À travers sa question écrite rendue publique hier, Guy Marius Sagna, a interpellé la ministre des Affaires étrangères sur la question des financements canadiens destinés à soutenir les dynamiques Lgbt. En effet, le Fonds canadien d’initiative locale (Fcil) est un mécanisme de la diplomatie canadienne visant à soutenir des projets locaux dans divers pays. Mais, si ses objectifs peuvent sembler alignés sur les principes universels des droits humains, ils entrent en conflit avec les valeurs culturelles et religieuses profondément ancrées dans la société sénégalaise. Guy Marius Sagna, dans son communiqué, dénonce cette ingérence culturelle. Il rappelle que le Canada, en tant qu’État souverain, a le droit de promouvoir ses propres valeurs, mais qu’il doit également respecter celles du Sénégal. «Le Canada ne peut pas prendre notre Sénégal et ne peut pas prendre l’esprit de notre peuple», affirme-t-il, reprenant une déclaration du Premier ministre canadien Justin Trudeau sur la souveraineté nationale.
Le député sénégalais qualifie les actions du Fcil d’«impérialisme culturel», une notion qui désigne l’imposition de valeurs et de normes culturelles d’un pays sur un autre. Au Sénégal, où l’homosexualité est largement rejetée pour des raisons culturelles et religieuses, les financements destinés à soutenir les dynamiques Lgbt sont perçus comme une tentative d’imposer des valeurs étrangères. M. Sagna insiste sur le fait que le Sénégal doit définir son propre cadre de coopération et exiger que ses partenaires internationaux s’y conforment. «Le Sénégal doit coopérer avec ses partenaires selon les conditions sénégalaises dans le cas d’espèce, la conception de la diversité sénégalaise et non selon les conditions des partenaires», écrit-il. Cette position souligne l’importance de préserver l’identité culturelle du pays face aux influences extérieures.
«Le Canada ne peut pas prendre notre Sénégal et ne peut pas prendre l’esprit de notre peuple», répète M. Sagna, appelant à un respect mutuel entre les nations. Cette interpellation rappelle que la coopération internationale doit être fondée sur le dialogue et le respect des spécificités locales, et non sur l’imposition d’un agenda culturel. Toutefois, il salue également les propos du Premier ministre Ousmane Sonko, qui a déclaré : «Les velléités extérieures de nous imposer l’importation de modes de vie et de pensée contraires à nos valeurs risquent de constituer un nouveau casus belli.» Cette phrase forte souligne que la défense des valeurs locales n’est pas seulement une question culturelle, mais aussi un enjeu politique et diplomatique. Le Sénégal, comme tout État souverain, a le droit de refuser toute ingérence qui menace son identité.
Aissatou TALL (Actusen.sn)
