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La justice turque émet des mandats d’arrêt contre 42 journalistes

Des mandats d’arrêt ont été délivrés à l’encontre de 42 journalistes dans le cadre des purges lancées après le putsch raté du 15 juillet en Turquie, ont annoncé des médias turcs, lundi 25 juillet.

Parmi les journalistes, se trouve Nazli Ilicak, figure de premier plan du monde des médias en Turquie. Fondatrice l’an passé du journal Özgür Düsünce (La Libre pensée), elle avait été limogée du quotidien pro-gouvernemental Sabah en 2013 pour avoir critiqué des ministres impliqués dans un scandale de corruption.

Samedi, le président turc, Recep Tyyip Erdogan, a prévenu dans un entretien exclusif à France 24 que si “les médias soutiennent le coup d’État, qu’il s’agisse de médias audiovisuels ou autres, ils en paieront le prix”. “C’est dans les lois, c’est dans le droit, les médias sont dans l’obligation de (respecter) la loi”, avait averti le chef de l’État, confronté aux critiques de l’Union européenne (UE) pour la sévérité des purges.

Le 19 juillet, le régulateur turc des médias audiovisuels, avait retiré la licence à de nombreuses chaînes de télévision et de radio soupçonnées de soutenir le réseau de Fethullah Gulen, prédicateur accusé d’avoir orchestré le putsch depuis les États-Unis où il est exilé. Cette décision concernait 24 chaînes de télévision et radios ainsi que 34 journalistes, considérés proches de ce religieux. Ils avaient été privés de leur carte de presse.

Depuis l’échec du coup d’État, plus de 11 000 personnes ont été placées en garde à vue et plus de 5 800 placées en détention.

Geste d’unité

Dans un rare geste d’unité, Recep Tayyip Erdogan doit recevoir lundi après-midi des chefs de l’opposition au palais présidentiel pour s’entretenir avec eux et les remercier pour leur “attitude déterminée contre le putsch”. Le leader du parti pro-kurde HDP, accusé de soutien au terrorisme, n’est en revanche pas invité.

La veille, la principale formation d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), avait organisé, avec le soutien de l’AKP au pouvoir, un gigantesque rassemblement sur la place Taksim à Istanbul pour dire son opposition au putsch.

Lors de ce rassemblement, qui s’est déroulé sans incident, le chef du CHP, Kemal Kiliçdaroglu, a toutefois exhorté le gouvernement à se conformer à l’état de droit et à “punir au plus vite” ceux qui auraient lynché des soldats dans la nuit du coup.

Actusen.com avec france24.com

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