exécution budgétaire sont faites pour savoir s’il y a des problèmes.

Oumar NDIAYE (Actusen.com)

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here