L’Alliance Pour la République (Apr) a publié un communiqué pour dénoncer le débauchage des élus locaux (Maires, Conseillers municipaux, conseillers départementaux et Présidents de Conseil départemental) orchestré à travers la mise en place du parti présidentiel. «Présentée comme un simple réalignement politique, cette entreprise constitue, en réalité, une profonde altération de la volonté populaire exprimée par les urnes. En effet, les citoyens n’élisent pas seulement des femmes et des hommes. Ils accordent leur confiance à un projet politique, à une vision, à des engagements et à un contrat moral passé avec une formation politique. Lorsque l’élu local abandonne, en cours de mandat, cette appartenance, sans remettre celui-ci en jeu devant les électeurs, il détourne, manifestement le sens du suffrage universel», souligne le document.
«L’Apr considère que la transhumance politique constitue une rupture du pacte démocratique, vide le vote de sa substance, dénature la représentation nationale et locale, et transforme le mandat électif en un patrimoine individuel librement négociable au gré des intérêts du moment»
L’Alliance Pour la République (Apr) considère que la transhumance politique n’est donc pas un simple choix personnel. «Elle constitue une rupture du pacte démocratique. Elle vide le vote de sa substance, dénature la représentation nationale et locale, et transforme le mandat électif en un patrimoine individuel librement négociable au gré des intérêts du moment», lit-on. Plus grave encore, ajoute le communiqué lorsqu’elle est organisée par le pouvoir en place, qui la dénonçait, vigoureusement, hier, la transhumance devient un instrument de fabrication artificielle de majorités politiques. «Elle ne valide pas l’adhésion populaire, mais renforce la capacité de l’État à attirer, séduire ou récupérer des élus au moyen des leviers du pouvoir», dit-elle.
«L’APR réaffirme qu’un élu local qui choisit, librement, de quitter le parti sous les couleurs duquel il a été élu, doit, par respect pour ses électeurs, remettre, immédiatement, son mandat à leur appréciation»
Pour l’Alliance Pour la République (Apr), un tel phénomène réduit, naturellement, l’action politique à une simple opération de transfert de voix, dénuée de toute véritable expression de la volonté populaire. «Il dépasse, par conséquent, la logique des parcours individuels, pour devenir le miroir grossier d’une structure permettant le recyclage des élites, au détriment de la transparence démocratique. C’est pourquoi, l’APR réaffirme qu’un élu local qui choisit, librement, de quitter le parti sous les couleurs duquel il a été élu, doit, par respect pour ses électeurs, remettre, immédiatement, son mandat à leur appréciation. Car, la liberté de conscience de l’élu ne saurait prévaloir sur le droit du citoyen et au respect de son vote», mentionne la note.
«Tout changement volontaire d’appartenance politique intervenant en cours de mandat, devrait entraîner, entre autres mécanismes et sauf pour les élus indépendants, la vacance automatique du siège et l’organisation d’un nouveau scrutin permettant au peuple souverain de confirmer ou non son choix»
Face à cette situation, l’Alliance pour la république appelle à l’ouverture d’une réforme profonde du statut des élus afin d’instaurer un mécanisme clair mettant fin à cette dérive, profondément antidémocratique. «Tout changement volontaire d’appartenance politique intervenant en cours de mandat, devrait entraîner, entre autres mécanismes et sauf pour les élus indépendants, la vacance automatique du siège et l’organisation d’un nouveau scrutin permettant au peuple souverain de confirmer ou non son choix. L’APR restera mobilisée pour défendre l’éthique républicaine, la sincérité du suffrage et le respect absolu de la volonté populaire, sans lesquels aucune démocratie ne peut durablement prospérer», conclut le communiqué.
