La majorité parlementaire PASTEF-Les Patriotes a systématiquement voté contre plusieurs projets de budget soumis à l’examen des commissions de l’Assemblée nationale. De la Présidence de la République à la Primature, en passant par l’Assemblée nationale, les juridictions supérieures, le ministère de l’Industrie et du Commerce et celui de l’Enseignement supérieur, aucun des budgets examinés n’a échappé à la sanction des députés.
Le passage des ministres devant les commissions de l’Assemblée nationale tourne à une succession de votes défavorables. Depuis ce samedi, la majorité parlementaire PASTEF-Les Patriotes oppose son veto aux différents projets de budget soumis à son appréciation, dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances 2027. Une série de rejets qui concerne aussi bien les institutions de la République que plusieurs départements ministériels.
La majorité parlementaire PASTEF-Les Patriotes a systématiquement voté contre plusieurs projets de budget soumis à l’examen des commissions de l’Assemblée nationale ; de la Présidence de la République à la Primature, en passant par l’Assemblée nationale, les juridictions supérieures, le ministère de l’Industrie et du Commerce et celui de l’Enseignement supérieur, aucun des budgets examinés n’a reçu l’avis favorable des députés
La Commission des Finances et du Contrôle budgétaire, présidée par l’honorable Alphonse Sambou, a ouvert le bal, samedi, en rejetant les projets de recettes et de dette publique, ainsi que les projets de budget de la Présidence de la République, de la Primature, de l’Assemblée nationale, du Conseil constitutionnel, de la Cour suprême et de la Cour des comptes.
Les commissaires disent soulever des incohérences dans certains chiffres et remettent en cause la sincérité des prévisions budgétaires, après avoir réclamé la transmission de la loi de règlement 2025 et d’autres pièces justificatives jugées indispensables à l’appréciation des propositions gouvernementales
En présence du ministre de l’Économie, des Finances, du Budget et du Plan, Cheikh Diba, accompagné de Bassirou Sarr, chargé du Budget, et d’Allé Nar Diop, chargé de l’Économie, du Plan et de la Coopération, les commissaires ont notamment soulevé des incohérences dans certains chiffres et mis en cause la sincérité des prévisions budgétaires. Ils ont également réclamé la transmission de la loi de règlement 2025 et d’autres pièces justificatives jugées indispensables à l’appréciation des propositions gouvernementales.
Le ministère de l’Industrie et du Commerce, et le ministère de l’Enseignement supérieur ont également essuyé un vote défavorable
Les différentes enveloppes présentées n’ont finalement pas convaincu les députés. Le budget de la Présidence de la République était arrêté à 223,86 milliards de FCFA, contre 204,54 milliards en 2026. Celui de l’Assemblée nationale s’établissait à 21,11 milliards, contre 22,30 milliards l’année précédente. Le Conseil constitutionnel devait bénéficier d’une dotation de 1,50 milliard, tandis que la Cour suprême et la Cour des comptes étaient respectivement créditées de 4,69 milliards et 13,07 milliards de FCFA. Tous ces projets ont été rejetés au terme des échanges.
Le même jour, samedi, le ministère de l’Industrie et du Commerce a également essuyé un vote défavorable. La Commission des Finances et du Contrôle budgétaire, élargie à la Commission des Affaires économiques, a rejeté le projet de budget défendu par le ministre Serigne Guèye Diop.
Pour 2027, le département était crédité de 62,86 milliards de FCFA en autorisations d’engagement et de 58,71 milliards en crédits de paiement. Des prévisions en nette diminution par rapport à l’exercice précédent. Les autorisations d’engagement passent d’environ 356 milliards à 62,86 milliards de FCFA, soit une baisse de 82,34 %. Les crédits de paiement connaissent également une contraction de 60,89 %, passant d’environ 150,13 milliards à 58,71 milliards de FCFA.
Au cours des discussions, les députés ont exprimé des réserves sur la sincérité budgétaire et le niveau des ambitions affichées, jugé insuffisant au regard des enjeux du développement industriel et commercial. Au terme des débats, la majorité des membres des deux commissions a voté contre le projet.
Ce n’est pas tout. Hier dimanche, c’était au tour du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) de faire les frais de cette dynamique de rejet. La Commission des Finances et du Contrôle budgétaire, élargie à la Commission de l’Éducation, de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs, a voté contre l’ensemble des projets de budget du département dirigé par Boubacar Camara. Réunis à partir de 10 heures, les députés ont entendu le ministre présenter les grandes lignes de son budget. Celui-ci est arrêté à 303,7 milliards de FCFA en crédits de paiement, contre 301 milliards inscrits dans la loi de finances initiale de 2026. Les autorisations d’engagement s’élèvent, quant à elles, à 344,6 milliards de FCFA, un montant qui prend notamment en compte les engagements pluriannuels des partenaires du ministère pour la construction des Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (ISEP).
Mais les explications du ministre n’ont pas levé les réserves des parlementaires. Les échanges ont notamment porté sur des incohérences relevées dans les données chiffrées, ainsi que sur la sincérité et la fiabilité des prévisions budgétaires présentées. À l’issue des débats, les commissaires ont, à la majorité, rejeté l’ensemble des projets soumis à leur examen.
Ainsi, en l’espace de deux jours, plusieurs institutions de la République et départements ministériels ont vu leurs projets de budget recalés en commission. Une série de votes qui porte la marque de la majorité parlementaire PASTEF-Les Patriotes, dont les suffrages ont fait basculer les délibérations. L’examen du budget 2027 se poursuit dans un climat marqué par ces rejets successifs.
Amadou DIA (Actusen.sn)
