Dans un contexte marqué par une inquiétude grandissante autour de la recrudescence des comportements jugés contraires aux valeurs sociales et religieuses, le khalif général des Tidianes, Serigne Mbaye Sy Mansour, a lancé un appel ferme aux parents et à la société. À Tivaouane, lors de la cérémonie officielle de la Ziarra générale tenue hier, il a insisté sur l’éducation, la vigilance familiale et la préservation des repères, pointant notamment la nécessité de séparer garçons et filles dès le bas âge.
Le ton est bien connu du khalif des Tidiane. Devant autorités et fidèles, dont le ministre de l’Intérieur Mouhamadou Bamba Cissé, le khalif général des Tidianes, Serigne Mbaye Sy Mansour, n’a pas mâché ses mots sur l’évolution des mœurs au Sénégal.
Lors de la cérémonie officielle de la Ziarra générale de Tivaouane hier, le khalif des Tidianes n’a pas mâché ses mots à travers la déclaration qu’il a fait transmettre : « Ce qui se passe dans notre société est devenu inquiétant. […] On veut même mettre de côté la religion pour vivre comme des animaux »
Par la voix de Serigne Moustapha Sy Al Amine, le khalif général des Tidianes dresse un constat sans détour : « Ce qui se passe dans notre société est devenu inquiétant. Le Sénégal n’a jamais été comme ça. Qu’on le dise ou pas. Ce qui était banni est devenu presque la norme. On veut même mettre de côté la religion pour vivre comme des animaux. Nous devons tous nous lever pour situer les responsabilités afin d’y trouver des solutions. »
Sur les dérives qu’il juge préoccupantes, Serigne Mbaye Sy Mansour exhorte les parents à séparer les garçons des filles : « Les garçons et les filles ne doivent pas partager la même chambre. Certains comportements déviants sont adoptés dès le bas âge »
Dans un contexte où certains dénoncent une banalisation d’actes contraires aux valeurs traditionnelles, le guide religieux place les parents au cœur de la riposte. D’emblée, dans sa déclaration, le Khalif insiste sur une mesure qu’il juge essentielle dans l’éducation : « Le khalif exhorte les parents à séparer les filles et les garçons. » Se voulant plus explicite, le porte-parole du Khalif de poursuivre : « Les garçons et les filles ne doivent pas partager la même chambre. Certains comportements déviants sont adoptés dès le bas âge. »
« Partout où on forme des enfants, que ça soit à l’école, au daara, dans les internats, il faut veiller davantage à leur bien-être, à leur habillement, à leur alimentation, à leur comportement
Au-delà de la séparation physique, c’est tout l’environnement éducatif que le Khalif appelle à encadrer strictement : « Partout où on forme des enfants, que ça soit à l’école, au daara, dans les internats, il faut veiller davantage à leur bien-être, à leur habillement, à leur alimentation, à leur comportement. Il y a va du bon fonctionnement de la société. »
« Il faut davantage contrôler les films qu’ils regardent sur leur smartphone, contrôler leurs relations avec le monde extérieur »
Ne s’arrêtant pas en si bon chemin. Le Khalif met également en garde contre l’exposition précoce aux contenus numériques : « Il faut davantage contrôler les films qu’ils regardent sur leur smartphone, contrôler leurs relations avec le monde extérieur. » Et de rappeler que l’exemple parental reste déterminant : « Un père qui fume devant ses enfants, qui regarde des films érotiques sous leur regard, ne peut les éduquer dans le droit chemin. »
« Un père qui fume devant ses enfants, qui regarde des films érotiques sous leur regard, ne peut les éduquer dans le droit chemin »
Le Khalif va plus loin en évoquant la précocité de certaines curiosités chez l’enfant : « Car à 10 ans, l’enfant commence à ressentir du plaisir. Il commence à vouloir découvrir beaucoup de choses. Il contrôle les propos de son père, il cherche à savoir la relation de son père avec sa mère. Il cherche à en savoir autant pour sa maman. Il copie tout chez ses parents à cet âge pour l’appliquer plus tard à l’âge adulte. »
« Pour qu’une société soit homogène, les gens doivent se respecter mutuellement»
Ce n’est pas tout. Le guide religieux appelle à une société plus respectueuse et solidaire : « Le Khalif exhorte également à maîtriser nos propos au risque de ne pas heurter certaines sensibilités. Pour qu’une société soit homogène, les gens doivent se respecter mutuellement », dira le porte-parole. Dans un élan de cohésion sociale, il conclut : « Soyons solidaires les uns envers les autres. Quelqu’un est malade, aidons-le à se soigner. Quelqu’un a des dettes, aidons-le à s’en acquitter. C’est ce qu’a toujours exhorté le Prophète (Psl). »
Amadou DIA (Actusen.sn)
