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Nommée gestionnaire de la société Légume d’Or par son père : Aïda Mbaye, accusée d’avoir fait disparaître 41 millions, risque six (6) mois ferme

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Le représentant du Ministère public a requis, ce mercredi, une peine de 2 ans dont 6 mois ferme contre Aïda Mbaye. Cette dernière, traduite en justice par son père, est poursuivie pour des faits d’abus de confiance portant sur la somme de 41.000.000 de francs Cfa et de blanchiment de capitaux. Elle sera fixée sur son sort le 15 décembre prochain.

Après avoir perdu la confiance de son père à jamais, Aïda Mbaye risque d’être écrouée en prison pour une durée de 6 mois. Elle comparaissait, ce mercredi, au tribunal des flagrants délits de Dakar. Elle est poursuivie par son père Gora Mbaye qui lui reproche d’avoir abusé de sa confiance. En effet, ce dernier, établi en Hollande, a décidé, avec ses associés d’implanter son entreprise au Sénégal. Après avoir étudié le projet pendant des mois, il lance enfin les activités.

L’entreprise s’active dans l’importation d’oignons, de tomates, de carottes etc. Ayant une confiance aveugle pour sa fille Aïda Mbaye, il choisit celle-ci comme gérante de la boîte dénommée Légume d’Or . Aïda Mbaye était chargée d’écouler les marchandises et de reverser les recettes de la vente dans le compte bancaire de la société. Chaque mois elle percevait comme rémunération la somme de 400.000 francs et 5% de prime de performance. 

Mais son choix porté sur sa fille a été soldé par un grand fiasco. Car, au bout de quelque temps, le sieur Mbaye et ses associés, au cours d’un contrôle, ont constaté qu’il y a un gap de 8 millions de francs CFA de leur compte. C’est ainsi qu’ils ont décidé de changer de gestionnaire. Aïda Mbaye s’est mise en colère et a décidé de se venger. Ayant une procuration en sa possession, elle se rend à la banque et retire la somme de 36 millions de francs CFA. Son père qui risque des représailles avec la justice de son pays d’accueil, décide au nom de l’entreprise de la traduire en justice.

Aïda Mbaye, prévenue : «Ils me devaient de l’argent c’est pourquoi j’ai retiré cette somme. S’agissant des 36 millions de francs Cfa, j’avoue que je n’ai aucune excuse »

Prévenue d’abus de confiance portant sur la somme de 41.000.000 de francs CFA et de blanchiment de capitaux, elle a été jugée, hier, à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar. Des faits qu’elle a reconnus. Toutefois, avant d’être entendue par le magistrat, son père a d’abord pris la parole. Selon Gora Mbaye, sa fille, après avoir vidé le compte en banque de la société en retirant les 36.000.000 de francs CFA qui s’y trouvaient, a ouvert un autre compte dans une autre institution financière où elle a caché le fric.

 Poursuivant ses déclarations, il renseigne que celle-ci s’est offert une Peugeot 307 à 3.000.000 de francs. Le véhicule, elle l’a mis entre les mains de Adama, qui faisait du transport avec. Le représentant de la société Légumes d’Or, révèle aussi que la comparante a voulu voyager au Canada avec son époux et a donné au démarcheur, pour l’obtention de visas, 4.000.000 de francs CFA. Le reste de l’argent, elle l’a utilisé à d’autres fins, renseigne le plaignant.

Née en 1997, Aïda Mbaye dit assumer les faits qu’on lui reproche. A l’en croire, elle a retiré 8 millions de francs CFA du compte car la société lui devait 13 mois d’arriérés de salaire. « J’ai versé plus de 400 millions dans le compte mais ils me devaient de l’argent, c’est pourquoi j’ai retiré cette somme. S’agissant des 36 millions de francs CFA, j’avoue que je n’ai aucune excuse », a-t-elle soutenu. Répondant sur le blanchiment de capitaux qu’elle avait au préalable réfuté, elle explique : « J’ai acheté une voiture à 3 millions que j’ai remise à Adama pour faire du transport. Chaque semaine il me reversait 800 mille francs CFA. Mais, il ne l’a fait que quatre fois .»

Me Ousseynou Ngom, conseil de la partie civile : «il faut écarter les considérations familiales. Quand je constate la décontraction avec laquelle la prévenue reconnaît les faits, je me dis qu’il y a problème »

En outre, son père, représentant de la société, partie civile dans cette affaire, souligne qu’il était dans les dispositions de trouver une solution pour trouver des modalités de paiement. Il précise d’ailleurs que la prévenue a déjà remboursé plus de 25.000.000 de francs CFA. « Pour le reliquat, j’ai proposé de payer 5.000.000 de francs CFA et elle de reverser chaque fin du mois 350.000 francs. Elle n’a pas accepté cette proposition. Et moi au lieu d’aller croupir dans une prison en Hollande, je préfère la faire payer son acte ici », lance Gora Mbaye.

Me Ousseynou Ngom, avocat de la partie civile reste convaincu que la prévenue a prémédité son acte. « Les faits de l’espèce sont constants. Il faut écarter les considérations familiales. C’est une société qui a porté plainte. Quand je constate la décontraction avec laquelle la prévenue reconnaît les faits, je me dis qu’il y a problème. Cette société aurait pu lui permettre de vivre décemment. Elle avait tout prémédité. Dans cette affaire le procureur a été clément en ne visant que l’abus de confiance et le blanchiment. Il aurait pu viser l’abus de biens sociaux et le faux et usage de faux en écriture privée », a relevé Me Ngom. Pour les intérêts civils, la robe noire réclame la restitution des 15 millions de francs CFA restants et 10 millions de francs CFA en guise de dédommagement. L’avocat a sollicité l’exécution provisoire et la contrainte par corps au maximum.

Le représentant du ministère public requiert une peine de 2 ans dont 6 mois ferme contre Aïda Mbaye

Du même avis que l’avocat de la partie civile en ce qui concerne la culpabilité de la prévenue, le représentant du ministère public a requis qu’elle soit condamnée à 2 ans de prison dont 6 mois ferme. Le maître des poursuites a également réclamé une amende de 34 millions 500 mille francs CFA. Pour sa part, l’avocat de la défense Me Mamadou Gueye, a sollicité une application bienveillante de la loi pénale pour sa cliente qui n’a jamais fait face à une juridiction pénale.

L’affaire mise en délibéré, la prévenue Aïda Mbaye sera édifiée sur son sort le 15 décembre prochain. En attendant cette date, elle retourne à la citadelle du silence où elle séjourne depuis le 29 novembre 2021.

Adja K. Thiam (Actusen.sn)

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