ContributionPénurie d'eau à Dakar et inondations précoces : "Ku sa koddaay jotul...

Pénurie d’eau à Dakar et inondations précoces : « Ku sa koddaay jotul do Booti gamb »

Date:

Partager :

- Advertisement -

«La ruse des gouvernants est vieille comme le monde. La ruse des gouvernés est bien jeune. » Alain

Les faits sont têtus, on a beau chercher à les maquiller, ils résistent à nos fantaisies et trucages : leur indépendance par rapport à nos fantasmes est d’ailleurs la garantie de l’objectivité du monde. Pour un gouvernement qui snobe son opposition en procédant à des inaugurations ou des réparations de nids de poule par-ci et d’infrastructures inachevées par-là, c’est un revers sans précédant ! La capitale a soif et les autorités affirment, toute honte bue, leur incapacité à résoudre le problème.

Voilà ce qui arrive à un gouvernement quand le pilotage à vu est la trame de fond de sa gouvernance. On l’a toujours dit, ce gouvernement n’a pas le sens des priorités ; et il en ainsi parce qu’il est dans la propagande permanente. L’empressement et la précipitation avec lesquels on nous a imposé le fameux projet du TER, celui mort-né de confection de visas biométriques, les cartes d’identité biométriques de la CEDEAO, cachent une carence manifeste du gouvernement. Les urgences sont telles dans ce pays qu’on se demande comment un gouvernement suffisamment informé des réalités du pays peut se payer le luxe de parader avec autant de désinvolture.

    La revanche du destin est inexorable : le ministre de l’hydraulique, maire artificiel de Saint-Louis, beau-frère du Président est celui sous le magistère de qui la pénurie d’eau dans la capitale est devenue banale. Ailleurs (Thiès, Kaolack, Fatick, etc.) la qualité de l’eau fournie aux consommateurs est douteuse, scandaleusement rougeâtre. Dans un pays où les associations de consommateurs sont puissantes, l’État serait trainé en justice et on aurait exigé la démission du ministre de l’hydraulique. Qu’est ce que les autorités ont fait depuis sept ans face à cette crise de l’eau ? Que du bricolage, que de la poudre aux yeux !

On n’a rien oublié : lorsque l’usine de Keur Momar Sarr a connu un incident sans précédent, la théorie miracle qui nous a été servie est la réalisation de forages de sécurité dans le territoire de Dakar. Ils se relayaient dans les studios de télévision et répétaient comme des perroquets qu’une des solutions pour rendre la capitale autonome est de creuser de nouveaux forages qui fonctionneraient sous forme de réserve pour faire face à d’éventuels imprévus.

    La ruse du destin est pleine d’ironie : les automates de la parole entretenus par le régime prétendent que le nombre de forages creusés par le gouvernement actuel est supérieur à ceux creusés par les différents régimes qui se sont succédé. Ce mensonge inintelligent est aujourd’hui démenti non seulement par les faits mais aussi par le bon sens. Par les faits parce que ces pénuries récurrentes non seulement à Dakar, mais aussi dans beaucoup de quartiers de Thiès, prouvent que leurs forages sont probablement forés au-delà des frontières nationales.

Tel Demba War Sall, ce cultivateur débonnaire dont la fougue est telle qu’il ne connait plus les imites de son champ, Macky Sall fournit de l’eau (PUMA) de l’électricité à toute la sous-région alors que dans les limites du territoire ni l’eau ni l’électricité ne suffisent. Par le bon sens parce que tout le sait que les coûts de production des forages baissent en fonction des avancées technologiques, sans tenir compte du fait que la nature du sol et de la nappe visée détermine en partie ces coûts. Mais parce qu’on veut dominer les gens en les abrutissant, on fait dans l’amalgame : c’est ce qu’on appelle la gouvernance charlatanesque.

  Si l’œuvre de Bernard-Henri Lévy renfermait une seule intuition juste ce serait certainement celle-ci « L’Etat totalitaire ce n’est pas la force déchaînée, c’est la vérité enchaînée ». Il n’y a pas meilleure façon de peindre le totalitarisme que de le présenter comme un système qui rend impossible la manifestation voire la conception même de la vérité. Asservir les consciences par la capture des catégories de la pensée et par la domestication industrielle du désir d’affirmation de la liberté de pensée : tel est le mode opératoire de tout système totalitariste.

Alassane K. KITANE

Professeur au Lycée Serigne Ahmadou Ndack Seck de Thiès

Secrétaire général du Mouvement LABEL-Sénégal

- Advertisement -

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Les plus récents

Articles similaires

Der/Fj : le délégué général, Dr Abdoulaye Niane à l’écoute des personnes en situation de handicap

Le Délégué général à l’Entrepreneuriat Rapide des Femmes et des Jeunes (Der/Fj), Dr Abdoulaye Niane, a reçu des...

Kolda : interpellation de trois individus pour les faits d’association de malfaiteurs, vol en réunion commis la nuit avec effraction

La Sûreté Urbaine du Commissariat Central de Kolda, a procédé à l’interpellation de trois (03) individus pour association...

Dic : un ressortissant chinois interpellé pour vol en réunion avec violence et usage de moyen de locomotion, séquestration, extorsion de fonds… 

La Division des Investigations Criminelles a procédé à l’interpellation et au défèrement d’un ressortissant chinois pour association de...

Tivaouane Diacksao : les engagements du ministre Idrissa Samb lors d’un grand rassemblement politique

Le ministre de l'Emploi, de la Formation professionnelle et technique, Idrissa Samb a pris part, ce 12 août, à un grand...