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Italie: début des consultations pour un nouveau gouvernement

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Actant le divorce entre le Mouvement 5 étoiles et la Ligue, le président du Conseil italien a présenté sa démission, mardi 20 août. Giuseppe Conte a accusé le leader d’extrême droite Matteo Salvini, qui a provoqué cette crise gouvernementale, « d’irresponsabilité ». Longtemps jugé inexistant, le Premier ministre démissionnaire s’est révélé ces derniers jours. Et s’il était appelé à former un nouveau gouvernement ?

Le discours de Giuseppe Conte devant le Sénat et sa démission dans la foulée fait logiquement la Une de la presse italienne. « Le dernier baiser », c’est le titre qui barre la première page de La Repubblica, grand quotidien de centre gauche.

Baiser d’adieu de Giuseppe Conte qui a fait mardi le bilan de son gouvernement ; baiser de Judas aussi, pourrait-on dire, car il n’a pas manqué d’égratigner sévèrement celui qui était son bras droit jusqu’à hier : Matteo Salvini.

La Repubblica a choisi une photo que l’on retrouve à la Une de plusieurs journaux : celle Salvini embrassant la croix d’un chapelet. Conte venait justement de le critiquer sur cette récupération de la religion à des fins politiques.

« Le palais Chigi était un nid de vipères » résume le quotidien indépendant Il Tempo. « Crépuscule vert-jaune », titre pour sa part le journal catholique Avvenire.

Mattarella va commencer les consultations

Les calculs politiques vont désormais bon train. Ce mercredi, le président de la République, Sergio Matarella, doit commencer ses consultations et la presse commente abondamment ces négociations.

« Un accord rapide entre le Mouvement 5 étoiles et le Parti démocrate ou un retour aux urnes » résume La Stampa, le grand quotidien basé à Turin. La presse de droite ne cache pas ses inquiétudes quant au retour possible du parti de Matteo Renzi. « Un Conte décédé s’offre au Parti Democrate » écrit La Verità, journal qui soutient Matteo Salvini. « La gauche revient » écrit avec préoccupation Il Giornale.

Dans toute cette crise, le sentier est étroit, souligne enfin l’un des éditorialistes du Corriere della Sera, rappelant que le président italien, qui doit étudier toutes les possibilités d’alliance, voudrait éviter des élections rapides qui fragiliseraient l’Italie encore plus car le budget ne serait pas voté rapidement.

Conte a désormais pris une nouvelle envergure

Paradoxalement, malgré sa démission, il ne serait pas impossible que Giuseppe Conte revienne rapidement aux affaires. « Jusque-là, Conte devait ménager Di Maio et Salvini et on l’a souvent considéré comme un « pantin », il était considéré comme inexistant », analyse Giuseppe Bettoni, professeur de géopolitique à l’université Tor Vergata de Rome.

« Et en fait, ajoute-t-il, il est absolument existant, mais simplement, il l’a bouclé – si vous me passez l’a façon de le dire -, pour pouvoir désamorcer des conflits », analyse encore Giuseppe Bettoni.

D’après l’universitaire, ce discours de Conte devant le Sénat, lui a permis de régler ses comptes avec Salvini et a donné une nouvelle envergure au président du Conseil italien.

« Là, il a pu se lâcher. Et il l’a fait avec une certaine envergure constitutionnelle, institutionnelle, en rappelant tout simplement ce qui n’allait pas dans l’attitude de son vice-président du Conseil des ministres. Et, disons-le – sans vouloir faire de la politique – il a raison. Salvini s’est conduit en piétinant souvent les limites de sa fonction, en jouant souvent le rôle d’un Premier ministre»

Mattarella va tout faire pour pouvoir mettre un nouveau gouvernement en place. Surtout qu’il y a des nécessités importantes. C’est-à-dire que, si on va aux élections, on va avoir deux-trois-quatre semaines, grand maximum, pour une loi budgétaire. Alors, sachant qu’on a eu le plus grand mal à faire la présente loi budgétaire, si des élections ont lieu et que Salvini devient Premier ministre, ça va être très compliqué de faire un budget qui soit acceptable par Bruxelles.

Giuseppe Bettoni, professeur de géopolitique à l’université Tor Vergata de Rome.
RFI
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