Les conclusions du rapport de la cour des comptes commencent à produire des effets. Et il faut dire que les nouvelles ne sont pas bonnes pour le Sénégal. Selon les dernières informations de l’agence Bloomberg, la note de l’émetteur à long terme et la note senior non garantie en devises du gouvernement du Sénégal est passée de B1 à B3. Aussi les perspectives sont passées à négatives après avoir été placées sous surveillance. « Cette dégradation est motivée par les indicateurs budgétaires nettement plus faibles révélés par la Cour des comptes du Sénégal », précise l’agence.
De B1, la note de l’émetteur à long terme et la note senior non garantie en devises du gouvernement passe à B3
En effet, le rapport de la Cour des comptes a révélé une situation alarmante: « La dégradation est motivée par des indicateurs budgétaires substantiellement plus faibles révélés par la Cour des Comptes du Sénégal. L’ampleur et la nature des écarts limitent significativement la marge de manœuvre budgétaire du Sénégal et contribue à des besoins de financements élevés, tout en révélant des déficiences matérielles passées en matière de gouvernance. La dette du gouvernement central est estimée, selon la Cour des comptes, à 99,7 % du PIB en 2023 contre 65,6% en 2019, soit environ 25 points de pourcentage de plus que ce qui avait été publié précédemment dans les documents officiels et plus élevé que ce qui avait été estimé lors de l’audit préliminaire du ministère des Finances conclu en septembre 2024. Ce qui veut dire que le Sénégal est plus exposé aux chocs négatifs que nous l’avions estimé précédemment ». Concernant le déficit budgétaire, l’agence révèle qu’il a été réévalué à « 12,3% du PIB en 2023, contre 4,9% initialement annoncé par l’administration précédente».
La dette du gouvernement central est estimée, selon la Cour des comptes, à 99,7 % du PIB en 2023 contre 65,6% en 2019
« Même si le gouvernement vise un rythme ambitieux de réduction du déficit budgétaire et que la note B3 repose sur la capacité à maintenir la réduction de la dette à l’avenir, ce qui s’est révélé être une situation budgétaire et d’endettement très faible compliquera les efforts de consolidation budgétaire. Aussi, même si son scénario de référence suppose un éventuel soutien du FMI, la matérialisation d’options de financement de marché plus limitées mettrait à l’épreuve la capacité du gouvernement à répondre à des besoins de financement bruts élevés », ajoute l’agence.
Seynabou FALL (Actusen.sn)
