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Le Conseil municipal, parti sans laisser d’adresse : les chiens errants ont pris le pouvoir, à Kolda

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C’est un décor triste. Et, malheureusement, quasi-quotidien. En effet, dans la Commune de Kolda, populations et chiens errants sont obligés de cohabiter ensemble dans les rues.

C’est ainsi que les marchés, les écoles, les mosquées, la gare routière, les charcuteries etc sont devenus des lieux de prédilection pour les chiens. Le résultat se passe de commentaire : dans cette partie Sud du Sénégal, l’Homme côtoie, en longueur de journée, un éternel danger.

Touti Coly, habitant le quartier Gadapara, alerte : «nous sommes assaillis par ces chiens errants qui attaquent notre bétail, fouinent leur nez dans nos aliments». Avant de rager en ces termes : «nous sommes fatigués de ces chiens ; nous n’osons plus sortir la nuit par crainte d’être attaqués».

Elle ajoute : «beaucoup de Koldois ont été mordus par ces chiens et nous demandons à la Municipalité de nous aider à les éliminer».

Une colère largement partagée par un autre habitant. Sassoum Léye Kouyaté de râler, à son tour, «en réalité, ces chiens n’appartiennent à personne et nous sommes exposés face à ces carnivores sauvages ».

Pour lui, il faudrait que les autorités municipales bougent, pour les tirer des griffes des chiens errants. Ivre de nervosité, devant l’ampleur du phénomène qui empêche les populations de Kolda de dormir du sommeil du juste, Sassoum Lèye Kouyaté se dit, à la limite, attristé.

«C’est comme si nous ne sommes pas dans une Municipalité digne de ce nom», peste-t-il contre le Conseil municipal qui vaque librement à ses occupations, quand les chiens balafrent la mémoire collective.

Dans la Commune de Kolda, le constat est quasi-identique. Car l’écrasante majorité des populations ne comprend pas que les autorités municipales ne prennent pas d’initiatives pour croiser le fer contre le mal.

«Nous sommes en réel danger, le constat est là et nous avons l’impression de vivre dans une anarchie avec ces chiens errants», dénonce un autre habitant.

Il urge de préciser que le phénomène serait plus grand, si, entre 2012 et 2016, 641 chiens n’avaient pas été abattus par les Services de l’Elevage, qui en avaient, également, vacciné 131 vaccinés.

Dans ce contexte surréaliste où nul n’échappe à la rage, maladie mortelle, l’Inspecteur  régional des Services vétérinaires, Mouhamadou Moustapha Sarr, se veut lucide. Au motif que, selon lui, «nous devons continuer le travail pour éviter la propagation de la rage, car nous constatons que les chiens occupent les lieux publics».

Intention louable, mais qui constitue tout un programme dans une Ville, dont le Conseil municipal semble se plaire dans la passivité, lorsque les chiens prennent le pouvoir.

Douma  Diallo, Correspondant Actusen.com à Kolda

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