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Bénin: un calme précaire revient à Cadjéhoun

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Après deux jours de violences post-électorales, le calme semble être revenu au à Cotonou, plus précisément dans le quartier de Cadjéhoun où se situe la résidence de l’ancien président Boni Yayi. Mais militaires et policiers sont toujours déployés aux carrefours stratégiques. Le bilan des incidents de ces derniers jours fait désormais état de quatre morts.

Le carrefour Bon-Pasteur et la mosquée de Cadjéhoun sont bloqués par des véhicules militaires. Il s’agit de l’avenue perpendiculaire à la résidence de Boni Yayi, elle est totalement déserte. Seuls les riverains peuvent passer, mais à pied uniquement. Le calme est impressionnnant, a constaté RFI.

Des traces de pneus brûlés, des débris de vitrine traînent encore sur la chaussée. Il y a une petite barrière en bois à l’entrée de la rue qui mène chez l’ancien président. Quelques jeunes sont là et interdisent les photos. Boni Yayi est chez, il ne serait pas sorti depuis mercredi.

Rares sont les magasins et les bureaux qui ont ouvert aujourd’hui. On a vu une dame faire demi-tour avec son ordonnance. Elle a trouvé les portes de la pharmacie closes. Les gens sont très réservés quand il s’agit de témoigner.

Durcissement du pouvoir, selon l’opposition

Quant au bilan, il a évolué : on compte désormais quatre morts, trois entre mercredi et jeudi à Cotonou et un quatrième, un jeune homme, à Kandi dans le Nord. Mais il n’y a pas encore de version officielle du bilan.

► Lire aussi : Le Bénin secoué par des violences post-électorales

Le député sortant de l’opposition Nouréni Atchadé, porte-parole des Forces Cauris pour un Bénin émergent (FCBE), le parti de Thomas Boni Yayi, dénonce un durcissement du pouvoir et appelle le président Patrice Talon à ouvrir le dialogue avec l’ensemble de la classe politique.

« Nous sommes, dit-il, en train de quitter la démocratie et nous sommes entrés de plain-pied dans un État de dictature. Le pouvoir a tiré à balles réelles. Et nous considérons que c’est des assassinats. Et nous demandons que la lumière soit faite sur ces assassinats. Le président Patrice Talon, au lieu de faire la fuite en avant, devrait comprendre et saisir le message populaire, faire annuler le scrutin et discuter avec la classe politique pour trouver les voies et les moyens de sortir de cette crise qui n’honore pas notre pays. »

Les résultats annoncés

Tard dans la soirée hier, la Cour constitutionnelle a annoncé les résultats. Le taux de participation est très faible : 27,1% selon Joseph Djogbenou, l’un des hommes forts de la présidence de Patrice Talon, contre 23% annoncés mercredi par la Commission électorale dans ses résultats préliminaires. Même revu à la hausse, c’est le chiffre le plus bas de l’histoire de ce pays d’Afrique de l’ouest, souvent présenté comme un modèle de démocratie. À titre de comparaison en 2015, le scrutin législatif avait mobilisé 66% des électeurs.

45% des députés ont été réélus. L’Union progressiste récolte 47 sièges au Parlement, 36 pour le Bloc républicain, six ministres de l’actuel gouvernement sont parvenus à se faire élire. Des recours peuvent être formulés au cours de ces dix prochains jours.

RFI

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