Après des années de service dans l’enseignement, les enseignants décisionnaires retraités dénoncent le faible niveau de leurs pensions. L’Association des enseignants retraités décisionnaires du Sénégal déplore des allocations inférieures à 100 000 FCFA, malgré des salaires de fin de carrière dépassant parfois 500 000 FCFA. Ces anciens enseignants réclament une pension à la hauteur de leur parcours professionnel et de leurs responsabilités familiales.
Ils ont consacré une bonne partie de leur vie à l’éducation et à la formation des générations successives. Après plusieurs années de service, les enseignants décisionnaires ont été admis à faire valoir leurs droits à une pension de retraite. Mais, au moment de quitter définitivement les salles de classe, ces anciens agents de l’État disent se retrouver face à une réalité difficile : des pensions qu’ils jugent dérisoires au regard des salaires qu’ils percevaient en activité.
L’Association des enseignants retraités décisionnaires du Sénégal déplore des allocations inférieures à 100 000 FCFA, malgré des salaires de fin de carrière dépassant parfois 500 000 FCFA
« Depuis belle lurette, les enseignants décisionnaires retraités admis à faire valoir leurs droits à une pension de retraite n’en bénéficient pas », déplorent-ils. Selon l’Association des enseignants retraités décisionnaires du Sénégal, ces anciens enseignants devraient percevoir une pension correspondant à 65 % de leur dernier salaire, au titre d’une retraite normale. Or, ils affirment ne recevoir que des sommes inférieures à 100 000 FCFA par mois, alors que certains d’entre eux percevaient des salaires supérieurs à 500 000 FCFA avant leur départ à la retraite.
Or, selon eux, ils devraient percevoir une pension correspondant à 65 % de leur dernier salaire, au titre d’une retraite normale
Derrière ces chiffres, ces retraités racontent un parcours professionnel marqué par plusieurs étapes, depuis les premières années de service jusqu’à leur admission à la retraite. Ils évoquent notamment quatre années de volontariat passées « en pleine brousse », avec une bourse qu’ils qualifient de « déplorable », fixée à 50 000 FCFA. À cette période ont succédé deux années de contractualisation, rémunérées à hauteur de 75 000 FCFA.
« La retraite ne doit pas être une punition », disent-ils
Après l’obtention du Certificat d’aptitude pédagogique (CAP), ils ont intégré la fonction publique en qualité d’enseignants décisionnaires, statut qu’ils ont conservé jusqu’à leur départ à la retraite. Aujourd’hui, au terme de ce parcours, ils disent ne pas comprendre le niveau de pension qui leur est servi. « Nous avons servi loyalement notre pays », rappellent-ils, en mettant en avant les années consacrées à l’enseignement et les conditions dans lesquelles ils ont commencé leur carrière. Une fois à la retraite, leur situation financière devient, selon leur témoignage, une source de préoccupation, d’autant qu’ils doivent continuer à assumer leurs charges familiales.
« Nous avons servi loyalement notre pays »,
« Nous avons des responsabilités, car nous avons des familles à entretenir », soulignent-ils. Pour ces anciens enseignants, le passage à la retraite ne signifie pas la disparition des obligations quotidiennes. Les dépenses liées à la famille demeurent, alors que les revenus mensuels connaissent, selon eux, une baisse considérable.
Le sentiment d’injustice est d’autant plus fort qu’ils comparent leur situation à celle de leurs anciens collègues fonctionnaires. D’après l’association, ces derniers, avec lesquels ils affirment avoir partagé le même grade et exercé le même travail, percevraient des pensions comprises entre 100 000 et 250 000 FCFA. Une différence qu’ils dénoncent au regard des fonctions exercées et des années de service accomplies. « Quelle injustice », s’indignent-ils, en mettant en cause les écarts de traitement entre des agents qui, selon leur description, ont travaillé dans les mêmes conditions et assumé les mêmes missions au service de l’éducation nationale.
Face à cette situation, l’Association des enseignants retraités décisionnaires du Sénégal formule une revendication centrale : « À travail égal, salaire égal et pension salariale égale. » À travers cet appel, ses membres demandent que leurs pensions tiennent compte de leur parcours professionnel et qu’ils puissent bénéficier, à la retraite, de revenus qu’ils estiment conformes aux services rendus à la nation : « La retraite ne doit pas être une punition. »
Actusen.sn
