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Pakistan: les adversaires d’Imran Khan contestent sa victoire

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Le ton se durcit au Pakistan après la victoire annoncée de l’ancien champion de cricket Imran Khan. Après avoir dénoncé des fraudes massives, ses adversaires réclament de nouvelles élections. Le PMLN, le parti de l’ancien Premier ministre Nawaz Sharif et une dizaine d’autres formations dénoncent un scrutin volé au peuple pakistanais. Ils menacent de boycotter le Parlement si le vote n’est pas reconduit.

Alors qu’il apparaissait vainqueur Imran Khan n’en a cependant pas fini avec ces élections. La journée de vendredi 27 juillet avait pourtant été calme. Son principal opposant Shahbaz Sharif avait même fait dire par son porte-parole qu’il enverrait une lettre de félicitations au nouveau Premier ministre.

Puis il y a eu ce volte-face en fin de journée. Un groupe composé d’une douzaine de partis politiques s’est exprimé à la télévision et la Ligue musulmane du Pakistan-Nawaz (PML-N) en faisait partie.

Le PML-N demande de nouvelles élections

Ce groupe rejette la victoire d’Imran Khan et la qualifie de « vol ». Il considère qu’on lui a volé son scrutin. Il a d’ailleurs entamé son discours par cette phrase. Ils ont dit qu’ils allaient lancer « un grand mouvement pour de nouvelles élections », un mouvement qu’ils comptent avancer dans la rue et en multipliant les manifestations.

Ce groupe est essentiellement composé pour l’instant de groupes religieux. Plusieurs d’entre eux sont enracinés dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, qui est le bastion du parti d’Imran Khan et d’ailleurs la région dans laquelle il a réalisé ses meilleurs résultats aux législatives.

Un pays en proie au chaos électoral

Mais au sein de ce groupe, il y a aussi des partis plus progressistes, notamment un parti qui s’appelle le Parti national Awami (ANP), qui est un parti de gauche anticapitaliste. C’est un groupe qui est très hétéroclite. La troisième force politique du pays, le Parti du peuple du Pakistan (PPP) de Bilawal Bhutto, est cependant resté en retrait.

Même si Shahbaz Sharif a fait savoir qu’il voulait consulter son plan demain avant de se positionner, tout ralliement à ce mouvement serait une catastrophe. Pourquoi ? Parce qu’ils menacent tous de ne pas prêter serment au Parlement et le PML-N représente la deuxième force du pays. Si ce groupe de protestation se consolide, ce sera donc plus de 25% des bancs de l’Assemblée qui seront vides et évidemment dans ces conditions, Imran Khan ne pourra pas gouverner.

En revanche, si Shahbaz Sharif fait à nouveau machine arrière, ce groupe enchainera peut-être les actions dans la rue. Et c’est un grand classique de la politique pakistanaise, Imran Khan lui-même, quand il avait perdu les législatives de 2013, en avait usé très lourdement. A cette heure, tout repose dans les mains du clan des Sharif qui seront peut-être les seuls capables de mettre fin à ce chaos électoral.

Rfi.fr

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