À la veille d’une réunion cruciale de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale, une vive controverse éclate autour de la gestion de la dette publique. En cause, des révélations du Financial Times évoquant des emprunts contractés dans la plus grande discrétion par l’État du Sénégal. Une situation qui suscite l’ire du député Thierno Alassane Sall, qui interpelle le gouvernement et appelle à la transparence.
Le débat sur la dette publique sénégalaise prend une nouvelle tournure. Dans une publication datée hier, le journal britannique Financial Times affirme que le Sénégal aurait contracté, en toute discrétion, des emprunts de plusieurs centaines de millions de dollars auprès d’institutions financières internationales, sans en informer ni les partenaires techniques, ni les marchés.
Selon le leader de la RV, “cette information tombe à la veille d’une rencontre entre la Commission des Finances de l’Assemblée nationale et le ministre des Finances et du Budget. L’ordre du jour de cette Commission en dit long sur les graves inquiétudes sur l’état des Finances publiques du Sénégal.”
Ces révélations interviennent dans un contexte particulièrement sensible. En effet, la Commission des Finances de l’Assemblée nationale devait rencontrer le ministre des Finances et du Budget, avec à l’ordre du jour l’examen d’une résolution de soutien au gouvernement visant à éviter une restructuration de la dette.
“Il s’agit en effet de voter une résolution de soutien au Gouvernement pour ne pas restructurer la dette.”
Une coïncidence de calendrier qui ne passe pas inaperçue. Car dans un post publié dans la foulée, le député Thierno Alassane Sall dénonce une gestion qu’il juge opaque des finances publiques. L’ancien ministre de l’Énergie met en garde contre ce qu’il qualifie de “montages inavouables”, pointant du doigt des pratiques qui pourraient engager lourdement l’avenir économique du pays. Pour lui, il est hors de question que les députés “signent un chèque en blanc” à l’Exécutif. Il appelle ainsi ses collègues parlementaires à assumer pleinement leur rôle de contrôle, en exigeant du ministre des Finances des explications détaillées sur ces opérations présumées.
“Il est du devoir des députés d’obtenir du Ministre des Finances des informations sur ces opérations entreprises dans la plus grande opacité, au lieu de signer un chèque en blanc au Gouvernement.”
Au cœur des inquiétudes, les conséquences potentielles de ces emprunts non déclarés. Si les faits sont avérés, ils pourraient affecter la crédibilité financière du Sénégal, déjà sous surveillance des bailleurs internationaux, et compliquer davantage la gestion de la dette. Dans ce climat tendu, l’Assemblée nationale est donc attendue au tournant. Entre exigence de transparence et impératifs de stabilité économique, les prochains échanges avec le gouvernement s’annoncent décisifs.
Actusen.sn
