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Secteur des médias : le Sg du Synpics dresse un tableau sombre et interpelle les autorités

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Le secrétaire général du Synpics a su mettre le doigt dans la plaie. C’est le moins qu’on puisse dire. Moustapha Cissé, pour ne pas le nommer, a profité de son temps de parole lors de la cérémonie d’ouverture des journées de concertations du secteur de la communication pour soulever les milles et une difficulté rencontrée par les médias. Il n’a pas aussi manqué de rappeler que la presse n’est ni un appendice de l’Etat encore moins un acteur auxiliaire dans le jeu politique. Elle mérite autre chose que du mépris ou de la méfiance.

Il n’a pas emprunté quatre chemins pour dire ses vérités hier à l’occasion de la cérémonie d’ouverture des journées de concertations du secteur des médias. Lui, c’est le secrétaire général du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics), Moustapha Cissé. D’emblée, il a tenu à préciser qu’il n’a pas pris la parole « seulement pour alerter, mais pour alerter clairement, non pas pour me plaindre, mais pour parler avec responsabilité ». Le Dg du Synpics se veut très clair: « La presse n’est pas un appendice de l’État. Elle n’est pas un acteur auxiliaire dans un jeu politique. Elle est le souffle de l’espace public, la clôture du débat, le relais de la République. Sans elle, le citoyen ne voit plus, ne comprend plus, ne juge plus librement ».

« Les entreprises de presse croulent sous les dettes, Privées de ressources pérennes, privées de commandes publiques, nombreuses sont celles qui sont menacées de liquidation »

Malheureusement, il constate pour le déplorer que depuis des années, notre presse souffre non pas par paresse, non pas par incompétence, mais par abandon: « Les entreprises de presse croulent sous les dettes. Privées de ressources pérennes, privées de commandes publiques, ignorantes des réformes économiques, nombreuses sont celles qui sont menacées de liquidation. Le fonds de soutien est inopérant. Les contrats publicitaires ont été annulés sans mécanismes compensatoires. Les créances détenues par l’État sont restées ignorées. Le secteur privé, de son côté, regarde ailleurs ».

« Les contrats publicitaires ont été annulés sans mécanismes compensatoires. Les créances détenues par l’État sont restées ignorées »

A ces difficultés, s’ajoutent, selon lui, la censure massive, salaires impayés, couverture sociale inexistante, démotivation profonde, manque de compétences: « Des journalistes expérimentés abandonnent leur métier pour survivre, des jeunes diplômés renoncent à leurs engagements. Dans ce paysage, il y a un exode silencieux. Un désenchantement républicain, une atteinte au devoir d’informer ».

L’immobilisme face à cette situation, indique t-il, « n’est plus neutre. Il devient complice. Ce que le CAP défend aujourd’hui, devant vous et avec vous, c’est qu’il est encore temps de corriger la trajectoire. Mais, les marges se réduisent. Car la presse ne se réforme pas à coups de slogans. Elle se relève par des actes, dans un cadre juridique adapté, avec des institutions fortes, des instruments financiers solides, une volonté politique claire ».

« Des journalistes expérimentés abandonnent leur métier pour survivre, des jeunes diplômés renoncent à leurs engagements »

Poursuivant, il ajoute: « Le chemin est immense, mais il est connu. Il n’y a plus de prétexte à l’inaction ». Sur ce, il a souligné que le code de la presse est obsolète car ne prend pas en compte les réalités du numérique, ni les mutations sociologiques, encore moins les transformations du paysage médiatique mondial. Une situation qui le pousse à plaider des réformes profondes, transparentes avec toutes les parties prenantes, pour construire un cadre juridique qui protège les étudiants et un cadre juste.

« Dans ce paysage, il y a un exode silencieux. Un désenchantement républicain, une atteinte au devoir d’informer »

Concernant l’autorité de régulation actuelle, le Sg du Synpics a fait remarquer qu’elle n’a ni compétence étendue, ni autonomie suffisante. « Le CNRA n’est pas un outil apte à encadrer l’ensemble du secteur dans sa diversité. Quant à l’ARCA, prévue par le COP, elle n’a jamais été mise en œuvre. Ce vide affaiblit la régulation, favorise l’arbitraire, multiplie les conflits », dira t-il avant de préciser « qu’il est urgent d’installer une institution unique, créative, indépendante, capable d’intervenir sur tous les supports dans le respect des droits fondamentaux ».

« Le CNRA n’est pas un outil apte à encadrer l’ensemble du secteur dans sa diversité. Quant à l’ARCA, prévue par le COP, elle n’a jamais été mise en œuvre »

Par rapport à la publicité économique, « essentielle à la presse », il a rappelé qu’elle est encadrée par un texte de 1983, toujours sans décret d’application: « Le sens précis des règles a cédé la place à l’opacité, aux traitements discriminatoires, à la captation par des intérêts politiques ou commerciaux. Il nous faut une loi moderne, voire post-moderne, avec des critères clairs et des mécanismes équitables d’attribution, notamment en matière de commandes publiques. Le financement du secteur, aujourd’hui fragmenté et aléatoire, doit être repensé. Il faut un programme national de mise à niveau des entreprises de presse. Ce programme permettra de professionnaliser la gestion, d’industrialiser la production, de renforcer les compétences, de soutenir la modernisation technique ».

Publicité économique: « Le sens précis des règles a cédé la place à l’opacité, aux traitements discriminatoires, à la captation par des intérêts politiques ou commerciaux »

« L’axe fiscal doit changer », ajoute-t-il. De l’avis de M. Cissé, « la presse n’est pas une entreprise comme les autres. C’est un secteur de souveraineté. Elle mérite un statut fiscal spécifique, comme celui accordé à l’agriculture, à l’éducation ou à la santé. Cela implique des exonérations ciblées, un apurement des dettes, un accès facilité aux prêts d’équipement. Le FRDP, pour remplir sa mission, doit devenir une entité dotée d’une autonomie administrative, d’une gouvernance tripartite et d’un budget prévisible. Il doit pouvoir soutenir des projets structurants, de la formation aux investissements numériques, en passant par la production de contenus locaux ».

« Il est essentiel de mettre en place un fonds spécial pour la transformation technologique de la presse »

Il est également essentiel, poursuit-il, « de mettre en place un fonds spécial pour la transformation technologique de la presse. Ce fonds financera l’acquisition de matériels modernes, la sécurisation des données, la migration vers les plateformes numériques, et la formation de nouveaux formateurs. Ce n’est pas une faveur, c’est une condition de compétitivité. La formation des professionnels, techniciens, communicants, doit devenir une priorité nationale. Car on ne bâtit pas une souveraineté médiatique avec des acteurs sous-équipés et sous-formés. Ce n’est pas un complément, c’est une base. Ce programme peut parfaitement s’intégrer au FRDP.

« la presse mérite autre chose que du mépris ou de la méfiance »

Le Sg du Synpics n’a pas manqué de rappeler à l’ordre les autorités. Sur ce, il a fait savoir que « la presse mérite autre chose que du mépris ou de la méfiance. Elle mérite un contrat de respect. Ce que nous demandons aujourd’hui n’est ni une faveur ni un statut d’exception. C’est la reconnaissance d’une mission essentielle. C’est un fondement de justice, une base de justice, un nouveau pacte. Un pacte entre l’État et la presse, entre la République et ses sentinelles, entre le développement et son récit.

Actusen.sn

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