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Afghanistan: les murs en béton armé tombent à Kaboul

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Kaboul se défait de ses murs de béton armé. La capitale afghane en est défigurée. Hauts de plusieurs mètres, ces murs que s’offrent les plus aisés, protègent les bâtiments officiels, les bureaux et résidences d’organisations internationales, de personnalités politiques, d’hommes d’affaires. La municipalité de Kaboul se donne trois mois pour les faire retirer des trottoirs qu’ils occupent, des rues qu’ils obstruent. C’est la promesse faite aux Kaboulis par les autorités.

Avec notre correspondante à Kaboul, Sonia Ghezali

Dans Kart-e-Char, un quartier du sud-ouest de Kaboul, deux camions avec remorques sont garés devant la maison de l’ambassadeur afghan au Qatar, une résidence dissimulée derrière des murs de béton armé de trois mètres de hauteur, qu’une grue retire les uns après les autres.

Sur le trottoir d’en face, des badauds observent les murs s’empiler sur les remorques. Hamid Rustami habite à quelques pas de là : « Quand on passe devant les T-wall [murs de béton, ndlr], on a l’impression que Kaboul est une ville en guerre et cela pèse lourd sur le moral. On se demande pourquoi les gens se protègent avec ces murs de bétons. C’est très bien qu’ils les enlèvent, en fait ça nous permet de nous sentir plus en sécurité. »

Trottoirs à nouveau disponibles

Sur un banc devant une épicerie au coin de la rue, Otfullah, 12 ans, ne quitte pas des yeux le travail des agents municipaux : « Je suis content parce que le trottoir va de nouveau être disponible. »

Les murs de béton armé sont censés protéger du souffle des explosions. Ils sont placés devant les résidences et occupent souvent toute la place sur les trottoirs. Les rues sont même parfois complètement bloquées, générant la colère des Kaboulis.

Ahmad Bizad Ryasi est le directeur des services sanitaires de la municipalité de Kaboul : « Il n’y a aucun sens à sécuriser sa maison au lieu de sécuriser la ville. C’est pourquoi l’objectif est de renforcer la sécurité à l’entrée de Kaboul et non pas celle de maisons particulières ».

Entre 5 000 et 10 000 murs à abattre

Six cents murs de béton armé ont été retirés au cours des trois dernières semaines. Au total, il y en a entre 5 000 et 10 000 qui doivent quitter les trottoirs de la capitale, de gré ou de force. Les autorités précisent que chacun est libre de les installer à l’intérieur de leur propriété.

Bâtiments administratifs, ambassades étrangères, résidences d’organisations internationales ne sont pas concernés par cette mesure.

Rfi

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