Alioune Tine n’a pas fait que donner des nouvelles de Badara Gadiaga et de Abdou Nguer. Il a fait mieux. En effet, parti, ce mercredi, rendre visite aux deux «chroniqueurs» inculpés et envoyés en prison, le ‘’droit de l’Hommiste’’ demande purement et simplement l’élargissement des deux susnommés. Convaincu qu’il faille libérer Badara Gadiaga et Abdou Nger, immédiatement et sans condition, Alioune Tine se veut formel : «leurs dossiers sont vides et qu’ils sont totalement innocents». Pour lui, il est nécessaire de leur rendre la liberté pour apaiser un climat politique et médiatique «lourd, pesant et toxique fait d’insultes, d’invectives et de haine entre l’opposition et le pouvoir».
En attendant de savoir si son appel tombera ou non dans l’oreille d’un sourd, le patron d’Amnesty semble séduit par le moral d’acier des deux chroniqueurs. «J’ai rendu visite aujourd’hui à Badara Gadiaga et à Abdou Nguer, deux détenus d’opinion que j’ai trouvés en pleine forme, avec un moral d’acier. Le sentiment et la conviction qu’ils sont tous les deux innocents et qu’ils n’ont rien à se reprocher, que leurs dossiers sont vides, expliquent leur sérénité en prison», indique l’ancien patron de la Raddho.
Alioune Tine ne s’en arrête pas là. Pour cause, dans une tribune partagée sur ses plateformes numériques, il a évoqué les compétences oratoires de Badara Gadiaga qui présente un lisse Cv en termes de discours pour convaincre l’opinion publique. «Il faut le reconnaître, il sait faire mal à ses adversaires politiques. Estce la principale raison de son séjour en prison pour le réduire au silence ? Beaucoup, dans l’opinion, le pensent aujourd’hui», estime Alioune Tine.
D’après Alioune Tine, «quand il (Badara Gadiaga) parle, on l’écoute, parce qu’il a une compétence poétique et narrative qui captent l’attention, c’est un professionnel de la parole et du verbe en démocratie, il sait manipuler les images et les proverbes, en français comme en wolof, ce qui en fait un des plus redoutables débatteurs /chroniqueurs de la télévision. L’impact de son discours sur l’opinion publique sénégalaise n’est plus à discuter aujourd’hui. Ce qui fait que Jakarloo, l’émission vedette de Tfm était attendue et suivie, et il faut le reconnaître, sait faire mal à ses adversaires politiques.»
Badara Gadiaga faisait partie des jeunes du M23, très impliqués dans la lutte contre le 3eme mandat avec Abdourahmane Sow, Aida Niang, Abou Diallo, etc. Quand, j’étais arrêté le 27 janvier 2012 et en garde-àvue au Commissariat Central, Badara Gadiaga était passé me voir. Donc je lui dois bien cette visite.»
Quant à Abdou Nguer, Alioune Tine dit l’avoir trouvé souriant avec son livre Bled CM2. «Il a transformé l’espace carcéral en espace d’éducation et de formation en français. Il s’est approprié la devise de Nelson Mandela qui figure à la porte de Rebeuss. Il va sortir de cette épreuve gagnant et enrichi. Car Abdou Nguer qui me raconte qu’il a appris ce qu’est un être humain en prison», raconte Alioune Tine. Alioune Tine embraie en ces termes : «Nguer fait partie des chroniqueurs qui par leur compétence culturelle, narrative et communicationnelle ont contribué à anoblir les chroniqueurs en langue wolof. Abdou est pétri de culture et il est doté d’une exceptionnelle capacité d’argumentation et de persuasion. Lui, aussi, on l’écoute, on l’admire, moi je suis impressionné aujourd’hui par sa volonté de savoir. Un chroniqueur redoutable doublé d’un opposant redoutable. Il fallait le faire taire lui aussi» ?
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