En prison depuis trois mois, Farba Ngom n’a jamais eu l’occasion de s’expliquer sur les faits pour lesquels le juge d’instruction l’a privé de liberté. C’est en tout cas la révélation de ce mardi de ses avocats qui ont dénoncé ce qu’ils appellent “violation manifeste des droits” du député-maire. De Me El Hadj Amadou Sall, à Me Oumar Youm, en passant par Mes Doudou Ndoye, Baboucar Cissé et Abdou Dialy Kane, les conseils de Farba Ngom ont battu en brèche les accusations portées sur leur client, regrettant une commande politique, qui fausse les règles du jeu, en dépit des textes juridiques.
«Aucun faux n’a été noté dans ce dossier, aucune manœuvre frauduleuse. C’est par magie ou par miracle que Farba a reçu l’argent du trésor ? D’ailleurs, l’argent qui sort des caisses de l’État, on n’a pas besoin de le blanchir, parce qu’il est déjà blanc. Mais mieux, quelqu’un qui fait du blanchiment, est-ce qu’il a besoin des opérations traçables ?», déclare Me Oumar Youm. Ce dernier revient à la charge : «c’est un simulacre, pour ne pas dire un semblant de justice. Le droit en pleur. C’est une commande politique mise en œuvre par le parquet. En l’état du dossier, s’ils (Farba et Tahirou) comparaissent devant un Juge indépendant, impartial, ils sont relaxés purement et simplement».
Me Abdou Dialy Kane, pour sa part, cite les articles 152 à 155 du CP et 140 du CPP : «ces textes parlent de manquant, dans les fonds qui vous ont été confiés. Ces dispositions visent un particulier mais pas n’importe lequel. C’est un comptable de fait. Or, Farba n’en est pas un. Il n’a jamais manié les biens publics. Au contraire, c’est le juge qui manipule simplement des concepts juridiques».
«Un mois après la sortie de Ousmane Sonko à Agnam, la Centif a été actionnée pour faire un rapport pour le moins non contradictoire. On a pris les faits mis en cause dans ce rapport pour en faire un P.V d’enquête préliminaire, alors qu’il servait qu’à titre d’information», a dit Me Baboucar Cissé.
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