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Accusations de ‘’dette cachée’’ : les avocats de Macky Sall montent au front et démentent le gouvernement

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Face aux accusations portées sur Macky Sall et son régime, notamment au sujet de la dette dite cachée, le Pool des avocats de l’ancien Président a fait face à la presse hier ; une manière pour Me Olivier Sur et ses confrères de dénoncer la rétention des documents, dont ils ont besoin pour la manifestation de la vérité, entretenue par la régime  en place.

«Ils ont violé la loi en refusant de communiquer les documents. » C’est ce qu’ont dénoncé les avocats de l’ancien Président Macky Sall qui ont demandé, mais n’ont pas obtenu des nouvelles autorités, les rapports authentiques prouvant qu’une dette a été cachée. Pourtant, selon Me Olivier Sur, ils avaient déposé les demandes au niveau de la Cour des Comptes, et au Ministère des Finances et du Budget, mais n’ont jamais reçu de réponse 15 jours plus tard. “Nous voulons des preuves et non des bouts de rapports, ce qu’on lit dans la presse tous les jours”, insiste Me Aïssata Tall Sall.

Me Aïssata Tall Sall est formelle : « La Cour des comptes et le ministère des finances ont violé la loi en refusant de nous donner les documents. Qu’est-ce qu’ils ont à cacher dans ce rapport ? »

En clair, ancien bâtonnier du Barreau de Paris, Me Pierre-Olivier Sur, par ailleurs coordonnateur du Pool d’avocats de Macky Sall, indique n’avoir pu disposer des rapports sur la situation de la dette. Il s’agit du rapport de la Cour des Comptes, celui de l’Inspection générale des Finances (IGF) et le rapport de Forvis Mazars. « Il n’est pas question pour nous de faire de procès à l’État. Nous intervenons, dans une continuité de l’État, mais dans le respect de ce qui a été fait avant. Et si nous n’avons pas ces documents, nous engagerons une réponse à la non-réponse de l’administration, graduée et dont vous entendrez parler, je vous assure », prévient l’avocat français. « On ira jusqu’au bout ! On ne lâchera rien. C’est trop facile d’accuser les gens », a martelé à son tour Me Aïssata Tall Sall.

“On ne dit pas qu’il y a une dette cachée pour aller après, faire recours à des cabinets internationaux pour chercher des preuves”, poursuit-elle

La robe noire ne s’est pas arrêtée en si bon chemin : « Le premier ministre est sorti pour nous dire qu’il y a une dette cachée. Il ne nous dit pas c’est quoi cette dette cachée ni comment cette dette a été cachée encore moins en quoi elle consiste. On ne dit pas qu’il y a une dette cachée pour aller après, faire recours à des cabinets internationaux (Mazars) pour valider sa parole. Sur quoi le gouvernement du Sénégal s’était fondé en septembre 2024 pour dire qu’il y a une dette cachée sans en apporter la moindre preuve. Il est clair que c’est après avoir accusé les gens qu’ils vont chercher des preuves. »

Me Pierre-Olivier Sur : «il n’y a pas de problème de dettes cachées au Sénégal. Le vrai sujet, ce sont les rapports cachés qui prétendent que la dette était dissimulée »

Convaincue de la violation de la loi par la Cour des comptes et du Ministère des Finances, conformément à la loi sur l’accès à l’information, Me Aïssata Tall Sall de poursuivre : « La Cour des comptes et le ministère des finances ont violé la loi en refusant de nous donner les documents. Qu’est-ce qu’ils ont à cacher dans ce rapport ? », s’interroge-t-elle.

Se voulant plus explicite, Me Pierre-Olivier Sur dira qu’il « n’y a pas de problème de dettes cachées au Sénégal. Le vrai sujet, ce sont les rapports cachés qui prétendent que la dette était dissimulée. » Il poursuit : « Premier rapport caché, le rapport de l’inspection des finances. C’est lui qui a allumé la polémique et qui a fait parler de dettes cachées. Mais ce rapport est confidentiel. Nul parmi vous ne peut dire l’avoir entre ses mains. Nous l’avons demandé, mais nous ne l’avons jamais reçu. Ensuite, le pré-rapport de la Cour des Comptes sur la dette dite cachée est également inaccessible. Malgré mes lettres envoyées il y a 15 jours au président de la Cour et au ministre des Finances, nous n’avons pas obtenu ce document. Enfin, il y a le rapport Mazars, qui est un cabinet indépendant d’audit. C’est le troisième rapport que vous mentionnez tous, mais personne ne l’a en réalité sous les yeux. Vous en parlez, mais vous ne l’avez pas entre vos mains. »

“Si nous n’avons pas ces documents, nous engagerons une réponse à la non-réponse de l’administration, graduée et dont vous entendrez parler, je vous assure”, prévient l’avocat français

D’ailleurs, à en croire Aissata Tall Sall, si l’ancien Président avait à se reprocher, il n’allait pas commettre des avocats pour laver son honneur. « C’est un devoir pour nous d’aller jusqu’au bout. Les avocats iront jusqu’au bout. On a écrit une première lettre, ils ont fait l’autruche feignant de ne rien voir. On ne lâchera pas parce qu’il est trop facile d’accuser les gens », lâche-t-elle. La députée nommée récemment première vice-présidente du Conseil d’administration du Réseau des parlementaires sur la Banque mondiale et le Fmi, regrette cette affaire qui a fortement écornée l’image du Sénégal. « Dans les couloirs du Fmi, et j’étais là-bas, le Sénégal est sur toutes les lèvres et cela fait mal. Même dans les temps les plus difficiles, le Sénégal n’a jamais eu de rupture avec le Fmi », révèle-t-elle.

«On ira jusqu’au bout ! On ne lâchera rien. C’est trop facile d’accuser les gens », ajoute Me Aïssata Tall Sall

En attendant d’y voir clair, Me Olivier Sur a invité les nouvelles autorités à « respecter les anciens ». « Quand on veut construire une maison ou une administration, il ne faudrait pas qu’en rajoutant un étage, on cherche à détruire les fondations ou l’étage du dessous. Parce qu’alors, tout s’écroulerait », prévient l’avocat. Et de conclure : « Si on respecte ce qui a été fait avant, par strates, on peut monter très haut, très vite et très bien. »

Amadou DIA (Actusen.sn)

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