Ce mardi, le tribunal a rendu son verdict dans l’affaire d’Amadou Mbaye, surnommé Eumeu, un jeune homme de 21 ans originaire de Bargny, anciennement scolarisé en classe de première. Accusé de viol et de pédophilie sur deux mineures de moins de 13 ans, des faits remontant à 2023, Amadou Mbaye a finalement été acquitté, mettant fin à une affaire marquée par des contradictions et des zones d’ombre.
C’est un prévenu dévoué qui s’est présenté devant la barre de la chambre criminelle. Amadou Mbaye, dit Eumeu, était accusé d’actes de violence sexuelle sur ses cousines germaines, Fatou T. et Khadija H. Tout au long de la procédure, il a fermement nié les accusations portées contre lui évoquant un malentendu familial. « Je n’ai jamais violé les victimes. Ce sont mes petites sœurs. Nous avons grandi ensemble sous le même toit depuis notre plus jeune âge », a-t-il affirmé lors de son audition. Il a également évoqué des tensions familiales, notamment une dispute avec son père qui l’aurait frappé après l’avoir surpris en train de danser du « bombasse » avec ses sœurs. Une explication que le parquet a jugée irrecevable, estimant que cette altercation n’avait aucun lien avec les accusations actuelles. Le parquet a mis en avant un rapport médical confirmant que les deux mineures ont eu des rapports sexuels. Cependant, Fatou T., l’une des plaignantes, qui avait initialement accusé Amadou de l’avoir violée après l’avoir attirée dans une chambre sous prétexte de lui confier une tâche, n’a pas comparu à l’audience. Khadija H., l’autre partie civile, était également absente.
De son côté, le procureur a regretté ces absences, qui ont empêché d’éclaircir les faits. Il a également mentionné l’existence d’une vidéo dans laquelle les jeunes filles semblent innocenter leur cousin, affirmant avoir été manipulées. « L’imputabilité des faits pose problème. Nous n’avons pas pu déterminer avec précision le lieu où les événements se sont produits. Les jeunes filles se plaignaient de maux de ventre avant d’être emmenées à l’hôpital, mais cela ne suffit pas à établir la culpabilité de l’accusé », a-t-il déclaré. Il a finalement demandé un acquittement au bénéfice du doute, faute de preuves suffisantes. À cet effet, Me Soumaré, l’un des conseils de la défense, s’est appuyé sur ces enregistrements pour défendre son client. « Dans ces vidéos, les filles affirment avoir été influencées par leur mère. Elles soutiennent même que le certificat médical a été falsifié avec la complicité du médecin », a-t-il expliqué. Il a également relevé le problème d’imputabilité soulevé par le parquet, insistant sur le manque de preuves solides pour condamner Amadou. « Il est innocent, et les éléments du dossier le prouvent. Acquittez-le », a-t-il plaidé, tout en demandant une libération provisoire pour son client, qui a déjà passé un an derrière les barreaux. Me Moussa Diouf, un autre avocat de la défense, a renchéri en affirmant que les plaignantes avaient été manipulées et que son client était victime d’une erreur judiciaire. « Il a purgé une année en prison. Il mérite un acquittement sans réserve », a-t-il insisté.
Toutefois, la défense a martelé l’innocence d’Amadou et réclamé sa libération immédiate. « Presque tout le Sénégal se mobilise pour réclamer sa liberté », a lancé Me Soumaré, exhortant le tribunal à ordonner une libération provisoire si le verdict devait être reporté. Après délibération, le tribunal a finalement prononcé l’acquittement d’Amadou Mbaye, mettant un terme à une affaire qui avait tenue en alêne plus d’un.
Aïssatou TALL (Actusen.sn)
