Ce pays nous été légué par nos anciens qui l’ont reçu des leurs. C’est un sacerdoce plus qu’une obligation, à la fois morale et religieuse, de le protéger et de continuer à le bâtir non seulement pour notre bien-être au quotidien mais également et surtout pour les futures générations.

Depuis un certain temps, des années même, nous avons constaté une prolifération de candidatures à l’aune de chaque élection présidentielle. Quoi de plus normal pour une démocratie qui respire, allait-t-on me répondre sèchement. C’est normal. C’est des citoyens comme tout le monde. Ils peuvent prétendre diriger un jour le pays.

C’est tout le Peuple qui s’était indigné de la pléthore de listes aux élections législatives passées avec plus de  quarante listes ou coalitions de listes. Ce qui avait rendu impossible un déroulement normal du scrutin. Et on était obligé de changer les règles du jeu en pleine compétition.

Avec cette présidentielle qui pointe à l’horizon, il y a environ une cinquantaine de candidatas à la candidature qui collectent des signatures sur toute l’étendue du territoire. Tout le monde ; toutes les catégories socioprofessionnelles, toutes les corporations semblent avoir misé sur un des leurs qu’ils comptent soutenir pour le porter à la tête du pays.

On a l’impression qu’au Sénégal, il suffit d’être une célébrité ou d’être milliardaire pour être présidentiable. Voilà le Sénégal que nous voulons « construire » et personne ne dit mot. Celui qui ne rien, conscient a-t-on habitude de dire. Sommes-nous tous responsables ?

Le débat est ailleurs me rétorquerait-on sans ambages. Est-ce que nous comprenons les enjeux très franchement ? Nous pensons que non. C’est le Sénégal qui est en jeu.

Oui ! Le débat est ailleurs. C’est vrai parce qu’on aurait pu arrêter cette hémorragie depuis fort longtemps alors que nous en avions l’occasion.

A la veille de la présidentielle de 2012, nous avions alerté l’opinion sur certaines candidature notamment celle de la star planétaire Youssou NDOUR et de notre compatriote Kéba KEINDE. Ce dernier, nous connaissons tous la suite. Pour ce qui est du premier, c’est l’éthique politique qui aurait voulu qu’il ne soit pas candidat à la magistrature suprême. Ce n’est parce qu’on est un bon musicien que l’on pourrait être un bon Président de la République.

La célébrité ne fait pas le bon Président. Celui-là capable de gérer un Etat avec ses mythes et réalités. Là c’est une autre réalité qui requiert des qualités parfois qui relèvent de la divinité : « Le pouvoir appartient à Dieu qui en délègue une parcelle à qui Il veut et Il l’arrache quand Il veut».

La rationalisation de l’espace politique s’impose. C’est une nécessité d’ordre publique ! Il est vrai qu’en initiant le parrainage pour les candidatures à l’élection est une belle option pour parer à toutes les candidatures fantaisistes et de divertissement. Ce fut une vision très clairvoyante de Son Excellence Monsieur le Président de la République pour un espace politique assaini et des élections sereines, libres et transparentes. Malheureusement, ils ne sont pas encore prêts, les opposants, pour une démocratie parfaite parce que pour eux l’essentiel est dans le dénigrement des actions faites par le gouvernement.

Le Gouvernement actuel doit prendre son courage à deux mains et aller jusqu’au bout de sa logique pour parachever, une bonne fois, la réforme de rationalisation de l’espace politique. Il faut réglementer non seulement la création des partis politiques mais également et surtout leur participation aux joutes électorales.

Le Sénégal ne peut pas se prévaloir être plus démocratique que les Etats unis d’Amérique où il y a que deux (2) partis politiques qui vont à toutes les élections.

Le parrainage est un nouveau pas salutaire pour une sincérité dans le processus électoral.

L’actualité brulante, il y a plus d’une année dans ce pays, tourne intégralement autour des candidats à la candidature à la présidentielle de 2019. Des candidats à la candidature, on en trouve à tout coin et recoin des rues du pays. Qui sont-ils ces « hommes politiques », « leaders de coalition » ? Cette question devrait tarauder l’esprit de tout sénégalais soucieux du devenir de son pays. Et de cette question il en résulte une autre, qui devrait être le Président de la République, l’homme que l’on veut choisir à l’issue de l’élection présidentielle ?

Un certain mis au point sur la fonction de cet homme solitaire aux pouvoirs énormes s’impose pour que nul n’en ignore. Une fois cette précision faite, il nous semble que les appétits et les ambitions démesurées vont être revus à la baisse pour le bonheur de tout le Peuple. Faudrait-il rappeler la fonction du président de la République ? Rappel si besoins en est, le Président de la République nomme aux postes civiles et militaires, signe les décrets et ordonnances, promulgue les lois, détient le droit de grâce etc.

Une fonction aussi importante ne saurait être laissée à la merci du vent pour que s’en prétendre chanteur, comédien, footballeur et ouvrier. Si tel est le cas, mieux fermer nos écoles et universités pour reverser leur budget dans d’autres secteurs.

A quoi bon avoir une Ecole nationale d’Administration (ENA) encore d’autres grandes écoles publiques à vocation de former les futurs cadres, si le Président et son gouvernement peuvent venir directement de la rue ou des boites de nuit du pays ?

La tendance actuelle dans notre Sénégal est plus que triste : Ceux sont des animateurs de radios, de télévision qui,  en directement insultent des ministres de la République, des députés, des maires de communes parce qu’ils ne sont pas de la même vision politique que ces derniers.  Ils s’érigent en donneurs de leçons éternels, critiquent l’action du Gouvernement et commentent les décisions de justice et le comble ils se permettent d’interroger des témoins en direct en lieu et place des hommes de tenues habilités à une telle tâche. Au finish, ils sont candidats de ceci ou de cela.

Dans un Etat, rien n’est plus sacré que les institutions, les hommes et symboles qui les caractérisent (incarnent) dans leur plénitude.

Ce qui se passe est d’autant plus dangereux que des prometteurs de groupes de presse font l’abus d’usage de leur autorisation d’exploiter des fréquences de radios et de télévisions. Il y a une radio de chez nous ici au Sénégal qui chaque matin, après son journal, donne le programme d’un candidat qui n’est personne d’autre que le PDG du groupe. En dépit des injonctions du CNRA, cette pratique persiste. Comme qui dirait : « Le chien aboie et la caravane passe. ».

Aucun sénégalais ne peut dire en toute franchise qu’il confirmait la déclaration de candidature du comédien Kouthia faite lors d’une conférence de presse en grande pompe. Est-il dans un show ? Personne sur les quinze (15) millions de sénégalais ne saurait s’y prononcer. Où est le sérieux dans tout ça ?

La gestion des affaires de l’Etat, de toute la communauté nécessite impérativement  du sérieux, de la rigueur et un savoir-faire incontestable. Nulle part la comédie n’y trouve de la place.

Il faut des garde-fous pour qu’on n’en arrive pas au point de non-retour, qui sera fatal pour l’avenir de notre cher pays longtemps loué pour son stabilité et son hospitalité légendaire.

Nous sommes pour une fermeté pour ce qui est des hommes et femmes à la course de la Magistrature Suprême quant aux qualités dont ils devraient faire montre tant à l’interne qu’à l’externe.

La politique est tellement sérieuse pour joue de la comédie avec encore qu’on se permette de s’amuser avec. Il ne faut pas désacraliser la plus Haute fonction de notre nation !

Amadou THIAM

Juriste spécialisé en Contentieux des Affaires

amadouhamadythiam@hotmail.fr

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