Le Soudan a annoncé samedi 6 janvier qu’il fermait sa frontière avec l’Erythrée. Cette décision intervient quelques jours après l’instauration par Khartoum de l’état d’urgence dans l’État de Kassala, une région frontalière de ce pays.

D’après les autorités soudanaises, la fermeture de la frontière fait partie d’une campagne de lutte contre le trafic d’armes. Pour Marc Lavergne, chercheur spécialiste de la Corne de l’Afrique, Khartoum fait surtout un geste démonstratif pour contenter ses nouveaux alliés internationaux.

Des milliers d’Erythréens traversent illégalement la frontière soudanaise via l’Etat de Kassala pour rejoindre ensuite la côte méditerranéenne et tenter la traversée périlleuse vers l’Europe. « La France a entamé des négociations pour tenter de faire jouer au Soudan le rôle de centre de rétention – je dirais – des migrants», explique à RFI Marc Lavergne.

Aussi, la décision soudanaise peut être lue comme une «bonne manière faite aux pays occidentaux, en disant : nous allons fermer cette frontière».

Mais l’Erythrée est également un « élément de trouble dans la région et un élément de menace sur la mer Rouge et sur l’Arabie saoudite»,poursuit le chercheurAussi est-il « fort possible, comme on a l’Erythrée, qui est alliée du Qatar, le Soudan veille montrer aux Emirats arabes unis et à l’Arabie saoudite qu’il est de leur côté dans la guerre contre le Yémen.

Je ne pense pas qu’il y ait d’autres problèmes dans cette province de Kassala, qui est une province finalement assez prospère, assez stable. C’est une province aussi qui est traditionnellement tournée vers l’Erythrée, avec une population d’origine érythréenne ou bien des tribus qui sont à cheval sur la frontière».

De toute façon, cette zone est «poreuse et dont on voit mal comment les forces soudanaises pourraient la contrôler », conclut Marc Lavergne.

Avec RFI

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