La séance de questions d’actualité tenue mardi dernier à l’Assemblée nationale continue de susciter une vive polémique. Dans un communiqué conjoint rendu public hier, le Groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal et les députés non-inscrits ont dressé un réquisitoire sévère contre le déroulement des débats, qu’ils qualifient de « dévoiement grave de l’exercice démocratique ».
Elle crie au dérapage et dénonce des insultes et invectives en pleine plénière
Selon l’opposition parlementaire, la séance a été entachée par des propos jugés outrageants et contraires à l’article 64 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale (RIAN), qui exige un débat « serein, courtois et impersonnel ».
Ayib Daffe, accusé d’avoir traité des députés de l’opposition de « chiens et de chiots », et Alioune Dieye, qui se serait attaqué à la famille de l’honorable Anta Babacar Ngom
Des députés de la majorité sont nommément cités, notamment Ayib Daffe, accusé d’avoir traité des députés de l’opposition de « chiens et de chiots », et Alioune Dieye, qui se serait attaqué à la famille de l’honorable Anta Babacar Ngom. Pour l’opposition, ces dérapages sont d’autant plus graves que l’objectif de la séance était de permettre au Gouvernement d’apporter des réponses claires aux préoccupations urgentes des populations, conformément à l’article 104 du RIAN. « En aucune façon, des députés ne peuvent se substituer au Gouvernement, encore moins insulter des collègues qui exercent leur droit de questionner », martèlent Aïssata Tall Sall, Adama Diallo et Cie.
El Malick Ndiaye dans le viseur
Mais le cœur de la charge vise le président de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye. L’opposition l’accuse d’avoir violé le code de conduite pourtant adopté par consensus et rappelé solennellement à l’ouverture de la séance, en contradiction avec l’article 77 du RIAN. En cause : la décision d’accorder, « de son propre chef », cinq minutes supplémentaires au Premier ministre, tout en refusant toute possibilité de réplique aux députés. Une attitude que l’opposition assimile à un parti pris manifeste, permettant au chef du Gouvernement de multiplier les attaques verbales contre l’opposition sans répondre, selon elle, « aux vraies questions ».
L’avertissement solennel
Dans leur communiqué signé par Aïssata Tall Sall pour le Groupe parlementaire Jokku Wallu Sénégal et par Adama Diallo pour les députés non-inscrits, les parlementaires de l’opposition condamnent « vigoureusement » ces pratiques qu’ils jugent indignes de l’Institution. Ils prennent à témoin l’opinion nationale et internationale et préviennent qu’ils « sauront tirer toutes les conséquences de droit » de ces manquements qu’ils qualifient de graves. Un avertissement clair qui laisse présager de nouvelles tensions sous la coupole de l’Assemblée nationale.
Amadou DIA (Actusen.sn)
