Farba Ngom pourrait bénéficier d’une liberté provisoire si le juge accède à la demande de ses avocats à ce propos. En effet, le Pr Alassane Mbaye, du nom de ce cardiologue à l’hôpital Général Idrissa Pouye de Grand-Yoff, par ailleurs Pr titulaire de cardiologie, a déposé son rapport sur l’expertise médicale qu’il avait héritée des mains du juge financer, ou de l’Ordre des médecins du Sénégal, sur l’état de santé de Farba Ngom.
Selon les sources proches du dossier, le médecin a fait noter d’emblée “l’absence de complications aiguës engageant le pronostic vital immédiat” du détenu. Poursuivant, Pr Alassane Mbaye de faire observer “la présence de nombreuses pathologies chroniques (cardiovasculaire, métabolique, hépatique, vertébrale, neurologique, prostatique) potentiellement évolutives.” Ces pathologies, ajoutera-t-il, font l’objet de suivi par différents médecins spécialistes avec la prescription de traitement médicamenteux associé à des régimes spécifiques.
Ainsi, le cardiologue se veut clair en ces termes : “le milieu carcéral, par ses conditions de vie probablement non optimales, pourrait aggraver ces pathologies et exposer le patient aux complications décrites plus haut dans un délai imprévisible.”
Mais ce n’est pas tout. Se voulant plus explicite, suite à la question du juge, Pr Mbaye de répondre : “En l’absence de lignes directives de sociétés savantes médicales établissant une liste nominative et exhaustive de maladies incompatibles avec la vie en milieu carcéral, notre décision sera basée sur l’évaluation du risque de dégradation sanitaire du détenu en milieu carcéral, et ce, après analyse des résultats issus de son examen clinique et paraclinique. Ainsi et au regard des éléments objectifs décrits plus haut dans ce rapport, nous estimons qu’il y a un risque réel d’aggravation des affections que présente le détenu et que l’état de santé de M. Mouhamadou NGOM n’est pas compatible avec la vie en milieu carcéral.”
Ainsi, il recommande une prise en charge adaptée (régimes spécifiques, activité physique régulière, contrôle du stress, rééducation fonctionnelle au besoin, disponibilité des médicaments), qui selon le cardiologue, est impérative. De même qu’un suivi spécialisé, régulier pour l’hépatite B chronique, le haut risque cardiovasculaire, la cardiopathie hypertensive, l’hypertrophie hétérogène prostatique et la discopathie cervico-lombaire sont fortement recommandés par le spécialiste.
Amadou DIA (Actusen.sn)
