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Russie: face aux manifestants, Poutine choisit la manière forte

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En Russie, Vladimir Poutine ne fait décidément pas dans la dentelle avec ses opposants: plus de 1500 d’entre eux ont été arrêtés, lundi 12 juin, à travers tout le pays en marge de nouvelles manifestations contre le pouvoir et contre la corruption. Parmi eux, l’opposant numéro un à l’homme fort du Kremlin: Alexeï Navalny, condamné à trente jours de prison, la peine maximale encourue. Il a été reconnu coupable d’avoir appelé à des rassemblements n’ayant pas été autorisés par les autorités. A moins d’un an de la présidentielle, le président russe ne cède rien.

Avec notre correspondante à Moscou,Muriel Pomponne

Vladimir Poutine ne cède rien et son adversaire non plus, car on peut désormais parler d’adversaire, même si Alexeï Navalny ne peut pas, pour l’instant, être candidat à la présidentielle à cause de sa condamnation du 8 février dernier à cinq ans de prison avec sursis pour détournement de fond.

Les deux hommes ont donc décidé de jouer la politique du pire. Alexeï Navalny aurait fort bien pu accepter de manifester sur l’avenue Sakharov, qui est en centre-ville, et sur laquelle se sont déroulées les grandes manifestations de l’hiver 2012. En choisissant d’aller sur l’avenue Tverskaïa, qui donne directement sur la place Rouge, il savait que son mouvement aurait plus de visibilité. Il savait que les forces de l’ordre interviendraient malgré les mots rassurant de la municipalité, qui avait affirmé qu’elle laisserait faire s’il n’y avait pas de provocation.

L’intervention violente de la police

Or, il n’y a pas eu de provocation, aucune agressivité de la part des manifestants. Et la police est intervenue violemment. Vladimir Poutine a signé un decret interdisant toute manifestation depuis le 1er juin et pour la période de la Coupe de la confédération. Il lui était impossible de se déjuger. Son image est celle d’un homme à poigne, qui ne tolère pas le désordre, et cette image plait à une bonne partie de la population russe.

Les deux adversaires jouent donc la politique du pire sur le dos des jeunes. Une arrestation équivaut à de grosses difficultés pour faire des études, pour avoir son passeport et pouvoir voyager. Un journaliste politique écrit aujourd’hui : « En réponse aux actions insensées des autorités, une partie de l’opposition a désormais recours à des méthodes risquées, cela s’appelle la radicalisation. »

Rfi

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