Après la seconde expertise médicale ordonnée par le juge d’instruction financier pour avoir une religion sur l’état de santé de Farba Ngom, le comité de résistance populaire acquis à sa cause a repris service pour obtenir sa libération définitive. Dans la foulée de la levée de fonds qu’il avait organisée, une méga marche pacifique a été tenue avant-hier samedi à Ourossogui. Les amis de Farba Ngom sont sortis des quatre coins de la région (Matam) pour prendre part à cette manifestation.
Le coup d’envoi de Thierno Mamadou Ly qui a été déterminant quant à la réussite de la mobilisation jamais notée à Fouta pour la libération d’un détenu
Les organisateurs ont d’abord été chez Thierno Mamadou Ly, Khalif de Doumga Ouro Alpha, où le guide religieux a tenu à leur mettre en garde quant au respect strict des clauses de la manifestation à savoir le respect des heures indiquées pour sa tenue, ainsi que l’observation des règles requises dans le cadre de l’ordre public. Ainsi, la marche pacifique, autorisée au préalable par le préfet du département de Matam, et qui a duré deux tours d’horloge (16h-18h), a enregistré la présence de tous, ou presque, les responsables politiques de l’Alliance pour la république (APR) de la région, notamment l’ancien ministre d’Etat Augustin Tine, l’ancien président de l’Assemblée nationale Amadou Mame Diop, l’ancien ministre et maire de Ourossogui Me Moussa Bocar Thiam, ainsi que l’adjoint au maire des Agnam, Abdoul Aziz Diop, et l’honorable députée Racky Diallo, pour ne citer que ceux là. C’est dire que tous les proches de Farba Ngom, hommes et femmes, vieux, adultes, jeunes et enfants, responsables politiques, entre autres, ont tous tenu à participer à la méga marche que le comité de résistance populaire a organisée également financée pour obtenir la libération du député-maire. À pieds, à cheval ou en moto Jakarta, ils ont sillonné toutes les grandes artères de la ville et exigé la libération de leur fils. De la banque BOA en passant par la poste, la pharmacie El Hadji Oumar Tall, au Rond-point carrefour de Ourossogui, les marcheurs ont dénoncé avec fermeté la détention « arbitraire » du maire des Agnam.
« Le combat va continuer jusqu’à la libération de l’honorable député-maire Farba Ngom », prévient Me Moussa Bocar Thiam
Habillées en T-shirt à l’effigie de Farba et des brassards rouges attachés à la tête et aux bras, ces populations, visiblement très remontées contre le Chef de l’Etat et son Premier ministre, scandent en chœur « Libérez Farba ! Libérez Farba ! Libérez Farba ! ». Plus loin, on lit sur les pancartes : « Farba nous manque ! » ; « Non à l’acharnement ! » ; « Sonko dégage ! ».
Le comité de résistance populaire pour la libération de Farba Ngom, notamment la diaspora basée en France et en Italie, acquise à la cause du maire des Agnam, s’organise pour tenir une telle manifestation pacifique devant la Cour Pénale Internationale, à La Haye
Le message est passé. « Nous sommes ici pour dire non à l’injustice et pour dire oui à la libération de Farba. Aujourd’hui, tout le Sénégal sait que Farba est malade. Et c’est le médecin qui a été désigné par le juge lui-même qui a dit que son état de santé est incompatible à la vie carcérale. Nous exigeons que Farba soit libéré. Et nous demandons à la justice sénégalaise de prendre toutes ses responsabilités à cet effet. Et à ce titre nous interpellons le Président de la République et son Premier ministre Ousmane Sonko pour qu’ils accèdent à notre requête », dira le 1er adjoint au maire des Agnam, Abdoul Aziz Diop. Me Moussa Bocar Thiam d’appuyer sur la même fréquence. Et c’est pour dire : « C’est la première fois dans l’histoire du Sénégal qu’une telle mobilisation est faite pour exiger la libération d’un détenu politique. Cette mobilisation n’est qu’un engagement personnel de chacun, et le combat va continuer jusqu’à la libération de l’honorable député-maire Farba Ngom. »
Dans la même veine, une marche pacique sera organisée à Dakar, si les organisateurs obtiennent l’accord du préfet
En chœur, ils ont rappelé l’état de santé de Farba Ngom qui serait « même en danger », exigeant ainsi sa libération « avant que l’irréparable ne se produise. » Si la manifestation s’est déroulée dans le calme et la sérénité, sous l’encadrement des Forces de défense et de sécurité (FDS), aucun débordement encore moins un incident n’a été noté, depuis le début jusqu’à la fin de la marche. Ne voulant pas s’arrêter en si bon chemin, nous avons appris que le comité de résistance populaire pour la libération de Farba Ngom, notamment la diaspora basée en France et en Italie, acquise à la cause du maire des Agnam, s’organise pour tenir une telle manifestation pacifique devant la Cour Pénale Internationale, à La Haye. Dans la même veine, une marche pacique sera organisée à Dakar, si les organisateurs obtiennent l’accord du préfet.
À rappeler que Farba Ngom est en prison depuis le 27 février 2025. Il a été placé sous mandat de dépôt dans le cadre de l’enquête sur l’affaire des transactions douteuses portant sur plus de 125 milliards de francs CFA, relevées dans un rapport de la CENTIF. Après un premier rapport médical favorable à sa libération du Pr Alassane Mbaye concluant que l’état de santé du député-maire des Agnam est incompatible avec la détention, le juge d’instruction a rejeté sa demande de mise en liberté, qu’il s’agisse d’un placement sous contrôle judiciaire ou d’une assignation à résidence. Ce refus fait suite à l’opposition ferme du procureur financier, qui a exigé une contre-expertise pour contester ces premières conclusions médicales. Et en réponse, le juge a ordonné une nouvelle contre-expertise, confiée cette fois-ci à un collège de trois spécialistes en santé. Leurs conclusions seront déterminantes quant à la prochaine décision du juge sur le sort de Farba Ngom qui a tenu, depuis sa cellule, à remercier ses proches pour leur mobilisation autour de sa libération.
Amadou DIA (Actusen.sn)
