Le tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu son verdict. Trois mois de prison ferme contre les tiktokeurs Nogaye Kara et Zale Mbaye, reconnus coupables de collecte illicite de données à caractère personnel et injures publiques. L’affaire, qui a agité la toile sénégalaise, rappelle les dérives de certains contenus diffusés en direct sur les réseaux sociaux. Tout a commencé avec un live où les deux prévenus s’en sont violemment pris à la commerçante Laya Diallo, allant jusqu’à divulguer son numéro de téléphone et la présenter comme une prostituée porteuse du VIH Sida. «Les insultes ont fusé, l’humiliation était publique et le harcèlement s’est prolongé au-delà de l’écran.» Ce lundi 24 mars 2025, devant le tribunal, les accusés ont reconnu leurs torts et plaidé la maladresse.
«Je voulais juste répondre à une attaque», a tenté de se justifier Zale Mbaye, expliquant qu’il avait été traité d’homosexuel par la partie civile. Nogaye Kara, quant à elle, a reconnu s’être laissée emporter par la volonté de défendre son ami. Malgré leurs excuses, le procureur n’a pas ménagé les prévenus. «Les réseaux sociaux ne peuvent pas être un espace de non-droit», a-t-il martelé, réclamant une peine exemplaire pour dissuader les adeptes des insultes en ligne. Il a ainsi requis deux ans de prison dont trois mois ferme. Finalement, le juge a suivi une partie des réquisitions et condamné le duo à un an de prison dont trois mois ferme.
Une décision qui les renvoie directement derrière les barreaux, où ils passeront la fête de Korité. Cette affaire met une fois de plus en lumière les dangers des réseaux sociaux lorsque la parole se libère sans retenue. «Les likes et les vues ne doivent pas devenir une excuse pour piétiner la dignité d’autrui.» La justice l’a rappelé avec force : les injures en ligne ont des conséquences bien réelles.
Aïssatou TALL (Actusen.sn)