Le mouvement national des cadres patriotes (Moncap) compte mettre fin aux nombreuses critiques du Plan de redressement économique et social ‘’Jubbanti koom’’. Face à la presse, hier, les cadres patriotes ont expliqué que le plan prend en compte tous les secteurs, y compris le secteur privé. Selon les patriotes, pour que le développement soit une réussite, la croissance doit être inclusive. Et cette croissance inclusive suppose un secteur privé solide.
« Tant que l’on laisse les multinationales opérer seules, elles investiront, feront des bénéfices et transféreront les dividendes vers leurs pays d’origine. Mais nous avons le choix de parier sur le secteur privé local. C’est avec ce secteur privé local que nous atteindrons une croissance inclusive », expliquent-ils.
C’est donc cette forme de croissance inclusive qui, selon eux, permettra d’assurer un développement territorial. « Nous allons soutenir le secteur privé, le sécuriser et introduire dans le Code fiscal une procédure pro-investissement, afin d’attirer un maximum d’investisseurs ».
« Nous allons soutenir le secteur privé, le sécuriser et introduire dans le Code fiscal une procédure pro-investissement, afin d’attirer un maximum d’investisseurs »
L’autre point essentiel concerne, d’après le Moncap, les piliers stratégiques. « Dans les communautés compétitives, l’État a ciblé tous les secteurs stratégiques. Mais dans le cadre de ces piliers stratégiques, il n’a pas toujours accompagné les infrastructures et les services nécessaires. Il y en a six, et nous accompagnerons chacun de ces piliers stratégiques », soulignent les cadres patriotes.
Sur le plan budgétaire, ce Plan permettra de revenir à « une orthodoxie budgétaire rigoureuse ». « L’argent appartiendra toujours à l’État, et c’est l’État qui le contrôlera. Tout cela nous permet d’atteindre les 5 667 milliards. Le Plan de redressement n’est pas un plan d’austérité, parce que les 5 776 milliards seront d’abord réinjectés au niveau social ». Comment ? Premièrement, en soutenant les ménages en milieu rural, deuxièmement, en facilitant l’accès aux services sociaux de base et troisièmement, avec des mesures liées à la baisse des prix, parce qu’avec ce modèle financier, nous avons les moyens de réduire les prix.
« Le Plan de redressement n’est pas un plan d’austérité, parce que les 5 776 milliards seront d’abord réinjectés au niveau social »
« À ceux qui critiquent les subventions, nous répondons que ce n’est pas mauvaise en soi. Mais il faut aller vers des subventions ciblées, pour que les gens comprennent. Si je dis que je veux subventionner un produit pour tout le monde, dans ce “tout le monde”, il y a des milliardaires. Et même plusieurs milliardaires. Donc, à partir de maintenant, nous allons cibler les subventions, peu importe s’il y a des mécontents. Et pourquoi ne pas le faire aussi dans le cadre de la recherche et développement ? », affirment-ils
De l’avis du Moncap, avec ce plan, l’État va progressivement passer des finances publiques aux finances fonctionnelles. L’objectif principal est donc de se concentrer sur l’intérêt général du Sénégal. Voilà ce qu’il fallait expliquer de manière assez détaillée. Cela dit, reconnaissent les cadres « il y a certainement des points à corriger ou à approfondir ».
Cependant, soulignent-ils, ce qu’il faut retenir, c’est que les 5 667 milliards seront mobilisés sans dette supplémentaire, sans nouvelle taxe, sans argent russe. Et surtout, cet argent sera réinvesti, pour prouver que nous ne sommes pas dans une situation budgétaire structurelle dégradée.
« Ce qu’il faut retenir, c’est que les 5 667 milliards seront mobilisés sans dette supplémentaire, sans nouvelle taxe, sans argent russe »
En comparaison avec le Plan de redressement de 1979 qui a échoué, le Moncap soutient que ‘’Jubbanti koom’’ a été bien mis en œuvre, « À l’époque, sous l’effet de générateur du FMI et de la Banque mondiale, tout était imposé. Le Sénégal a mis en place un plan de stabilisation entre 1979 et 1980. Ce plan n’a pas marché. De 1985 à 1985, on nous a imposé le plan de stabilisation économique et financière. Il a échoué. De 1985 à 1992, ce furent les ajustements structurels à court et long terme. Échec », rappellent les cadres.
Ces nombreux échecs, sont selon eux, à l’origine du surendettement du Sénégal, car tous ces plans ont été dictés de l’extérieur. « Ce que nous faisons aujourd’hui, n’a rien à voir avec cela. Ce n’est pas de l’austérité, ni un ajustement structurel », concluent-ils.
Actusen.sn
