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Questions d’actualité à l’Assemblée nationale : Sonko annonce plusieurs mesures correctives

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Le passage de Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale hier, dans le cadre des questions d’actualité au gouvernement, a pris une tournure de déclaration de politique générale. Le premier ministre, dans la foulée de la publication du rapport d’audit des finances publiques de la Cour des comptes, a annoncé une kyrielle de mesures en vue de remettre le pays sur de bons rails. Allant de la réduction du train de vie de l’État, à la rationalisation des dépenses publiques, en passant par l’encadrement des recrutements dans le secteur parapublic, jusqu’à l’audit de l’effectif réel de la fonction publique, Ousmane Sonko s’est montré rigoureux dans la gestion des affaires de la Cité. 

“Je veux rendre hommage à tous les patriotes de ce pays qui se sont battus pour qu’on en arrive à ça. Je veux leur dire qu’ils doivent être fiers de ce qu’ils ont accompli. Ceux qui étaient dans la rue, ceux qui se battaient, ceux qui nous ont soutenus financièrement, cet hommage vous est dédié.” C’est le mot de Ousmane Sonko à l’endroit de ses militants et sympathisants, tenu hier, à l’occasion de son retour à l’Assemblée nationale, après sa DPG du 27 décembre dernier, dans le cadre des questions d’actualité au gouvernement. Comme lors de sa déclaration de politique générale (DPG), même si les formats sont variés, Ousmane Sonko a saisi l’occasion pour revenir sur les projets de son gouvernement en vue de propulser le pays vers le développement.

“En tant que dirigeants, nous devons être les premiers à donner l’exemple”

“On ne peut pas construire un pays en un mandat. Ce qui est important est que chaque acte qu’on pose doit contribuer à développer davantage ce pays”, prévient-il d’emblée, répondant aux questions, parfois gênantes des députés de l’opposition et de non inscrits. Estimant avoir hérité un pays “en ruine”, le premier ministre soutiendra, pour étayer sa conviction, que ce qui ressort dans ce rapport (de la Cour des comptes) est particulièrement inquiétant. “Il est important de revenir sur les conclusions de ce rapport pour davantage conscientiser les Sénégalais, même si l’essentiel a compris ce qui s’est passé”, a-t-il recommandé.

“Nous ne sommes pas dans l’austérité. Nous sommes dans le réaménagement”

D’ores et déjà, le gouvernement entend mettre en œuvre une kyrielle de mesures pour relancer l’économie. Selon Ousmane Sonko, même si le  budget 2025 a été pris dans des conditions que tout le monde connaît, la prochaine loi de Finances rectificatives (LFR) sera réellement conforme à notre programmation. Cependant, son gouvernement s’efforcera à se faire violence pour s’y accommoder. “Nous ne sommes pas dans l’austérité. Nous ne voulons pas que le pays s’arrête, malgré la situation difficile. Nous voulons aujourd’hui travailler, malgré tout, en faisant des efforts sur nous-mêmes, à dégager des marges budgétaires qui nous permettent, tout en continuant à respecter nos engagements, de pouvoir lancer la Vision Sénégal 2050”, dira-t-il. Se voulant plus explicite, il ajoutera : “Nous ne sommes pas dans l’austérité. Nous sommes dans le réaménagement. Nous allons faire les bons choix en rationalisant la dépense publique en dégageant des marges qui nous permettent dès la semaine prochaine de commencer à lancer notre programme, pour que l’économie ne s’arrête, que l’investissement ne s’arrête pas et que nous continuons à produire la croissance, notamment dans les secteurs comme le pétrole et l’agriculture.”

 “Il faille rationaliser les agences, en fusionnant certaines qui ont les mêmes missions”

Pour rassurer les plus sceptiques dans les rangs de l’opposition, il n’a pas manqué de revenir sur le plan que son gouvernement compte adopter pour réduire le train de vie de l’État si cher au chef de l’État. “En tant que dirigeants, nous devons être les premiers à donner l’exemple. Car il ne suffit pas simplement de demander au peuple de faire des sacrifices. Il faille rationaliser les agences, en fusionnant certaines qui ont les mêmes missions. D’ailleurs, au plus tard, en juin 2025, les Agences d’exécution et structures administratives similaires ou assimilées, dont les missions se chevauchent, seront regroupées et d’autres, dont les missions peuvent être efficacement prises en charge par des Directions centrales ou d’autres Administrations non personnalisées de l’État, seront supprimées. Des mesures d’accompagnement seront mises en œuvre pour préserver les intérêts des travailleurs”, promet-il. Entre autres, ajoutera-t-il, il sera procédé au regroupement du Fonds d’impulsion de la microfinance, du Fonds national de la microfinance et du Fonds d’appui à l’économie sociale et solidaire.

Sonko annonce également un audit de l’effectif réel de la fonction publique 

Toutefois, il a tenu à préciser que l’État ne peut plus supporter la masse salariale. C’est pourquoi, il sera procédé à la fin du mois d’avril un audit de l’effectif réel de la fonction publique, l’identification des agents et leur catégorisation par hiérarchie, ainsi qu’à une application rigoureuse des taux des éléments variables tels que les heures supplémentaires et les primes. Au même moment, une interface numérique entre les systèmes de paie et de budget sera déployée pour assurer un suivi en temps réel des dépenses de personnel.

Les nouvelles embauches dans le secteur parapublic seront désormais soumises à l’autorisation directe du Premier ministre 

Le plan prévoit également un gel des recrutements dans la fonction publique, à l’exception des secteurs jugés prioritaires comme la santé, l’éducation, la défense et la sécurité. Les nouvelles embauches dans le secteur parapublic seront désormais soumises à l’autorisation directe du Premier ministre, après validation des autorités techniques et financières.

Sur la centralisation de certains achats de l’État, le gouvernement va abaisser le standing des nouvelles acquisitions de véhicules en privilégiant l’acquisition de véhicules en berline de moyenne gamme

Pour réduire le train de vie de l’État, la centralisation des achats publics sera systématisée, touchant particulièrement la flotte de véhicules administratifs, dont le standing sera revu à la baisse. “L’accent sera mis sur la centralisation de certains achats de l’État. Elle concerne notamment les véhicules administratifs, le carburant, les titres de transport, le mobilier de bureau, le matériel informatique,  les logiciels, les frais de publicité, les médicaments et produits pharmaceutiques. S’agissant spécialement des véhicules administratifs, le gouvernement va abaisser le standing des nouvelles acquisitions de véhicules en privilégiant l’acquisition de véhicules en berline de moyenne gamme et soumettre toute nouvelle acquisition de véhicule à une commission structurée”, a-t-il déclaré.

“Des mesures urgentes seront également prises pour dénicher et mettre un terme aux cumuls”

“Dans le cadre des fonds nationaux, un rebasing salarial salarial sera opéré en vue de rendre plus équitable les niveaux de revenus entre les corps de classification similaire. Des mesures urgentes seront également prises pour dénicher et mettre un terme aux cumuls : cumul du bénéfice de l’indemnité de logement avec la jouissance du logement administratif…”, a annoncé le Premier ministre. “Nous allons montrer l’exemple par nous-mêmes en tant que dirigeants. On n’a pas le droit de rater une troisième alternance. C’est pourquoi nous demandons aux populations de nous accompagner dans ces moments difficiles. Il faille ramener les subventions, à l’eau et l’électricité, à des proportions acceptables. Nous voulons le ramener à 2% du PIB fin 2025”, soutient-il dans la foulée.

“Nous avions toujours un État qui vivait au-dessus de ses moyens. (…) Nous ne pensons pas au prochain mandat, nous pensons à la prochaine génération”, 

Sur la question des bourses, il a fait noter que le Sénégal paie 4 fois plus que la Côte d’Ivoire qui est plus développée que notre pays. C’est pourquoi, dira-t-il, son gouvernement a décidé dans la Loi de finances 2025, de bloquer l’enveloppe à 80 milliards. “Nous avions toujours un État qui vivait au-dessus de ses moyens. Nous ne voulons pas faire comme l’ancien régime. Nous ne pensons pas au prochain mandat, nous pensons à la prochaine génération”, a-t-il ajouté, estimant que l’État, c’est des équilibres à gérer. “Tout le monde demande tout et à la fois. On reconnaît que la situation est difficile, mais le Président de la République a ordonné de prendre des mesures,  même à titre symbolique pour soulager les Sénégalais. L’État a même renoncé à certaines taxes au profit des producteurs et autres importateurs. Toutefois, il y a un comportement déloyal de certains acteurs sur le marché. Les services du ministère du commerce multiplient les contrôles, à même de mettre fin à la spéculation des prix”, rassure-t-il. Mieux, “nous engageons très prochainement la deuxième phase des mesures de réduction du coût de la vie, en collaboration avec nos partenaires locaux pour réduire la chaîne d’approvisionnement des acteurs”, annonce-t-il dans la même veine, même si croire que la solution n’est pas dans des mesures de réduction. “Nous devons travailler à produire par nous mêmes”, propose-t-il.

“En tant qu’ État nous sommes là pour écouter, dialoguer, discuter, encadrer, mais également trouver des solutions et nous y travaillons tous les jours” 

Dans ce pays qui est une démocratie à ses yeux, Ousmane Sonko rappelle qu’il est instauré la liberté d’association, et surtout la liberté pour les travailleurs de s’organiser autour des syndicats. “Je suis suffisamment bien placé pour le savoir puisque j’ai été initiateur d’un syndicat que j’ai dirigé pendant deux mandats. Nous respectons la liberté syndicale, que nous allons encadrer et enrichir. Parce que si les gens n’ont pas la possibilité de s’exprimer, de se battre pour l’amélioration de leurs conditions de travail, dans un cadre normé, ils trouveront d’autres solutions pour le faire.  En tant qu’ État nous sommes là pour écouter, dialoguer, discuter, encadrer, mais également trouver des solutions et nous y travaillons tous les jours. C’est pourquoi, nous avons retenu la date du 27 prochain pour lancer la première édition du dialogue social avec comme objectif d’aboutir à un pacte de stabilité, sur la base d’un dialogue franc et sincère. Il s’agira pour gouvernement de ne rien cacher aux Sénégalais, car tout sera mis sur la table et chaque Sénégalais pourra apprécier les capacités réels de son État, pour pouvoir asseoir en conséquence les revendications légitimes et responsables. Car chaque père de famille ne peut assurer à sa famille une charge qui dépasse ses moyens.  Il est important de mesurer les capacités de l’État à prendre en charge ou non les revendications syndicales. D’ores et déjà, nous assurons que nous serons très flexible même si nous serons aussi fermes et intransigeants sur certaines demandes démesurées”, prévient-il sur les revendications syndicales

Amadou DIA (Actusen.sn)

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