La procédure s’est accélérée hier vendredi à Saint-Louis, où le nommé Mouhamed Bachir Syll, déjà identifié dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, a été présenté au parquet avant d’être déféré et placé sous instruction par le juge du deuxième cabinet du Tribunal de grande instance. Quelques heures plus tard, c’est finalement le juge d’instruction du premier cabinet qui a procédé à son placement sous mandat de dépôt, ouvrant ainsi une information judiciaire.
Mouhamed Syll placé sous mandat de dépôt par le juge d’instruction du premier cabinet du TGI de Saint-Louis pour offense au chef de l’État et diffusion de contenus sensibles
Selon les premiers éléments recueillis lors de son audition, l’homme a admis avoir lui-même enregistré la vidéo dans laquelle il déchire la photographie officielle du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Il a indiqué l’avoir envoyée à un ami résidant à Ziguinchor, sans intention initiale de la rendre publique.
Face aux enquêteurs, le mis en cause a confié que son père lui avait signifié « qu’il ignorait la gravité des actes qu’il venait de poser », insistant sur le caractère irréfléchi de son geste
Cependant, l’enquête a permis d’établir que la séquence a finalement été diffusée sur les réseaux sociaux par une femme établie en France, qui aurait reçu la vidéo par l’un des intermédiaires. Cette diffusion massive a déclenché la réaction des autorités judiciaires et conduit à l’ouverture d’une enquête pour déterminer les responsabilités et les éventuelles qualifications pénales liées à l’offense au chef de l’État et à la diffusion de contenus sensibles.
S’il avoue avoir envoyé la vidéo à son ami résidant à Ziguinchor, sans intention initiale de la rendre publique, la séquence aurait finalement été diffusée sur les réseaux sociaux par une femme établie en France, qui aurait reçu la vidéo par l’un des intermédiaires
Face aux enquêteurs, Mouhamed Bachir Syll a exprimé de « profonds regrets ». Il a confié que son père lui a signifié « qu’il ignorait la gravité des actes qu’il venait de poser », insistant sur le caractère irréfléchi de son geste. Cette version n’a cependant pas empêché les autorités de retenir des charges suffisantes pour justifier son incarcération provisoire.
Déféré dans la matinée d’hier, il a passé son premier jour en détention après la décision du magistrat instructeur. L’affaire reste désormais entre les mains de la justice, qui devra déterminer l’étendue des responsabilités ainsi que les implications juridiques de cet acte devenu viral dans un contexte politique sensible.
Actusen.sn
