En clôturant les 48 heures de PASTEF à Mbacké, marquées notamment par l’inauguration du siège départemental du parti, le président de l’Assemblée nationale et président de PASTEF, Ousmane Sonko, a livré un discours offensif. Il a vivement critiqué le Conseil constitutionnel, dénoncé les choix du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Al Amine Lo, tout en promettant de poursuivre le vote de textes à l’Assemblée nationale et de combattre toute remise en cause par le gouvernement des renégociations de contrats stratégiques.
À Mbacké, Ousmane Sonko n’a épargné ni le Conseil constitutionnel, ni le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, encore moins le Premier ministre, Al Amine Lo.
“Le Conseil constitutionnel cherche à nous imposer des lois qui conviennent au président de la République. Ce qui est en train de se passer est d’une extrême gravité ; le moment venu, je révélerai les véritables raisons qui ont motivé leur décision”
Le président de l’Assemblée nationale a d’abord mis en cause la haute juridiction au sujet de la révision constitutionnelle. « Le Conseil constitutionnel cherche à nous imposer des lois qui conviennent au président de la République. Ce qui est en train de se passer est d’une extrême gravité. Même des personnes qui ne sont pas juristes savent que, dans le dossier de la révision constitutionnelle, le Conseil constitutionnel n’a pas correctement dit le droit. Le moment venu, je révélerai les véritables raisons qui, selon moi, ont motivé cette décision », a-t-il déclaré.
“En ce qui me concerne, je n’accepterai jamais de présider une séance au cours de laquelle, le gouvernement imposera la procédure du vote bloqué ; que le président Bassirou Diomaye Faye se prépare à saisir le Conseil constitutionnel chaque semaine, car nous continuerons à voter des lois”
Poursuivant son intervention, le président de PASTEF a assuré qu’il ne cautionnera jamais le recours au vote bloqué à l’Assemblée nationale. « En ce qui me concerne, et tant que je serai président de l’Assemblée nationale, je n’accepterai jamais de présider une séance au cours de laquelle, tant que je serai président de l’Assemblée nationale, le gouvernement imposera la procédure du vote bloqué. Que le président Bassirou Diomaye Faye se prépare à saisir le Conseil constitutionnel chaque semaine, car nous continuerons à voter des lois », a-t-il affirmé.
« Al Amine Lo, a décidé, lors d’une réunion, d’annuler tous les contrats que notre gouvernement avait réussi à renégocier. Il affirme que sa priorité est de préserver le climat des affaires. S’il persiste dans cette voie, nous déposerons des motions de censure et autant qu’il faut. Nous n’accepterons pas qu’il joue avec les intérêts du pays »
Ousmane Sonko s’en est également pris au Premier ministre, Al Amine Lo, qu’il accuse de revenir sur les renégociations engagées sous son gouvernement. « Le Premier ministre, Al Amine Lo, a décidé, lors d’une réunion, d’annuler tous les contrats que notre gouvernement avait réussi à renégocier. S’agissant notamment des dossiers des ICS, de Yakaar Teranga et de GTA, toutes les renégociations sont en train d’être remises en cause. Il affirme que sa priorité est de préserver le climat des affaires. S’il persiste dans cette voie, nous déposerons des motions de censure et autant qu’il faut. Nous n’accepterons pas qu’il joue avec les intérêts du pays », a-t-il averti.
« Avec le recul, j’ai fini par comprendre que Bassirou Diomaye Faye était en train de se constituer un carnet d’adresses afin de créer son propre parti à partir de notre parti »
Revenant sur ses relations avec le chef de l’État, le président de PASTEF a estimé que Bassirou Diomaye Faye cherchait à bâtir sa propre formation politique. « Avec le recul, j’ai fini par comprendre que Bassirou Diomaye Faye était en train de se constituer un carnet d’adresses afin de créer son propre parti à partir de notre parti. Il doit revenir à la raison, car son acte a, au contraire, redynamisé davantage le PASTEF », a-t-il soutenu. Dans la même veine, Ousmane Sonko a lancé un défi au président de la République. « Qu’il renvoie, s’il le souhaite, tous les directeurs généraux issus du PASTEF dès mercredi prochain. Je le mets au défi d’organiser les élections. Il constatera alors par lui-même qu’il ne représente pas une véritable force dans ce pays, même pour ceux qui sont autour de lui et qui n’ont aucune base politique », a-t-il déclaré.
“Il a rangé son balai depuis longtemps. Au Sénégal, on a fini par banaliser le détournement de deniers publics et la corruption…”
Ce n’est pas tout. Le président de l’Assemblée nationale a exprimé sa déception à l’égard de Bassirou Diomaye Faye, estimant qu’il s’était éloigné des valeurs qu’il incarnait. « Lorsque j’ai porté mon choix sur lui, il n’avait pas pourtant parlé de messianisme. Plus tard, il se rendra compte que les Sénégalais sont profondément déçus de lui, car il a abandonné depuis longtemps les principes qu’il incarnait. Il a rangé son balai depuis longtemps. Au Sénégal, on a fini par banaliser le détournement de deniers publics et la corruption. Aujourd’hui, détourner des milliards semble permis dès lors que l’on est un homme politique », dira Ousmane Sonko.
Amadou DIA (Actusen.sn)
