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Aser, Yakaar Teranga, emplois, électricité : Thierno Alassane Sall charge sévèrement le régime en place

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Face à la presse, Thierno Alassane Sall a livré une charge frontale contre la gestion du pouvoir de  Bassirou Diomaye Faye. Le leader de la République des valeurs a passé en revue plusieurs sujets qui cristallisent les préoccupations du moment : le 24e anniversaire du naufrage du Joola, les licenciements dans plusieurs structures, les difficultés du secteur des BTP, les coupures d’électricité et le dossier ASER-AEE Power. Derrière ces dossiers distincts, l’opposant voit un même problème : celui de la capacité de l’État à protéger les citoyens, préserver les emplois et assurer une gestion rigoureuse des ressources publiques.

Le Joola : 24 ans après, « les leçons n’ont pas été retenues »

En ce jour anniversaire du naufrage du Joola, Thierno Alassane Sall s’est d’abord incliné devant la mémoire des victimes et a renouvelé son appel à faire toute la lumière sur cette catastrophe. Pour lui, le 26 septembre 2002 ne doit pas seulement être une date de commémoration. Le drame doit continuer à interroger la capacité de l’État à anticiper les risques, prévenir les catastrophes et protéger les populations. L’opposant estime ainsi que les leçons du Joola n’ont pas été suffisamment tirées. Il établit un parallèle avec les décès en mer liés à l’émigration clandestine, les accidents de la route et les autres catastrophes qui continuent d’endeuiller le pays. À ses yeux, cette succession de drames traduit des insuffisances persistantes dans les politiques de prévention et de sécurité. Cette question de la protection des citoyens constitue d’ailleurs, dans son intervention, le point de départ d’une critique plus large de l’action publique. Car pour Thierno Alassane Sall, la responsabilité de l’État ne s’arrête pas à la sécurité physique des populations. Elle concerne également leur capacité à conserver leur emploi et à vivre dans des conditions économiques dignes.

Licenciements : TAS réclame la réintégration des travailleurs

C’est dans cette logique que le leader de la République des valeurs a ensuite abordé la question des licenciements intervenus dans plusieurs structures. Il réclame la réintégration des travailleurs concernés, estimant que la préservation de l’emploi doit constituer une priorité dans un contexte économique déjà difficile. Thierno Alassane Sall conteste notamment les arguments fondés sur des motifs économiques. Selon lui, ces justifications pourraient, dans certains cas, servir de couverture à l’éviction de travailleurs au profit de militants. Une accusation politique lourde, que le pouvoir devrait, selon lui, pouvoir documenter ou réfuter. Pour l’opposant, derrière chaque licenciement se trouve une réalité sociale qui dépasse les chiffres et les procédures administratives. « Réintégrer, c’est redonner leur dignité », soutient-il, en faisant de la question de l’emploi un enjeu à la fois économique et social. Dans ce contexte, il salue les démarches engagées par l’actuel directeur général du Port autonome de Dakar en faveur de la réintégration de travailleurs licenciés sous l’ancienne direction de Waly Diouf Bodian. Mais il considère que ces initiatives ne sauraient constituer une réponse suffisante à la crise de l’emploi. La question dépasse, selon lui, les seules entreprises publiques ou parapubliques. Elle touche également le secteur privé, notamment les BTP, confrontés à des difficultés qui menacent directement les emplois. Thierno Alassane Sall appelle ainsi à relancer l’activité et à régler les sommes dues aux entreprises afin de permettre la reprise des chantiers et d’éviter une aggravation des suppressions d’emplois. De l’emploi à l’énergie, son intervention conserve ainsi le même fil conducteur : celui des conséquences concrètes des choix de gouvernance sur la vie quotidienne des Sénégalais.

Coupures d’électricité : « une crise de la honte »

C’est toutefois sur la situation énergétique que le ton s’est encore durci. Thierno Alassane Sall attribue les coupures enregistrées ces dernières semaines à ce qu’il qualifie de « gestion catastrophique » du secteur et refuse de réduire la situation à une simple succession d’incidents techniques. L’opposant conteste notamment les explications faisant état de sabotages. Il réclame une communication plus transparente sur les causes des perturbations et estime que l’ensemble des acteurs concernés, y compris le secteur privé, devrait être davantage associé à la recherche de solutions. Pour lui, la question énergétique est d’autant plus préoccupante qu’elle produit des effets en cascade. Les ménages subissent les coupures, les entreprises voient leur activité perturbée et les secteurs déjà fragilisés, comme les BTP, peuvent difficilement fonctionner normalement dans un environnement marqué par l’instabilité de l’approvisionnement. Thierno Alassane Sall parle ainsi d’une « crise de la honte » et oppose les difficultés actuelles à la situation énergétique que le Sénégal avait connue auparavant. Dans son argumentaire, il rappelle notamment que le pays avait été en mesure d’exporter de l’électricité vers des États voisins. À cette situation s’ajoute, selon lui, le poids des factures supportées par les consommateurs. L’opposant s’interroge sur le paradoxe d’un système dans lequel les ménages continuent de payer leurs factures alors même qu’ils sont confrontés à des interruptions du service. Pour lui, cette situation nourrit le sentiment d’injustice chez les usagers et renforce la nécessité d’une explication claire des choix opérés dans le secteur. Mais au-delà des coupures et de la question des factures, Thierno Alassane Sall veut déplacer le débat vers la gouvernance du secteur. C’est ce qui l’amène à évoquer un autre dossier qu’il considère comme emblématique des difficultés de gestion des ressources publiques : celui de l’ASER et d’AEE Power.

ASER-AEE Power : le dossier qui durcit le ton

Dans la dernière partie de son intervention, Thierno Alassane Sall a consacré une large place au dossier ASER-AEE Power. Il affirme que 37 milliards de francs CFA ont été versés à l’entreprise dans le cadre d’un projet destiné à électrifier plus de 1 600 villages, alors que les réalisations seraient restées très limitées. Selon le député, les autorités avaient été alertées dès 2024 sur les difficultés d’exécution du marché. Il leur reproche de ne pas avoir pris, selon lui, les mesures nécessaires pour protéger les intérêts de l’État et des populations rurales concernées. Ce dossier prend une dimension particulière dans son argumentaire, puisqu’il établit un lien direct entre la gestion des ressources publiques et l’accès à un service essentiel. Pour l’opposant, l’électrification rurale ne peut être dissociée des questions de pauvreté, d’inégalités territoriales et de développement local. Thierno Alassane Sall s’interroge également sur le projet de décaissement de 1,5 milliard de francs CFA mentionné dans le projet de loi de finances rectificative 2026 pour le règlement d’une facture liée à l’entreprise. Il demande des explications sur la poursuite de ce processus alors que, selon lui, les interrogations sur l’exécution du marché demeurent. C’est à ce stade qu’il élargit sa critique à la question du traitement des dossiers par les autorités. Thierno Alassane Sall dénonce ce qu’il considère comme un « deux poids, deux mesures », comparant le dossier ASER-AEE Power à d’autres affaires ayant donné lieu à des enquêtes ou à des procédures judiciaires.

L’opposant prend toutefois soin de rappeler que les responsabilités individuelles doivent être établies par la justice. Sa critique porte, dit-il, sur la nécessité d’appliquer les mêmes exigences de transparence et de reddition des comptes à l’ensemble des dossiers impliquant des ressources publiques.

L’État face à ses responsabilités

À travers ces différents sujets, Thierno Alassane Sall cherche finalement à construire une même lecture de la situation nationale. Du Joola aux licenciements, des BTP à la crise de l’électricité, jusqu’au dossier ASER-AEE Power, il met en avant la question de la responsabilité de l’État et de la protection des citoyens. Son intervention ne se limite donc pas à une succession de critiques sectorielles. Elle vise plus largement la manière dont les autorités répondent aux difficultés économiques et sociales, gèrent les services essentiels et rendent compte de l’utilisation des ressources publiques. Sur le terrain judiciaire, l’opposant annonce par ailleurs la poursuite de ses démarches au Sénégal et en Espagne autour du dossier ASER-AEE Power. Il prévoit également des actions de terrain dans les villages concernés afin, dit-il, d’informer les populations et de défendre leurs droits. Avec cette sortie, Thierno Alassane Sall durcit ainsi son discours à l’égard du pouvoir de Bassirou Diomaye Faye. Son réquisitoire repose sur trois préoccupations majeures : la protection des citoyens, la préservation des emplois et la gestion de l’énergie et des ressources publiques. Autant de dossiers sur lesquels il demande au gouvernement des réponses concrètes et une plus grande exigence de transparence.

Actusen.ssn

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