En perspective de la présidentielle de 2029, Barthélémy Dias, candidat déclaré, est déjà en train de battre campagne. À Paris hier, marquant la dernière étape de sa tournée politique en France, il a rencontré les Sénégalais de la diaspora pour une rencontre fraternelle, riche d’échanges et de propositions. «Mon ambition est de devenir Président de la République, servir le Sénégal et les Sénégalais», a-t-il déclaré devant ses hôtes. Il se présente en ces termes : «Je suis en politique depuis 20 ans, et depuis 16 ans je suis un officiel sénégalais, n’en déplaise à ceux qui ne respirent que la haine. Même si j’ai été démis de mes fonctions de maire, je continuerai à servir Dakar, directement ou indirectement. J’ai été député et maire. Mais j’ai une autre mission aujourd’hui. Car ce qui est en train de se passer au Sénégal, j’en ai malheureusement une part de responsabilité, en ce sens que j’ai contribué à mettre ces gens au pouvoir. Et je ne suis pas le seul à m’être trompé, à être escroqué.»
Parlant des autorités de ce pays, Barthélémy Dias n’a pas été tendre avec la bande à Ousmane Sonko même s’il refuse de citer son nom. «Certains individus ne méritent pas ma considération. On n’a pas le droit d’insulter l’intelligence des Sénégalais. S’ils ont des problèmes entre eux, ils n’ont qu’à régler ça entre eux et ne pas mêler les Sénégalais dans ça. On parle de patrie, on ne parle pas de parti. Les protocoles ne nous intéressent pas. Ils devront se ressaisir. Ils doivent savoir que l’État, la Nation et la République sont au dessus de leurs intérêts personnels qui ne nous intéressent pas. Ce qui nous intéresse, c’est le développement du Sénégal, sa sécurité et sa stabilité», dira-t-il.
Et revenant sur la dernière sortie du Premier ministre, Barthélémy Dias menace : «Avant de gouverner, il faut être élu. D’ailleurs, celui qui est méchant ne peut pas diriger le Sénégal. Je vous promets une chose ici à Paris, les choses sérieuses vont bientôt commencer au Sénégal. On ne nous apprend pas comment s’opposer. Il a dit que s’il est démis de ses fonctions, il retourne à l’Assemblée nationale ? Je le défie. S’il retourne à l’Assemblée, c’est que Jean Paul Dias n’est pas mon père.»
L’ancien maire de Dakar ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Très en verve, il poursuit : «Il y a des choses qu’on ne va pas accepter. Braquer la mairie de Dakar est une chose, mais retourner à l’Assemblée nationale en est une autre. S’il retourne à l’Assemblée, je retourne avec lui. Car la loi dit que quand on a été condamné définitivement, on est radié de son mandat de député. C’est ce que son ministre de la justice a appliqué à mon endroit. Le ministre de la justice m’entend. Il a posé des actes et il aura des comptes à rendre. S’il insiste, on le met dehors. S’il rentre à l’Assemblée, on va envahir l’Assemblée. On ne va pas accepter la dictature. Il sait qu’il n’est pas éligible. Les textes et les lois s’appliquent à tous. J’ai été condamné à plusieurs reprises, et j’ai accepté les décisions de justice, même si je n’étais pas d’accord.»
Amadou DIA (Actusen.sn)
