La lutte contre la culture du chanvre indien dans la zone militaire N°5 continue de coûter cher aux « Jambaars ». Le 12 mars dernier, un détachement militaire est entré en contact avec un groupe d’individus armés dans la zone de Kadialock, au Nord-Sindian, près de la frontière gambienne. Le bilan est lourd : un mort et six blessés côté sénégalais, avec la disparition du Sergent-chef Nfally Sonko. Plusieurs assaillants ont également été neutralisés, selon des sources militaires. Mais le drame ne s’arrête pas là.
Après le décès du Sergent-chef Nfally Sonko, puis de Sergent Mounirou Badji ; Caporal-chef Assane Sène et Caporal-chef Moustapha Ndiaye, on annonce que le Capitaine André Senghor a succombé à ses blessures
Quelques jours plus tard, le 17 mars, un autre contingent déployé dans la même zone est frappé par une explosion accidentelle, faisant trois morts et trois blessés. Les soldats décédés sont Sergent Mounirou Badji ; Caporal-chef Assane Sène ; Caporal-chef Moustapha Ndiaye. Comme si cela ne suffisait pas, l’on nous annonce dans la foulée la mort du Capitaine André Senghor, ancien commandant de brigade de la 41ᵉ promotion, qui a succombé à ses blessures. Il faisait partie des blessés de l’explosion accidentelle dont fait part la Dirpa. Officier engagé, chef respecté et formateur exemplaire, le capitaine Senghor avait marqué de son empreinte indélébile les générations de sous-officiers qu’il a encadrées avec rigueur, discipline et sens élevé du devoir à l’ENSOA.
En moins d’une semaine, cinq militaires sénégalais ont ainsi perdu dans le cadre de cette opération qui vise à détruire les champs de chanvre indien, traquer les bandes armées actives dans la zone, sécuriser les populations civiles
C’est dire qu’en moins d’une semaine, cinq militaires sénégalais ont ainsi perdu la vie dans le cadre de cette opération. Toutefois, elle vise à détruire les champs de chanvre indien, traquer les bandes armées actives dans la zone, sécuriser les populations civiles. Selon la Direction de l’information et des relations publiques des Armées, ces interventions ont déjà permis de neutraliser plusieurs éléments hostiles et de réduire certaines activités illicites le long de la frontière gambienne.
Nord-Sindian : un enjeu stratégique majeur depuis l’opération “Nord-Bignona 2022”
Cette zone reste un théâtre sensible depuis l’opération “Nord-Bignona 2022”, qui avait permis de démanteler plusieurs bases de groupes armés et de freiner les trafics transfrontaliers. Cependant, le regain de tension observé ces derniers jours montre que la stabilisation reste fragile. Entre accrochages et accidents opérationnels, ces événements ravivent les inquiétudes, notamment sur les conditions d’engagement et la fiabilité de certains équipements militaires.
Amadou DIA (Actusen.sn)
