La communauté des acteurs de la lutte antitabac dans le monde fustige depuis belle lurette, les relations que l’Organisation internationale du Travail (OIT) entretient avec l’industrie du tabac qui sontà l’antipode des objectifs, des principes fondamentaux et des valeurs qui gouvernent le système des Nations Unies.

L’Organisation internationale du Travail (OIT) a été interpellée à plusieurs reprises par la communauté des acteurs de la lutte antitabac aux fins de mettre fin à tous les partenariats qu’elle a noués  avec l’industrie du tabac. Même le Secrétariat de l’OIT a rédigé un rapport à l’appui de cette action. Mais en vain.

Au jour d’hui, plus d’une centaine d’organisations de santé  et de développement durable appartenant à la communauté des acteurs de la lutte antitabac dans le monde ont demandé à l’OITde rompre définitivement ses relations  avec l’industrie du tabac pour se conformer justement à son statut qui consiste à promouvoir les droits au travail, à encourager les possibilités d’emploi décent et à améliorer la protection sociale.

Le secteur du tabac se caractérise par de mauvaises conditions de travail, l’exploitation des travailleurs et l’abus de leurs droits.

Tirant  profit de la respectabilité del’OIT et de son appartenance à elle, l’industrie du tabac se présente  sous beaux habits comme une entreprise citoyenne responsable alors qu’elle est la cause première d’une épidémie mondiale de tabagisme qui devrait tuer dans le monde, un milliard de personnes au cours de ce siècle.

En poursuivant ses relations avec l’industrie du tabac, l’OIT met sa crédibilité,sa respectabilité et son honorabilité en jeux au bénéfice de celle-ci.  Sur ce, ce qu’elledoit faire, c’est rompre ses contrats avec  la Fondation ECLT et avec la compagnie de tabac Japan Tobacco international en tant qu’entité du système des Nations unies.

En résumé, l’ECLT est un groupe de façade pour protéger les intérêts de l’industrie du tabac sous l’apparence d’une initiative de responsabilité sociale des entreprises (RSE).  Cofondée par British American Tobacco, elle est l’une des plus grandes compagnies de tabac cotée en bourse au monde.

L’industrie du tabac continue sans coup férir de commercialiser ses produits mortels auprès des enfants ,des jeunes et d’autres populations vulnérables dans le monde en trompant le public sur les risques pour la santé de ses produits et en s’attaquant de différentes manières aux  efforts des gouvernements  et  de la communauté des acteurs de la lutte antitabac visant à réduire le tabagisme et  à sauver des vies.

En ce qui concerne l’OIT, force est de constater qu’elle a gardé et garde encore intactes ses relations avec l’industrie malgré les appels de la communauté des acteurs de la lutte antitabac qui sembleprêchée dans le désert.

Toutes les stratégies mises en place par la communauté des acteurs de la lutte antitabac  pour amener l’OIT à rompre ses relations avec l’industrie ont échouées. Dans ce cas, il faut en tirer les leçons et changer de stratégies.

L’échec enregistré sur ce chapitre s’explique par la manière dont cette question a été jusqu’à présent traitée. En effet, elle est considérée comme une affaire qui ne préoccuperait que la communauté des acteurs de la lutte antitabac malheureusement qui n’a pas su impliquer suffisamment les autorités politiques et l’opinion publique dansses stratégies de communication et à définir clairement la véritable cible de ses campagnes de communication c’est-à-dire l’OIT.

Abordée par la communauté des acteurs de la lutte antitabac que sous l’angle de la négociation avec les entités tripartites constitutives de l’OIT dans les coulisses des palaces et dans les bureaux climatisées au gré des rencontres, on ne peut entrevoir une perspective heureuse de cette affaire. Car l’OIT ne bougera point de sa position ambivalente  qui lui sert de carapace c’est-à-dire de vouloir une chose et son contraire.

Auregard des enjeux financiers importants, la communauté des acteurs de la lutte antitabacse doit de mettre en place une stratégie de remplacement d’envergure mondiale pour inciter l’OIT à renoncer à la manne financière de l’industrie du tabac.

Dans ce contexte, la société civile qui lutte contre le tabac aura un rôle prépondérant à jouer.Dans chaque  pays partie membre à l’OMS, signataire de la Convention Cadre de Lutte Antitabac la société civile sera le fer de lance de la dénonciation et de l’explication pédagogique des tenants et des aboutissants aux autorités politiques et à l’opinion publique.Chaque société civile s’organisera à sa façon, en fonction de ses moyens pour mettre en œuvre le« programme commun international partagé »

Il s’agira à titre d’exemple d’organiser simultanément, partout dans le monde, un sit-in devant chaque Bureau international du Travail (BIT). S’il est impossible de faire un sit- in dans un pays pour telle ou telle autre raison, elle pourra organiser un point de presse.Enfin, si dans un pays,il n’existe pas de BIT devant lequel elle organisera un sit in, dans ce cas, elle pourra organiser un point de presse. Cette activité devra être répétée régulièrement à l’échelle mondiale par la communauté des acteurs de la lutte antitabac, jusqu’à ce que l’OIT puisse rompre ses relations avec l’industrie du tabac.

Le tabac ou la santé, à vous de choisir !

Vive le Sénégal ! Vive la république !

Par Baba Gallé DIALLO

Email : babadediana@gmail.com

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