Depuis le pavillon spécial où il se trouve, Farba Ngom suit de très près l’actualité nationale. Et le dernier article publié par Walf Quotidien, et consacré à ses biens supposés ou réels, n’a pas échappé à sa vigilance. Représenté par son avocat, Me Baboucar Cissé en l’occurrence, Farba Ngom, dans sa plainte qu’il a déposée par les soins de son avocat devant le parquet de Dakar, ainsi qu’à la Division spéciale de la Cybersécurité, contre le journal Walf Quotidien, son directeur de publication, le journaliste l’auteur de l’article en cause, ainsi que l’économiste M. Babou, estime avoir eu la désagréable surprise de découvrir, le lundi 13 octobre 2025, un article publié par Monsieur S. KA, journaliste du même quotidien d’informations, lequel porte foncièrement atteinte à son honneur et à sa considération.
Le tort présumé de notre confrère, selon le plaignant, est d’écrire en ces termes : “En détention, Farba NGOM est suspecté, à travers les sociétés WOODROSE-INVESTMENT et SF-FARMS, d’être le propriétaire de 251 parcelles issues des lotissements, de 29 titres fonciers situés dans la commune de Ngor-Almadies, des terrains localisés au Burkina Faso, au Bénin, en Côte d’Ivoire et au Togo.”
Quant à l’économiste M. Babou, Farba Ngom lui reproche ces propos : “Les sociétés civiles immobilières créées par des hommes politiques ont pris de l’ampleur à partir de 2014, sous le règne de Macky SALL. Elles constituent un mécanisme de recel de fonds pour d’ex-directeurs généraux, ministres et proches de Macky SALL. C’est une manière de s’accaparer du foncier avec des facilitations accordées par l’Etat. Un titre aux Almadies rapporte, c’est plus de dix fois le chiffre d’affaires d’une boulangerie et d’une activité normale. Ils ont choisi la facilité, non pas dans l’éthique, mais dans la magouille et des détournements. C’est de l’enrichissement illicite. C’est un patrimoine de l’Etat qu’ils achètent à des prix vils pour le revendre très cher. Il faut aussi situer la responsabilité de la Dgid. Les véritables hommes d’affaires ne sont pas mêlés dans ces dossiers. Ils n’ont jamais été épinglés par des rapports de la Centif.”
Ainsi, le plaignant invoque l’article 258 du Code Pénal qui stipule : “Toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé est une diffamation.” Il précise également que conformément à l’article 248 du Code pénal, la diffamation est punissable “même si elle s’exprime sous une forme dubitative ou si elle vise une personne ou un corps non expressément nommé, mais dont l’identification est rendue possible par les termes des discours, cris, menaces, écrits ou imprimés, placard ou affiches incriminés.”
Le plaignant fait également valoir que l’alinéa 2 de l’article 258 du Code Pénal dispose : “Toute expression outrageante, tout terme de mépris relatif ou non à l’origine d’une personne, toute invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait est une injure.”
En effet, dans sa plainte, Farba Ngom conteste fermement les accusations portées contre lui. “Les propos de Monsieur S. KA qui accuse Monsieur Farba NGOM, actuellement en détention préventive, d’être le propriétaire de 251 parcelles issues des lotissements, de 29 titres fonciers situés dans la commune de Ngor-Almadies, des terrains localisés au Burkina Faso, au Bénin, en Côte d’Ivoire et au Togo avec une légèreté déconcertante et sans la moindre preuve, portent foncièrement atteinte à l’honneur et à la considération du plaignant en sus d’être rigoureusement mensongers”, dira son avocat, Me Baboucar Cissé.
Concernant les propos de M. Babou, le plaignant estime qu’ils constituent une injure en ces termes : “Attendu que Monsieur M. BABOU est allé beaucoup plus loin. En sus de porter atteinte à l’honneur et à la considération du plaignant, il l’a injurié en tenant des expressions outrageantes. En effet, il accuse le plaignant de faire de la magouille et de l’enrichissement illicite en ces termes : “Ils ont choisi la facilité, non pas dans l’éthique, mais dans la magouille et des détournements. C’est de l’enrichissement illicite.”
Au vu des faits ainsi exposés, Monsieur Mouhamadou NGOM dit Farba se voit contraint, au vu du caractère gravissime, selon lui, des faits et de l’ampleur du préjudice qui en résulte pour son honneur et son intégrité, de déposer plainte entre vos mains, Monsieur le Procureur de la République près du tribunal de grande instance de Dakar, et Monsieur le Commissaire de la division spéciale de la cybersécurité, et contre Monsieur S. DIOP, Directeur de publication de Walf Quotidien, Monsieur S. KA, auteur de l’article et Monsieur M. BABOU ainsi que toutes personnes que l’enquête permettra de découvrir pour les délits susvisés et sollicite qu’il leur soit fait une application rigoureuse de la loi pénale.”
Amadou DIA (Actusen.sn)
