Deux ans jour pour jour après son accession à la magistrature suprême, Bassirou Diomaye Faye dresse un bilan contrasté à la tête du Sénégal. Porté par une vague populaire sans précédent, le tandem qu’il forme avec son Premier ministre Ousmane Sonko fait aujourd’hui face à l’épreuve du pouvoir, entre attentes sociales pressantes, défis économiques persistants et soupçons de divergences au sommet de l’État.
Le temps de l’opposition est loin. Place désormais à l’épreuve du réel. Élu dans un contexte de rupture et d’espoir, Bassirou Diomaye Faye fête ce 24 mars ses deux ans à la tête du Sénégal. À ses côtés, Ousmane Sonko, figure centrale de la victoire de 2024, devenu Premier ministre dans la foulée. Deux hommes, un destin commun… mais une trajectoire qui interroge.
Bassirou Diomaye Faye fête ce 24 mars ses deux ans à la tête du Sénégal
Car si le duo exécutif a longtemps affiché une unité sans faille, des signaux faibles laissent entrevoir des divergences de méthode, voire de vision, sur la conduite des affaires publiques. Une perception renforcée par des sorties publiques parfois dissonantes et des arbitrages jugés hésitants.
Des réformes engagées, mais des résultats encore attendus
Sur le plan des réalisations, le pouvoir revendique plusieurs avancées. Parmi elles, la volonté affichée de rupture avec certaines pratiques de gouvernance, notamment à travers la rationalisation des dépenses publiques et des audits dans plusieurs secteurs stratégiques. Le gouvernement a également lancé des initiatives en faveur de la souveraineté économique, avec un accent particulier sur la valorisation des ressources naturelles et la renégociation de certains contrats jugés déséquilibrés.
Même si des efforts ont été consentis pour contenir la hausse du coût de la vie, sur le terrain, les Sénégalais peinent encore à ressentir une amélioration significative de leur quotidien
Dans le domaine social, des efforts ont été consentis pour contenir la hausse du coût de la vie, même si sur le terrain, les Sénégalais peinent encore à ressentir une amélioration significative de leur quotidien. Le chômage des jeunes, notamment, reste une équation difficile à résoudre.
Le pouvoir est désormais jugé à l’aune de ses résultats, et non plus de ses promesses
Mais très vite, l’euphorie des premiers mois a laissé place à une réalité plus complexe. Inflation persistante, tensions budgétaires et interrogations autour de la dette publique sont venues fragiliser la dynamique initiale. À cela s’ajoutent des défis sécuritaires et des crispations sociales, dans un contexte où les attentes étaient particulièrement élevées. Le pouvoir est désormais jugé à l’aune de ses résultats, et non plus de ses promesses.
Si aucune rupture officielle n’est constatée, certains observateurs évoquent des différences d’approche entre le Président et son Premier ministre dans la gestion des priorités nationales
Au sommet de l’État, la relation entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko continue de susciter commentaires et spéculations. Si aucune rupture officielle n’est constatée, certains observateurs évoquent des différences d’approche dans la gestion des priorités nationales. Une situation qui, sans être inédite, pose la question de la cohérence de l’action gouvernementale dans un moment crucial pour le pays.
Amadou DIA (Actusen.sn)
