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Rencontre tripartite : l’appel de Sonko aux syndicats et patronat pour apaiser le climat social

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Le dialogue entre les syndicats, le patronat et le gouvernement est ouvert hier au Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Rose. Dès l’entame de la cérémonie, le ministre du travail, du dialogue social et des relations avec les institutions a tenu à préciser que ce dialogue a rappelé l’objectif général de ce dialogue qui devrait aboutir à une signature du nouveau pacte de stabilité sociale, après celui de 2014. “Ce pacte devait permettre d’aider à la transformation structurelle, d’aider à amélioration significative des conditions de vie des populations et le renforcement de la sécurité, de la stabilité, la gouvernance de la protection des droits et libertés et la consolidation de l’Etat de droit”, dira d’emblée Abass Fall. Et d’ajouter : “Nous demandons aux syndicats et au patronat, et même au gouvernement de faire preuve de responsabilité et de patriotisme, pour enfin travailler ensemble vers une seule direction qui est celle de développer le Sénégal.”

À sa suite, le Ministre des Finances et du Budget est revenu sur les manquements soulevés par la Cour des comptes dans son rapport, demandant ainsi aux parties prenantes de prendre en compte l’environnement national, sous-régional et même international, qui fait face à plusieurs défis, notamment sécuritaires. “Cela signifie que nous sommes dans un environnement d’incertitude, avec des marges budgétaires plus ou moins étanches. Parfois, il faut être regardant, et circonscrit. Il faut faire attention dans la manière de piloter notre budget. Nous sommes en train de faire ce travail. Nous avons ainsi identifié des mesures de réformes pour reposer notre économie sur les trajectoires de consolidation budgétaire. Nous espérons d’ailleurs qu’à l’horizon 2027 pouvoir revenir à l’orthodoxie si les mesures que nous avons identifiées sont mises en œuvre”, soutiendra-t-il.

Le SAES met les pieds dans le plat : “Est-ce que vous voulez nous demander de signer ce pacte sur la tombe de nos défunts camarades ?”

Après les revendications du syndicat issu du secteur de l’éducation nationale, le gouvernement fera introduire celle qui a été présentée comme le porte parole des élèves du Sénégal. Awa Kane Fall, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, dira : “Nous voulons apprendre et nous avons le droit d’apprendre. Nous voulons une école où les enseignants sont présents, que notre avenir ne soit pas suspendu à la durée des grèves et des négociations. Nous espérons que ce dialogue n’en est pas un de plus, mais surtout au gouvernement, de donner à l’éducation toute la place qu’elle mérite.”

Le représentant des étudiants : “Comment demander des sacrifices supplémentaires à une jeunesse déjà à bout. Nous ne demandons pas l’impossible, mais seulement un effort à la hauteur des défis.”

C’est ainsi que la porte-parole du syndicat autonome de l’enseignement supérieur fera son entrée. “Est-ce que vous voulez nous demander de signer ce pacte sur la tombe de nos défunts camarades”, dira d’emblée Ndiémé Sow, avant de poursuivre : “Nous demandons le respect de l’accord du 6 janvier 2024. Les veufs et les veuves des enseignants chercheurs sont aujourd’hui réduits à une situation d’extrême pauvreté. Et pourtant, leurs défunts ont cotisé M. Le Premier Ministre. Nous savons que vous ne savez pas. On vous a trompé. Mais on vous a rencontré dans votre bureau le 13 décembre. La situation est que les veufs et veuves ne perçoivent pas ce que leurs défunts ont cotisé jusqu’à la retraite. La revendication du Saes, c’est le renversement d’un dû. Nous ne demandons pas d’augmentation de salaires, ni d’argent, mais seulement ce que nous avons cotisé. Vous nous avez demandé de rencontrer le secrétaire général du gouvernement, Al Amine Lo, avec qui on a signé un pacte de confiance. Ce Pv, il l’a signé, nous l’avons signé. Et dans ce PV, il était dit que le surlendemain, 18 décembre, le décret allait être signé. M. Le Premier Ministre, qu’est-ce qu’est-ce avez fait de cet engagement que le Ministre secrétaire général du gouvernement a signé avec le SAES le 16 Décembre ?”

Mballo Dia Thiam : “Nous n’avons pas de revendications nouvelles. Seules 3 vieilles revendications”,

Adama Kebe Sow, représentant des étudiants, succédera le syndicat du supérieur devant le pupitre. Et c’est pour dire : “Même le minimum n’existe pas dans nos universités, les étudiants sans logement, les conditions d’études de plus en plus précaires. Comment demander des sacrifices supplémentaires à une jeunesse déjà à bout. Nous ne demandons pas l’impossible, mais seulement un effort à la hauteur des défis.”

Moussa Cissokho : “Il est temps de respecter les travailleurs des collectivités territoriales”

Dans la foulée, Mballo Dia Thiam, pour secteur de Santé, et Mamadou Demba Ndour, S.g du SAMES, sont tour à tour revenus sur les revendications de leurs syndicats. “Nous n’avons pas de revendications nouvelles. Seules 3 vieilles revendications”, dira M. Thiam, laissant Mamadou Demba Ndour, revenir sur le recrutement des agents de santé et la grille indemnitaire, pour demander la réparation d’une grosse injustice à ce niveau.

Pour Moussa Cissokho, de l’intersyndicale des travailleurs des collectivités territoriales, ce pays ne peut se développer sans eux. “Il est temps de respecter les travailleurs qui gèrent une mission de proximité”, a-t-il demandé.

Cheikh Diop : “Nous ne portons que des revendications de restitutions”,

Les centrales syndicales, quant à elles, sont largement revenues sur les licenciements tous azimuts, notés dans certaines directions. “Nous ne portons que des revendications de restitutions”, dira Cheikh Diop. Mody Guiro de renchérir : “Nous ne demandons pas à l’État ce qu’il ne peut pas faire. Nous demandons simplement le respect des accords signés.”

Pour le compte du patronat, Baidy Agne dira pour sa part : “s’il n’y a pas d’entreprises, il n’y a pas de travail”. Non sans demander le soutien de l’État dans l’allègement de la fiscalité.

Prenant la parole, le premier ministre rappellera que les discussions n’ont jamais été rompues. “Il nous fallait une situation de référence. Car, il faille sortir de la logique des urgences. Il nous faut désormais planifier avant d’exécuter à moins ou long terme”, dira-t-il. Et d’ajouter : “Le dialogue avec les partenaires sociaux n’est pas nouveau, mais le format OUI. On a tenu à associer tout le monde, des syndicats, aux élèves et étudiants. C’est pourquoi les revendications sont nombreuses, et elles s’adressent à un seul État. Qui plus, vient d’hériter d’une situation assez compliquée.”

Ousmane Sonko : “Il faut rompre avec les grèves, la rue, les mouvements d’humeur, pour enfin travailler. Travaillons en synergie pour finaliser le pacte avant le 1er mai prochain.”

Toutefois, Ousmane Sonko tient à rassurer en ces termes : “L’État, sous notre gouverne, ne vous cachera rien. L’Etat vit avec des moyens. Mais un État ne peut et ne doit pas vivre au-dessus de ses moyens. Nous devons comprendre que l’Etat doit fonctionner en conformité avec ses moyens.” Son ambition, ajoutera-t-il, est de voir l’amélioration des conditions de vie de chaque sénégalais. “Mais ce ne sera pas une tâche facile. Rassurez-vous,  je reste un combattant de l’injustice. La fonction publique est marquée par plusieurs formes injustices. J’ai toujours dit qu’un inspecteur des impôts n’est pas mieux utile qu’un enseignant. Mais nous tenons à redresser ce pays, au cours de ce mandat, quitte à qu’il n’y ait qu’un seul pour nous, mais nous aurons réussi à remettre ce pays sur le droit chemin”, a promis le Premier ministre.

“Je sais que j’ai affaire à des patriotes. Qui ont le sens élevé du patriotisme. Je le sais.  Si vous nous accordiez un moratoire, on va continuer à travailler à réduire le coût de la vie. Tout ce qui est faisable, nous le ferons.”

Ainsi, il estime que l’économie ne doit pas s’arrêter pour autant. “Il nous faut dégager des marges budgétaires. Il nous faut faire des efforts sur nous-mêmes”, a-t-il indiqué, avant de poursuivre : “Il faut qu’on s’entende sur un modèle. Notre modèle doit davantage être amélioré. Un État qui refuse de céder selon ses moyens, est certes une injustice. Mais, pour sortir dans cette zone de turbulences, il faut un consensus. Il nous faut construire un modèle sur la base des acquis”.

“Nous éviterons autant que possible la confrontation. Et nous devons tous éviter de nous pousser mutuellement vers la radicalisation.”

Ainsi, à tous les syndicalistes, Ousmane Sonko demande : “Il faut rompre avec les grèves, la rue, les mouvements d’humeur, pour enfin travailler. Travaillons en synergie pour finaliser le pacte avant le 1er mai prochain. Notre priorité, ce ne sont pas les infrastructures, mais d’améliorer le pouvoir d’achat des ménages, c’est de payer les salaires à temps, les bourses, et les indemnités. Pour le rebasing salarial, il nous faut harmoniser le traitement salarial. C’est la justice et l’équité dans le système de rémunération, on va y travailler ensemble en toute transparence. Nous voulons le faire en toute transparence avec les partenaires sociaux que vous êtes. Il faut privilégier l’intérêt supérieur de la nation. On ne peut rien construire sous la pression et les urgences. Il faille faire preuve de dépassement. Ce qu’on peut garantir à tous, c’est que les discussions seront sincères, et véridiques, quitte à qu’on ait un seul mandat. Mais on aura réussi à remettre le pays sur le droit chemin. Aucun pays n’a décollé sans consensus fort. Il y a des libertés et des droits qui sont consacrés et c’est tant mieux. Mais il n’y pas de liberté sans responsabilité. Ce n’est pas parce que vous avez droit à la grève que vous devez nous imposer vos revendications, ce qui conduit à la confrontation. Et personne ne souhaite la confrontation parce que personne n’y gagne. Personne ne gagne dans la confrontation sociale.”

“Car l’ambition du Président est de tenir les discussions au cours de ces deux prochains mois avant d’aller vers la signature du pacte de stabilité social avant le 1er mai.”

Ce n’est pas tout. Il poursuit : “Tous les pays avancés ont construit leur modèle. Ce dialogue doit se reposer sur la vérité, la transparence, le sens du patriotisme et l’altruisme. C’est ça le sens de ce dialogue auquel nous vous appelons. A partir des jours à venir, il y aura des rencontres sectorielles. Je sais que j’ai affaire à des patriotes. Qui ont le sens élevé du patriotisme. Je le sais.  Si vous nous accordiez un moratoire, on va continuer à travailler à réduire le coût de la vie. Tout ce qui est faisable, nous le ferons. Nous éviterons autant que possible la confrontation. Et nous devons tous éviter de nous pousser mutuellement vers la radicalisation. Car l’ambition du Président est de tenir les discussions au cours de ces deux prochains mois avant d’aller vers la signature du pacte de stabilité social avant le 1er mai.”

Amadou DIA (Actusen.sn)

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