Après plus de vingt heures de négociations ininterrompues, le gouvernement et les syndicats du G7 ont conclu un protocole d’accord. Entre engagements fermes et zones de friction persistantes, l’exécutif tente d’arracher une paix sociale durable dans un secteur éducatif sous pression.
La rencontre aura été longue, éprouvante et décisive. Ouverte le lundi 13 dernier, la session de travail entre le gouvernement et les syndicats du G7 s’est achevée hier, scellant un protocole d’accord présenté comme une étape majeure vers la stabilisation du système éducatif.
Après le dialogue qui aura duré près de 4 jours, le gouvernement et le G7 actent un protocole d’accord présenté comme une étape majeure vers la stabilisation du système éducatif
Au cœur des discussions, la nécessité de « parachever et stabiliser » un texte capable d’éteindre durablement les tensions sociales. Sur ce point, l’État a multiplié les engagements, en tentant de répondre à des revendications anciennes et souvent sensibles. Parmi les mesures phares, la réforme du système de retraite marque un tournant.
Sur la réforme du système de retraite, le gouvernement valide le principe d’un allongement de l’âge de départ à 65 ans
Le gouvernement valide le principe d’un allongement de l’âge de départ à 65 ans, tout en ouvrant la voie à une refonte plus globale du dispositif, incluant le reversement au Fonds national de retraite. Une orientation qui, si elle se confirme, pourrait profondément modifier les équilibres actuels.
L’exécutif promet une accélération notable à travers la digitalisation progressive des actes administratifs d’ici 2026 et 2027, mais aussi la mise en place de guichets pour lutter contre les lenteurs administratives
Autre axe fort, la lutte contre les lenteurs administratives. L’exécutif promet une accélération notable à travers la digitalisation progressive des actes administratifs d’ici 2026 et 2027, mais aussi la mise en place de guichets uniques pour simplifier les procédures. L’interconnexion des plateformes de gestion, longtemps annoncée, est également réaffirmée avec une échéance fixée à fin 2026.
Dans la même veine, le gouvernement s’engage à régulariser les titres fonciers et à lancer des programmes de logements « clés en main » pour les acteurs du secteur
Sur le plan social, des avancées sont également annoncées. Le gouvernement s’engage à régulariser les titres fonciers et à lancer des programmes de logements « clés en main » pour les acteurs du secteur. À cela s’ajoute un effort sur les infrastructures scolaires, avec la résorption annoncée des abris provisoires et une amélioration de la connectivité et des équipements.
Pour les salaires, l’État promet la correction des surimpositions, le remboursement des trop-perçus et l’apurement des arriérés à l’horizon 2028
La question salariale, elle, reste centrale. L’État promet la correction des surimpositions, le remboursement des trop-perçus et l’apurement des arriérés à l’horizon 2028. Le régime indemnitaire sera élargi, avec un paiement annoncé dès octobre 2026 pour certaines indemnités, tandis qu’une réforme globale du système de rémunération est attendue entre 2026 et 2027.
Le gouvernement promet également de solder les indemnités dues aux intervenants des CRFPE d’ici juin 2026
Concernant les examens et concours, plusieurs innovations sont prévues, notamment la digitalisation des paiements et la réforme du Fonds d’appui dédié. Le gouvernement promet également de solder les indemnités dues aux intervenants des CRFPE d’ici juin 2026.
Mais derrière ces annonces, des lignes de fracture subsistent. La question de la défiscalisation totale des rappels continue de diviser, l’État invoquant un coût jugé trop élevé. De même, la réforme de la retraite, notamment le passage à 65 ans et le statut des décisionnaires, reste un sujet sensible, renvoyé à des études complémentaires. Également, la problématique du reclassement des instituteurs en B2, tout comme certaines implications juridiques des nouveaux décrets, demeure en suspens, preuve que le compromis trouvé reste fragile.
Amadou DIA (Actusen.sn)
