En Libye, le parlement de l’est promet la poursuite de l’offensive sur Tripoli

Le président du parlement de l’est libyen a annoncé que les forces du maréchal Khalifa Haftar poursuivraient leur offensive sur Tripoli, malgré les nombreux appels à cesser des combats qui ont déjà fait au moins 121 morts.

L’Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Khalifa Haftar va suivre son offensive à Tripoli.  C’est ce qu’a promis, samedi 13 avril, le président du parlement basé dans l’est libyen – siégeant dorénavant à Benghazi – malgré les appels pressants à l’arrêt des combats qui menacent de nombreux civils.

“Nous devons nous débarrasser des milices et des groupes terroristes”, estime Aguila Saleh, président de la Chambre des représentants qui soutient le maréchal Haftar. Celui-ci a également assuré les habitants de Tripoli que “la campagne pour libérer la ville sera limitée et ne violera aucune liberté, mais permettra de rétablir la sécurité et de lutter contre le terrorisme”.

Le Parlement divisé

À l’image du pays, les députés libyens sont divisés. D’un côté,

Les pro-Haftar, à l’instar du président de la Chambre des représentants Aguila Saleh. De l’autre, les députés qui lui sont hostiles et boycottent les travaux parlementaires.

Initialement basé à Tobrouk (est de la Libye). le Parlement s’est installé samedi 13 avril à Benghazi, autre ville orientale du pays, où il a tenu une session.

L’assemblée avait dû se réfugier dès son élection en 2014 à l’est du pays, tenu d’une main de fer par le maréchal Khalifa Haftar, après qu’une coalition de milices, “Fajr Libya”, s’était emparée de la capitale Tripoli (à l’ouest de la Libye).

À l’ouverture de la première session à Benghazi, samedi, Aguila Saleh a salué l’offensive menée par le maréchal Haftar contre Tripoli, contrôlée selon lui par “les groupes terroristes et les hors-la-loi”.

“On ne peut parler de processus politique pour ramener la stabilité en Libye qu’après s’être débarrassé des groupes terroristes”, a-t-il martelé, avant d’ajouter : “Nous irons aux urnes une fois que les milices auront déposé leurs armes.”

L’ANL du maréchal Haftar mène depuis le 4 avril une offensive pour tenter de s’emparer de la capitale. Celui-ci espère étendre son emprise sur l’ouest de ce pays pétrolier, alors qu’il contrôle déjà l’est et une grande partie du sud, mais il se heurte aux forces loyales au Gouvernement d’union nationale (GNA), issu d’un accord politique interlibyen parrainé par l’Onu et soutenu par la communauté internationale depuis fin 2015.

Le maréchal Haftar reçu au Caire

Khalifa Haftar a été reçu dimanche 14 avril par le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, connu pour en être l’un des plus ardents soutiens. L’objectif de cette rencontre était, selon des médias officiels, de discuter des “derniers développements en Libye”. Le contenu et l’issue de ces discussions n’ont pour l’instant pas été communiqués.

Plus tôt dans la semaine, jeudi 11 avril, l’Union européenne avait réclamé l’arrêt de l’offensive sur la capitale libyenne. Diffusé par la haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, le communiqué avait été bloqué une journée par des divergences sur la question entre la France et l’Italie.

“Une option militaire ne peut être une solution”, avait déclaré le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, qui appelle à un dialogue entre les belligérants. “Le risque est grand que cela provoque une crise humanitaire”, avait-il ajouté. “Le chaos à Tripoli pourrait pousser également au départ de nombreux Libyens.”

Ancienne puissance coloniale en Libye, l’Italie soutient le gouvernement de Fayez al-Sarraj, reconnu par la communauté internationale et attaqué depuis dix jours par les forces du maréchal Khalifa Haftar.

L’offensive surprise a ravivé les critiques contre Paris qui, comme Le Caire et Abou Dhabi, est accusé de soutenir l’homme fort de l’est libyen. “Je n’ai aucune raison de penser que la France puisse avoir des intérêts autres que celui de la stabilité”, a commenté Giuseppe Conte dans les colonnes du Fatto Quotidiano.

Au moins 121 personnes ont été tuées et 561 autres blessés depuis le début le 4 avril de l’offensive, a indiqué l’Organisation mondiale de santé (OMS) dans la nuit de samedi à dimanche. La bataille de Tripoli a également fait plus de 13 000 déplacés.

Une conférence nationale de réconciliation, censée ouvrir la voie à des élections, était prévue le 14 avril mais a été repoussée indéfiniment par Ghassan Salamé, chef de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL).

France24

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