Le silence imposé par les murs de la prison de Sébikotane n’a visiblement pas freiné la fougue politique de Mansour Faye. L’ancien ministre et beau-frère de Macky Sall a, depuis sa cellule, signé un texte publié ce 4 juillet sur sa page Facebook. Un communiqué salé mêlent accusations, analyses économiques, ressentiment personnel. L’ex ministre appelle à la rescousse le président Macky Sall pour dit-il, sauver le Sénégal. À l’en croire : «Le Sénégal va mal. Le mal est partout et l’environnement économique… va de mal en pis», écrit-il.
L’ancien ministre revient avec insistance sur la situation économique du pays. Il estime que la sortie du chef de l’État sur les finances publiques, qu’il qualifie de « ratée », aurait plongé le pays dans une spirale dangereuse. «Un semblant de rapport-commentaire de la Cour des Comptes a fini même par discréditer» ces propos, affirme-t-il, en dénonçant un impact direct sur le panier de la ménagère déjà mal en point et la précarité du Sénégalais lambda.
Mansour Faye s’inquiète aussi de la dégradation de la note souveraine du Sénégal par les agences de notation. Il dira : «Cela risque de sonner le glas d’un pouvoir qui étrangle les populations.» Il insiste sur le danger d’une dévaluation du franc Cfa, qu’il dit déjà à nos portes et évoque la perte de confiance des investisseurs, l’augmentation des taux d’intérêt, et un possible isolement du pays sur les marchés financiers internationaux. Mais au-delà de ce tableau alarmiste, la proposition finale de Mansour Faye sonne comme un aveu de nostalgie autant qu’un appel politique.
Pour lui, la seule solution réside dans le retour de Macky Sall dans les arcanes du pouvoir. «Diomaye doit se séparer de lui [“Sas demi-dieu”] et se tourner vers Macky Sall pour qu’il l’épaule et le conseille», écrit-il, avant de vanter les 12 années de règne de son beau-frère, période durant laquelle ce pays a été mis sur les rampes de l’Émergence. Il conclut : «Macky Sall, qui a le Sénégal au cœur, ne refuserait certainement pas une main tendue pour sauver sa patrie…». Et de prévenir : «Autrement, c’est son avenir, lui Diomaye, à la tête de ce pays qui risque d’être compromis et même menacé. »
Aissata TALL (Actusen.sn)
