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Procès des ‘’boulettes pour fesses’’ : Alima “Suppo” et Cie fixés sur leur sort le 7 février prochain

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Ce mercredi 5 février 2025, le tribunal de Pikine a examiné une affaire complexe impliquant huit prévenus, poursuivis pour association de malfaiteurs, mise en danger de la vie d’autrui, vente illégale de produits pharmaceutiques, exercice illégal de la pharmacie, administration de substances nuisibles, de publicité mensongère et pour  usurpation de fonction. Face aux juges du tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye, tous les prévenus ont nié les faits qui leur sont reprochés. Maty Mbaye, propriétaire d’une boutique de cosmétiques, a tenté de justifier son activité : «Je ne fais que vendre des produits naturels dits “bio”. Je n’avais aucune idée que la commercialisation d’une pommade destinée à augmenter le volume des fesses était interdite. Si je l’avais su, je ne l’aurais jamais utilisée moi-même ni conseillée à ma famille.»

Interrogée sur la composition du produit, elle a expliqué : «j’achète mes ingrédients à “Keur Serigne Bii”, puis je les mélange moi-même. Je n’ai suivi qu’une formation sur les produits céréaliers, je ne suis pas experte en cosmétologie. J’ai appris ces techniques en regardant des vidéos sur YouTube. J’admets avoir vendu ces pommades, mais j’ignorais totalement qu’elles étaient interdites.» Principal visage de cette affaire, Alima Fall, surnommée “Alima Suppo”, a déclaré qu’elle fabriquait certains de ces produits, notamment ceux de la gamme “Caviar”.

«J’ai suivi une formation en cosmétologie en Côte d’Ivoire. Aucun de mes produits n’a jamais causé le moindre problème de santé», a-t-elle affirmé. Le juge lui a alors demandé si elle disposait d’une autorisation officielle pour exercer cette activité. «J’étais en pleine démarche pour obtenir l’autorisation lorsque j’ai été arrêtée», s’est-elle défendue. Les autres accusés ont, eux aussi, nié avoir participé à la fabrication ou à la vente des produits mis en cause. Amina Diop, agent du ministère de la Santé et témoin dans cette affaire, a confirmé avoir découvert dans plusieurs magasins des pommades destinées à modifier l’apparence du corps ainsi que des compléments alimentaires non homologués.

«Ce sont des remèdes secrets», a-t-elle précisé, rappelant que la publicité et la vente de médicaments en ligne sont interdites par la loi. Me Massokhna Kane, avocat représentant Sos Consommateurs et l’Ordre des pharmaciens du Sénégal, a insisté sur la gravité de cette affaire, qui pose un réel problème de santé publique. «Ce marché illégal existe depuis des années et il est extrêmement lucratif. Certains réseaux étrangers y sont même impliqués. On ne peut pas laisser ces produits continuer à circuler impunément, car ils mettent des vies en danger. Une peine exemplaire est nécessaire pour envoyer un message fort», a-t-il plaidé.

Convaincu de la culpabilité des prévenues, le procureur requiert, trois ans de prison ferme et une amende de 500 000 francs contre Alima Fall, plus connue sous le surnom d’Alima “Suppo”. Deux autres accusées, Maty Mbaye et Haoussou Ndiaye, risquent quant à elles deux ans de prison ferme, avec des amendes respectives de 300 000 et 200 000 francs. Quant aux autres prévenus, le ministère public a demandé une peine d’un an ferme, assortie d’une amende de 100 000 francs. De leur côté, les avocats de la défense ont appelé le tribunal à faire preuve de clémence, soulignant que l’accusation n’a pas apporté de preuve formelle démontrant la dangerosité des produits vendus. Le verdict sera rendu le vendredi 7 février 2025.

Aïssatou TALL (Actusen.sn)

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