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Probable baisse des salaires annoncée par l’Etat : l’avis tranché de l’économiste Ahmed Lamine Sadji

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Les mesures annoncées par le secrétaire général du gouvernement, notamment, la baisse des salaires n’ont pas fait que des heureux. Surtout chez les salariés. Dès lors, une question se pose : le salaire étant un droit acquis, peut-il être revu à la baisse. Pour en savoir plus, votre canard a pris langue avec l’Économiste à la Stratégie de croissance accélérée du Sénégal (2005-2009). D’emblée, Ahmed Lamine Sadji souligne que « en soi, aucune rémunération salariale n’est dans l’absolu un droit acquis ». D’après le Consultant international UN Agencies, en fonction des situations conjoncturelles, le salaire peut être revu à la baisse, de la même façon qu’il fait l’objet de hausse, quand les finances publiques sont au vert. « Ce qu’il faut signaler, c’est qu’il s’agirait d’une mesure ultime, un recours de dernière solution, pour contribuer, en dehors des autres options, à stabiliser la gestion des finances publiques », explique-t-il.

« En soi, aucune rémunération salariale n’est dans l’absolu un droit acquis ; pour un État, aucune situation ne peut être considérée comme acquise… »

Notre économiste rappelle, d’ailleurs, que les augmentations des salaires dans la fonction publique sénégalaise ont connu une explosion avec l’avènement du régime libérale du Président Abdoulaye Wade au début des années 2000, avec le desserrement des appuis budgétaires des institutions de Bretton Woods à la suite de la réussite de la période d’ajustement structurel. Le pic des augmentations salariales s’est fait pendant l’exercice 2004-2005, surtout avec l’avènement des agences nouvellement érigées pratiquement au niveau de toutes les Directions nationales.

Toutefois, la précision de taille qu’il importe de faire, selon Ahmed Lamine Sadji, est le fait que les agences étaient créées avec une option de démarcher des ressources extérieures qui devraient contribuer à gérer, en plus des activités, les dépenses de fonctionnement, même si l’Etat provisionnait ce fonctionnement. « Ce qui n’a pas réussi pour la plupart des agences, pour ne pas dire toutes », constate-t-il.

« Ce qu’il faut signaler, c’est qu’il s’agirait d’une mesure ultime, un recours de dernière solution, pour contribuer, en dehors des autres options, à stabiliser la gestion des finances publiques »

En définitive, poursuit notre économiste, « il convient de retenir, que pour un État, aucune situation ne peut être considérée comme acquise, tout dépend des orientations Gouvernementales, la conjoncture à laquelle il fait face et de la priorité des solutions préconisées ». Et à cet effet, les questions qu’il faut se poser à l’état actuel sont : (1) Est-ce que toutes les solutions préalables ont été déjà utilisées au point de n’avoir pour option que de recourir à une baisse des salaires ? (2) Quel ordre de priorité il convient d’exercer dans l’option d’une baisse des salaires : les rémunérations salariales de prestige (niveau de salaire et avantages injustifiés) Ou une baisse généralisée ? « En tant qu’économiste, j’aurais privilégié un assainissement des rémunérations salariales par une relecture/analyse des pratiques dans toutes les institutions publiques, cela pourrait révéler des possibilités d’économie importantes sans toucher toutes les catégories de salariés », préconise-t-il.

« la soutenabilité des finances publiques est une courbe à régression très aléatoire dépendant de chocs souvent exogènes ;  « l’ouverture d’un front social peut en être une conséquence malheureuse »

Cependant, même si Ahmed Lamine Sadji reconnaît que la baisse des salaires peut être une mesure productive, il faut s’interroger sur les conséquences. Il convient de préciser que « la soutenabilité des finances publiques est une courbe à régression très aléatoire » qui dépend « de chocs souvent exogènes ». Ainsi, « l’ouverture d’un front social peut en être une conséquence malheureuse », car « sans travail, sans productivité, sans création de valeurs ajoutées ».

« En tant qu’économiste, j’aurais privilégié un assainissement des rémunérations salariales par une relecture/analyse des pratiques dans toutes les institutions publiques, cela pourrait révéler des possibilités d’économie importante, sans toucher toutes les catégories de salariés »

Force est de constater que « la lecture de la situation actuelle et des annonces du Gouvernement renvoie à l’image d’un Etat sénégalais qui est en train de tenter un exercice important de transparence et de clarté fort louable. Parce que la première règle de la Gouvernance Publique est la Transparence et la Clarté. C’était le fondement de la réussite du meilleur gestionnaire de tous les temps : le Prophète Youssouf Aleihi Salam ». En d’autres termes, clarté des dirigeants et transparence des procédures. C’est ce que, d’après Sadji, les grandes démocraties ont réussi, de sorte, qu’aucun gouvernant ne peut être tenté de mener des pratiques hors procédure, ou de cacher des faits : c’est la force de l’Etat, à travers des Institutions solides, qui ne lui laisse pas le choix, en lui donnant pas l’occasion. « Encore une fois, il est plus indiqué de revisiter l’architecture des rémunérations salariales de toutes les Institutions publiques et parapubliques en vue de l’assainir en commençant par les rémunérations de prestige », confie-t-il à votre canard.

« Les augmentations des taxes sur les biens et services, surtout les biens de consommation courante, permettent facilement à l’Etat de renflouer ses caisses »

A la question si dans son histoire, l’Etat du Sénégal a une fois recouru à un tel procédé, l’Économiste à la Stratégie de croissance accélérée du Sénégal (2005-2009, rétorque : « peut-être, mais pas à ma souvenance ». Cela dit, il soutient avec certitude que la pratique la plus facile et astucieusement praticable, c’est l’augmentation des impôts et taxes. « Les augmentations des taxes sur les biens et services, surtout les biens de consommation courante, permettent facilement à l’Etat de renflouer ses caisses. C’est la même conséquence qu’une baisse de salaire pour le cas des salariés se situant dans une grille faible à relativement faible. On lui soutire (par les impôts et taxes) ce qu’on lui donne comme rémunération », affirme-t-il.

Ndèye Aminata Sagar DIAHAM THIAM

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