Incendie des Parcelles assainies : Majorette, Astou Dias a péri la veille de la fête du Fosco

24 heures après l’incendie dramatique survenu aux Parcelles assainies, mercredi, les camarades d’Astou Dias, rencontrées sur les lieux, n’en reviennent toujours pas. Astou, comme elles l’appellent, est partie à jamais. Laissant, derrière elle, un vide immense. A moins de 3 mois de la fin de l’année scolaire.

En effet, inscrite en Classe de 4e au Groupe Scolaire Les Scientifiques, Astou Dias s’est toujours bien comportée à l’école. A tel point que ses bonnes notes scolaires en disent long. «Pour la composition du Premier semestre, je ne peux pas dire, avec exactitude, son rang, mais elle avait une bonne moyenne de classe», témoigne une de ses copines, sous l’anonymat.

Cependant, hormis sa disparition tragique, le hic, c’est sa «joie de vivre qui faisait son fort, qui est partie dans l’au-delà», confie Demba, un camarade de classe, sans autres précisions.

 «Elle était joviale et faisait rire chaque fois. Que ce soit en classe ou dans la cour de l’école, elle était sans façon», ajoute-t-il.

Alors que Demba tentait de retenir son souffle et ses larmes, c’est Bintou, la tête nouée par sa tenue d’école, les yeux bouffis, qui révèle un autre pan de la vie de sa camarade disparue pour toujours.

«C’est difficile de la voir partir de cette manière. Sans dire au-revoir. On a tellement répété avec elle les cours de danse de majorette pour la fête du Fosco, que le faire sans elle, ne me traverse pas l’esprit», a-t-elle souligné nons sans regrets.

Hélas ! Si Maguette (le nom qu’on lui attribue) pense tout arrêter pour cette fête du Fosco, le Corps administratif a même décidé, de la renvoyer aux calendes grecques. Chemin faisant, à défaut de rencontrer le Surveillant général du Groupe scolaire Les Scientifiques sur les lieux du sinistre, Actusen.com a fait un tour dans l’établissement. En vain !

Le portail était fermé à double-tour. Pas de bruit ni de gazouillement d’oiseaux. La vie s’est tout ou en partie, arrêtée. Au point que même le bourdonnement des mouches autour des étals à fruits et légumes, est perceptible. Aux abords de l’établissement.

Ici, à l’intérieur, les drapeaux sont en berne. L’école qui a fermé ses portes, se présente au visiteur sous son manteau de deuil. Jusqu’après l’enterrement des fils des…Dias. Et les festivités du Fosco décalées. Vont-ils avoir lieu cette année ? A quelques mois de la fin de l’année scolaire ? Ces questions restent d’actualité. Et les élèves en sont conscients. “Si cela ne tenait qu’à moi, cette année, on sursoit à cette fête. Astou, était vraiment une partie de nous. Fêter sans elle après tout ce que nous avons pu faire ensemble cette année avec les répétitions pour les majorettes, est insoutenable”, explique une autre élève.

Devant le portail, seules les tenancières de gargotes se disputent les lieux. Tout au tour, les moutons en divagation, bêlent. Le décor est maussade. La vie de Astou enterrée, est passée par-là. Cette scène d’horreur qui a décimé la famille Dias, aura marqué plus d’un par-delà le quartier des Parcelles Assainies et l’Unité 17 mais les villes et les campagnes du Sénégal.

G. MANSALY (Actusen.com)

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