La scène se répète pour Mansour Faye. Une nouvelle fois, il s’est vu refuser l’autorisation de quitter le territoire sénégalais. Une interdiction dit-il, sans justification légale, si ce n’est la même réponse énigmatique des autorités : «C’est une instruction des autorités supérieures.» Aucun document officiel, aucune explication détaillée, juste un mur d’opacité qui alimente les interrogations et renforce le climat de suspicion. L’ancien ministre ne cache pas son indignation. Dans un message publié sur Facebook, il pointe du doigt ce qu’il perçoit comme une manœuvre politique orchestrée dans l’ombre. S’il affirme n’avoir rien à reprocher aux fonctionnaires de la police des frontières, il s’interroge sur le rôle du ministre de l’Intérieur dans cette affaire.
«Ce qui me pose véritablement problème et qui m’intrigue, c’est l’attitude du Ministre de l’Intérieur […], puisse accepter que des apprentis-dictateurs lui fassent exécuter une aussi sale besogne», écrit-il, mettant en doute l’indépendance et l’intégrité des décisions prises. Mansour Faye, loin d’être intimidé, affirme qu’il ne cédera pas face à ce qu’il considère comme une tentative d’intimidation politique. «Moi, Mansour Faye, je n’accepterai jamais de courber l’échine devant qui que ce soit ou de capituler devant des menteurs, manipulateurs et autres fabulateurs !»
L’ancien ministre critique également une certaine vision du pouvoir qui justifierait la restriction des libertés au nom du développement économique. Il conteste fermement cette idée selon laquelle «les pays qui ont décollé ces dernières années sont les pays où les libertés ont été réduites pour ne pas dire complètement annulées», une théorie qu’il qualifie de dangereuse et erronée. Au-delà du cas personnel de Mansour Faye, cette interdiction de voyager soulève des inquiétudes plus profondes sur l’état de la démocratie au Sénégal. Si l’absence de décision judiciaire devient une norme pour empêcher certains opposants de se déplacer, cela pose de sérieuses questions sur l’usage du pouvoir et le respect des droits fondamentaux. Dans son message, Mansour Faye conclut en réaffirmant son attachement aux valeurs démocratiques. «Vive la République ! Vive la démocratie ! Vive la liberté ! Vive le Sénégal !!!», écrit-il.
Aïssatou TALL (Actusen.sn)
